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V1 · Mai 2026
Accueil · Collection complète

Oral CRPE
— le compagnon

Cinq volumes pour traverser les épreuves orales d'admission du CRPE bac+3 (session 2026). Méthodologie transversale, mathématiques, EPS, valeurs républicaines — et un précipité en fiches de révision pour la dernière ligne droite. Une charte visuelle pensée pour accélérer la lecture et la mémorisation.

Télécharger le compagnon
— fichier unique, consultable hors-ligne
01 — La collection

Cinq volumes
cinq portes d'entrée

L'oral du CRPE convoque des compétences très diverses. Plutôt que de tout traiter dans un document monolithique, la collection découpe en cinq volumes complémentaires, chacun centré sur un domaine précis.

Cliquer sur un volume pour l'ouvrir. Chacun est autonome et peut être consulté dans l'ordre de son choix.

— Vol. 01
Méthodologie & éloquence
→ Ouvrir le volume

Le socle commun, valable pour toutes les épreuves. Architecture des 55 minutes, méthodes en 4 et 5 temps pour répondre au jury, éloquence (Cicéron, Périer, De Freitas), posture professionnelle.

— Vol. 02
Éducation physique et sportive
→ Ouvrir le volume

Programmes EPS, classification APSA, attendus du jury, exemples de séquences. Tout pour le bloc 1 de l'oral (20 minutes).

— Vol. 03
Motivation & Valeurs République
→ Ouvrir le volume

Le bloc 2 de l'oral (35 min) : présentation du parcours, valeurs républicaines, laïcité, déontologie, transition écologique, épanouissement de l'élève.

— Vol. 04
Mathématiques
→ Ouvrir le volume

La leçon orale en mathématiques (1re épreuve d'admission, coef. 5) : programmes des cycles, didactique (Brousseau, Vergnaud, Chevallard), construction du nombre, fractions et proportionnalité, erreurs typiques, méthodologie de l'exposé.

— Vol. 05
Fiches de révision
→ Ouvrir le volume

Le précipité des quatre volumes en fiches courtes et schématiques, pour la dernière ligne droite. Chaque fiche renvoie au chapitre source par un clic, et le bouton « ↩ Retour » ramène au sommaire.

⚒ Outils
Boîte à outils
→ Ouvrir

Trois outils pour accompagner la révision : un bloc-notes auto-sauvegardé, un générateur de bruits ambiants (ville, nature, vagues), et un quiz en deux modes (QCM et Jury) avec salves aléatoires et statuts mémorisés. Tout fonctionne hors-ligne.

02 — Mode d'emploi

Comment ce document
fonctionne

Cette collection n'est pas un cours linéaire. C'est un compagnon d'oral, conçu pour être consulté à différents moments de la préparation. Sa conception suit trois principes — les comprendre fait gagner du temps et de la mémoire.

  1. Code couleur sémantique — Six couleurs, six rôles précis. Le cerveau apprend ce code en quelques pages et identifie ensuite chaque type d'information avant même de la lire consciemment.
  2. Hiérarchie typographique stricte — Les titres ne se distinguent que par la taille et le poids, jamais par la couleur. La couleur sert uniquement à coder le sens, pas à hiérarchiser.
  3. Encadrés « À retenir » — Présents en fin de chaque section. Ils résument l'essentiel, pour les relectures rapides notamment dans les jours qui précèdent l'épreuve.
03 — Code couleur

Six couleurs
six fonctions

Chaque type d'information a sa teinte propre. C'est le mécanisme qui rend la lecture rapide possible : avant même de lire le contenu, l'œil sait à quel type de contenu il a affaire.

Bleu-gris

Méthode, structure, « Objectif du jury »

Pêche / Terracotta

Exemples, formulations-types à imiter

Sage

Sources, références bibliographiques

Ocre

Encadrés « À retenir », points essentiels

Rust

Écueils, avertissements, dangers

Plum

Cadres théoriques, auteurs de référence

04 — Légende

Les éléments visuels
la légende complète

Chaque type d'encadré signale un type de contenu spécifique. Voici la légende complète, avec un exemple miniature de chacun pour fixer la reconnaissance visuelle.

Cadre méthodologique

Les blocs en bleu-gris présentent l'objectif ou le cadre d'une méthode. Ils précèdent toujours une démarche structurée en plusieurs temps.

Exemple

Les encadrés en pêche présentent une formulation-type ou une illustration concrète, à imiter ou à reformuler avec ses propres mots.

À retenir

Le sens de la couleur ocre

Les encadrés « À retenir » résument les points essentiels d'une section. À mémoriser absolument. C'est ce qu'on relit le matin de l'épreuve, idéalement uniquement ces blocs-là.

Source

Les blocs bordés de sage indiquent une référence bibliographique ou une source externe vérifiable. Ils permettent d'aller plus loin si on le souhaite.

  1. Liste des écueils

    Les listes numérotées en rust signalent les erreurs à éviter absolument. Le numéro en rouge brique marque le caractère d'avertissement.

I

Cadre théorique

— Auteur, ouvrage, date

Les blocs avec un chiffre romain ou une lettre en plum présentent un cadre théorique fondateur — Cicéron, Aristote, Houssaye, Perrenoud. Ce sont les ancrages savants du document.

05 — Usage

Comment l'utiliser
selon le moment

Les volumes ne sont pas conçus pour une seule lecture. Voici les quatre usages possibles, classés par moment de la préparation.

  • À la première lecture — De bout en bout, pour s'imprégner de la structure, du vocabulaire et du système visuel. Compter environ 1h30 par volume.
  • En révision approfondie — Section par section, en s'attardant sur les exemples (pêche) et les formulations-types. Travailler avec un cahier à côté pour reformuler avec ses propres mots.
  • Le matin de l'épreuve — Uniquement les encadrés « À retenir » (ocre). Une douzaine de blocs courts par volume, qui rafraîchissent l'essentiel sans surcharger la mémoire de travail.
  • Pour mémoriser durablement — Associer chaque idée à sa couleur. La mémoire visuelle ancre mieux que la mémoire abstraite — c'est la raison d'être du code couleur.
À retenir

L'idée fondatrice de la collection

Privilégier la compréhension à l'exhaustivité, et la structure au volume. Chaque page peut être survolée en trente secondes ou approfondie pendant trente minutes — c'est le code visuel qui le permet.

Vol. 01 · Méthodologie & éloquence V1 · Mai 2026
Vol. 01 · Le socle commun

Méthodologie
& éloquence

Le manuel transversal de l'oral d'admission. Comment penser, comment répondre, comment parler. Tout ce qui s'applique avant que la matière n'entre en jeu.

01 — Architecture

Les deux blocs
de l'épreuve

Rappel rapide. Le contenu disciplinaire de chaque bloc sera traité dans les volumes suivants de la collection.

Bloc 01 — Vol. 02
20 min
Éducation physique et sportive

10 min de préparation, 8 min d'exposé maximum, 12 min d'entretien avec le jury sur les notions abordées et au-delà.

Bloc 02 — Couvert ici
35 min
Entretien de motivation

5 min de présentation, 10 min d'échange sur le parcours, 20 min sur deux questions imprévisibles.

Cadre légal

Format défini par les arrêtés du 17 avril 2025 (Journal officiel du 19 avril 2025), pour les concours externes bac+3 à partir de la session 2026. L'évaluation est globale — chaque mot, chaque silence, chaque posture compte.

02 — L'échange avec le jury

L'échange avec le jury
vingt minutes décisives

Après les 15 premières minutes (présentation du parcours et premier échange), le jury entre dans le cœur de l'épreuve.

L'organisation des questions

Le jury pose deux questions distinctes. L'une porte obligatoirement sur les valeurs de la République (laïcité, égalité, neutralité, fraternité). L'autre porte sur l'un ou plusieurs des cinq axes ci-dessous.

L'une des deux est dite contextualisée : elle propose une mise en situation d'enseignement (liée à une discipline ou au contexte de classe) ou de vie scolaire. C'est la plus déstabilisante, et c'est aussi celle où il y a le plus de points à gagner.

Les cinq axes possibles

Quand la question ne porte pas sur les valeurs de la République, elle porte sur l'un de ces axes :

— 01
Projection dans le métier
— 02
Déontologie du fonctionnaire
— 03
Lutte contre les discriminations
— 04
Transition écologique
— 05
Épanouissement de l'élève

Déroulement type d'une question

T+0:00
Le jury pose la question
Écouter jusqu'au bout. Ne pas répondre dans la précipitation. Prendre 2 à 3 secondes de silence avant de commencer — ce n'est pas un blanc, c'est une marque de réflexion.
T+0:03
Réponse structurée
3 à 4 minutes environ. Plan annoncé en deux mots, puis déroulé. Ne pas chercher l'exhaustivité — chercher la cohérence.
T+4:00
Relances du jury
Le jury peut demander des précisions, confronter à une nuance ou une tension professionnelle (ex. liberté pédagogique vs neutralité du fonctionnaire). C'est normal, c'est même attendu.
T+~10:00
Deuxième question
Même processus. Si la première était la question République, la seconde porte sur l'un des cinq axes — et inversement.
À retenir

Posture mentale fondamentale

Il s'agit d'un entretien professionnel, pas d'un interrogatoire. Le jury ne cherche pas à piéger — il cherche un futur collègue qui sait penser le métier. Cette nuance change tout dans la voix, le débit et le regard.

03 — Méthode 4 temps

Question générale
la méthode en quatre temps

Structure-pivot pour toute question abstraite : laïcité, égalité, neutralité, déontologie, etc. Quatre temps dans cet ordre, sans en sauter un seul.

Objectif du jury

Vérifier que vous maîtrisez les principes fondamentaux, que vous savez les relier au métier de professeur des écoles, et que vous êtes capable de les incarner au quotidien.

01Concept

Reformuler et définir le concept clé

→ Montrer que vous avez compris la question.

Une définition simple et précise. Pas de récitation pompeuse, pas de jargon inutile. Une phrase, deux maximum. Si la définition ne tient pas en une phrase claire, c'est qu'elle n'est pas maîtrisée.

Cette étape est sous-estimée par les candidats pressés. Or elle pose le terrain : si la définition est juste, la suite tient debout. Si elle est floue, tout glisse.

Exemple — laïcité

La laïcité à l'école repose sur la liberté de conscience, la neutralité de l'État et l'égalité de traitement des élèves.

02Enjeux

Expliquer les enjeux à l'école primaire

→ Relier le principe au contexte scolaire spécifique.

Le concept abstrait doit atterrir dans le quotidien d'une classe de cycle 2 ou 3. Quels effets concrets ? Quelles tensions ? Quelles facilités ?

C'est ici qu'on quitte la pure théorie pour entrer dans le métier. Le jury attend une contextualisation, pas une dissertation.

Exemple — laïcité

À l'école primaire, la laïcité permet de garantir un cadre commun, sécurisant, où chaque élève peut construire son esprit critique sans pression de conviction.

03Posture

Se positionner comme professeure des écoles

→ Montrer la projection dans le métier.

Le glissement décisif. On passe de « qu'est-ce que c'est » à « qu'est-ce que cela implique pour moi, demain, dans ma classe ». C'est ce mouvement que le jury cherche à voir s'opérer.

Formules-pivots à intégrer : « en tant que professeure des écoles », « cela engage l'enseignant à », « mon rôle sera de ».

Exemple — laïcité

Un professeur des écoles est à la fois garant du cadre républicain et éducateur, ce qui implique une posture de neutralité mais aussi de pédagogie.

04Illustration

Illustrer brièvement

→ Une illustration courte, sans détail superflu.

Un exemple, pas trois. Concret mais pas anecdotique. Surtout : pas de description fleuve d'une situation. L'illustration sert à ancrer les trois temps précédents, pas à les remplacer.

Si l'exemple est bon, le jury rebondira dessus pour creuser. C'est le meilleur des scénarios — il signifie que votre réponse a déclenché une vraie curiosité.

Exemple — laïcité

Cela passe par exemple par le respect des convictions de chacun tout en rappelant les règles communes de l'école.

À retenir

Ce que le jury attend

  • Clarté et cohérence dans le déroulé.
  • Position professionnelle, pas position personnelle.
  • Pas de jugement personnel.
  • Pas de discours militant. Le professeur des écoles n'est pas un éditorialiste.
04 — Méthode 5 temps

Question contextualisée
la méthode en cinq temps

La question la plus déstabilisante, et celle où le plus grand nombre de points peut se gagner. Pas de solution clé en main attendue — une lecture professionnelle, structurée, ouverte.

Objectif du jury

Évaluer la capacité à identifier les enjeux, à mobiliser les valeurs républicaines ou déontologiques, et à adopter une lecture professionnelle, et non émotionnelle, de la situation. On ne demande pas une solution clé en main, ni un protocole administratif, ni une réponse parfaite.

01Reformuler

Reformuler la situation

→ Montrer que vous avez bien compris ce qui vous est présenté.

Reprendre la situation avec ses propres mots. Ce n'est pas une perte de temps : c'est un signal de compréhension envoyé au jury, et c'est aussi un moyen de gagner 5 secondes pour penser.

Identifier d'emblée le ou les acteurs : un élève, un parent, un collègue, un groupe. Et le contexte : la classe, la cour, une sortie, un échange avec une famille.

Formulation-type

La situation met en jeu un élève qui [...], dans un contexte de [...], ce qui soulève plusieurs enjeux.

02Enjeux

Identifier les enjeux principaux

→ Cœur de l'épreuve. Ce que le jury vient vraiment chercher.

La situation soulève plusieurs tensions, presque toujours. Les nommer, c'est déjà résoudre la moitié du problème. Le jury cherche à voir si la candidate voit les lignes de force.

Les champs d'enjeux fréquents :

  • respect de la laïcité,
  • égalité entre les élèves,
  • neutralité de l'enseignant,
  • bien-être et sécurité de l'élève,
  • climat de classe et coopération.
Formulation-type

Cette situation soulève à la fois un enjeu éducatif, un enjeu institutionnel et un enjeu relationnel.

03Cadre

Mobiliser les valeurs et le cadre

→ Montrer que vous connaissez le cadre républicain et professionnel.

C'est ici qu'on cite — sans en faire trop — les valeurs de la République, les obligations du fonctionnaire (neutralité, devoir de réserve, bienveillance), les textes de référence si pertinents : Charte de la laïcité de 2013, Code de l'éducation, etc.

L'idée n'est pas de réciter mais de contextualiser. Une référence bien placée vaut mieux que dix mal placées.

Formulation-type

Le cadre de l'école publique repose sur les valeurs de la République, notamment [...], ainsi que sur les obligations du fonctionnaire, comme la neutralité et la bienveillance.

04Posture

Adopter une posture professionnelle

→ Vous projeter dans la fonction. Pas dans une réaction.

Comment réagit un professionnel face à cette situation ? Quels gestes professionnels sont mobilisés ? Le jury veut voir le passage d'une lecture personnelle (« j'aurais peur », « ça m'énerverait ») à une lecture professionnelle (« le rôle de l'enseignant est de »).

Mots-clés à mobiliser : écoute, dialogue, cadre, sécurité, équité, coopération avec l'équipe, lien avec les familles.

Formulation-type

En tant que professeure des écoles, il me semble important d'adopter une posture d'écoute, de dialogue, tout en maintenant un cadre clair et sécurisant pour tous les élèves.

05Ouverture

Ouvrir sans conclure trop fermement

→ Pas de solution miracle. Une ouverture pour rebondir.

Ne pas fermer la réflexion. Le jury veut une candidate qui sait douter et qui sait que le métier se construit dans la collégialité. Conclure en proposant une ouverture invite le jury à rebondir — ce qui est exactement ce qu'on veut.

Formules d'ouverture : « cette situation appelle une réflexion collective », « il conviendrait d'en discuter avec l'équipe pédagogique », « plusieurs pistes peuvent être envisagées ».

Formulation-type

Cette situation nécessiterait donc une réflexion collective et une vigilance particulière pour concilier le respect des personnes et celui du cadre commun.

À retenir

Les cinq verbes-clés à mémoriser

Reformuler · Identifier · Mobiliser · Adopter · Ouvrir.

Ces cinq verbes, dans cet ordre, sont la colonne vertébrale de toute réponse à une question contextualisée. À reciter mentalement avant d'entrer dans la salle.

05 — Écueils

Sept écueils
à éviter absolument

Quatre piégés explicitement par le livre. Trois ajoutés par observation du concours. Tous éliminatoires en termes d'impression jury.

  1. Juger l'élève ou la famille

    « Ce parent est inconscient », « cet élève est mal élevé ». Le professeur des écoles ne juge pas — il analyse. Le jury entend cette nuance immédiatement.

  2. Le « moi je ferais »

    Réponse personnelle, non professionnelle. À remplacer par « le rôle du professeur est de » ou « en tant que professionnelle de l'éducation, j'envisagerais ».

  3. Une réponse trop personnelle

    Anecdotes intimes, opinions politiques, jugements moraux affichés. La parole du professeur est tenue par la fonction. Le jury cherche cette tenue.

  4. Chercher à « régler » la situation

    Le jury n'attend pas une solution miracle. Il attend une lecture des enjeux. Vouloir trancher est souvent le signe qu'on n'a pas vu la complexité.

  5. Le discours militant

    Sur la laïcité, l'inclusion, l'écologie — éviter la posture engagée. Le fonctionnaire applique la loi avec discernement, il ne plaide pas une cause.

  6. L'idéalisation du métier

    « Tous les élèves apprendront avec moi », « je serai patiente en toute circonstance ». Le jury préfère la lucidité ferme à l'enthousiasme naïf.

  7. La récitation

    Réponse mémorisée, débit mécanique, regard fuyant qui cherche le texte mental. Mieux vaut hésiter avec sincérité que réciter avec aisance.

06 — Cicéron

Les cinq canons
de Cicéron à aujourd'hui

Dans le De Oratore (55 av. J.-C.), Cicéron formule cinq étapes de l'art oratoire. Vingt siècles plus tard, elles structurent toujours les meilleures formations à la prise de parole.

Pourquoi commencer par Cicéron pour préparer un oral du XXIe siècle ? Parce que la difficulté est exactement la même. Devant le jury comme devant le Sénat romain, il faut trouver des idées, les organiser, les habiller de mots, les mémoriser, les délivrer. Ces cinq verbes sont les cinq canons.

L'écueil typique des candidats est d'investir 90 % de leur préparation sur les deux premiers (le contenu) et 10 % sur les trois derniers (la forme). Or le jury ne voit que les trois derniers. Rééquilibrer cette répartition est le levier le plus rapide pour progresser.

I

Inventio

— L'invention des idées

Trouver quoi dire. Cette étape est intellectuelle : connaître son sujet, identifier les enjeux, anticiper les contre-arguments, mobiliser des références.

Pour le CRPE, c'est le travail de fond : maîtriser les programmes, les cadres réglementaires, les valeurs républicaines, le développement de l'enfant. Sans inventio solide, aucune éloquence ne sauve.

II

Dispositio

— L'organisation

Mettre les idées dans le bon ordre. Cicéron distinguait quatre parties — exorde, narration, argumentation, péroraison. Pour le CRPE, lire : annonce, contexte, développement, ouverture.

Les méthodes en 4 et 5 temps présentées plus haut sont des dispositiones taillées sur mesure. Les utiliser, c'est se libérer de l'effort de structuration pour se concentrer sur le contenu.

III

Elocutio

— Le style

Choisir les mots justes. Phrases courtes, vocabulaire précis, rythme varié. Cicéron disait que l'orateur doit « plaire, instruire, émouvoir ».

Pour le CRPE, le style est sobre. Vocabulaire de l'école (élève, séance, séquence, APSA, cycle, compétence) plutôt que de la rue. Phrases brèves plutôt que phrases-fleuves. Une métaphore par réponse maximum, pas une par phrase.

IV

Memoria

— La mémorisation

Apprendre — mais pas par cœur. Cicéron pratiquait la méthode des lieux : associer chaque idée à un endroit physique mentalement parcouru. Aujourd'hui, on parle de palais de mémoire.

Pour le CRPE, la mémorisation porte sur les idées fortes et leur enchaînement, jamais sur le texte mot pour mot. Le risque de la récitation est explicitement listé dans les défauts évalués par le jury.

V

Actio

— La délivrance

La performance orale elle-même. Voix, regard, gestuelle, respiration, présence. Cicéron considérait que l'actio est le canon le plus important des cinq — paradoxe fondateur de la rhétorique.

C'est exactement ce que nous travaillons dans les sections 07 à 09. L'actio se travaille techniquement, comme un musicien travaille sa gamme. Ce n'est ni un don, ni un trait de personnalité.

À retenir

Aristote en complément

Avant Cicéron, Aristote distinguait trois leviers de persuasion : l'ethos (la crédibilité de l'orateur), le pathos (l'émotion du public), le logos (la logique du discours). Pour le CRPE, miser principalement sur l'ethos (votre posture professionnelle) et le logos (votre raisonnement). Le pathos doit rester discret.

07 — La voix

La voix
technique précise

La voix n'est pas un don, c'est un instrument. Comme tout instrument, elle se règle, se chauffe, se travaille. Voici les leviers concrets, classés par effet.

Levier 01 — La respiration ventrale

L'air sort des poumons, mais la voix prend appui sur le diaphragme — le grand muscle horizontal sous les côtes. Une voix qui « casse » sous le stress est presque toujours une voix qui respire dans la cage thoracique haute, pas dans le ventre.

Exercice quotidien (3 minutes par jour pendant 3 semaines suffisent) :

  • S'allonger ou s'asseoir bien droite. Une main sur le ventre, l'autre sur la poitrine.
  • Inspirer par le nez 4 secondes — c'est la main du ventre qui doit se soulever, pas celle de la poitrine.
  • Retenir 4 secondes.
  • Expirer par la bouche 6 à 8 secondes, lentement.
  • Recommencer 10 fois.

Cette technique (4-4-6 ou 4-7-8) est utilisée par les orateurs, les chanteurs, les comédiens. Elle calme aussi le système nerveux parasympathique : double bénéfice avant un oral.

Source

Stéphane De Freitas, Porter sa voix, Le Robert, 2018. Fondateur de l'association Eloquentia.

Levier 02 — Le débit

Le débit moyen en français est de 130 à 160 mots par minute. Sous stress, on accélère mécaniquement de 20 à 30 % — on monte vers 200 mots/minute, ce qui devient inintelligible et trahit l'angoisse.

Cible CRPE : 130 mots/minute. C'est plus lent que le naturel. Cela laisse l'espace au jury de comprendre, et à la candidate de penser.

Test simple : enregistrer 1 minute de réponse. Compter les mots. Si on dépasse 160, ralentir. Si on est sous 110, on est en train d'endormir le jury.

Source

Cyril Delhay, Faire des présentations percutantes, Eyrolles. Ancien directeur de la prépa Sciences Po.

Levier 03 — Le silence

Le silence est le levier le plus sous-utilisé par les candidats — et le plus puissant. Les amateurs ont peur du blanc et le comblent par des « euh ». Les orateurs aguerris s'en servent comme d'une ponctuation.

Trois usages tactiques du silence :

  • Avant de répondre à une question (1 à 2 secondes) : signale la réflexion, pas l'hésitation.
  • Après une idée forte (1 seconde) : laisse le temps à l'idée de se déposer chez le jury.
  • Avant un mot-clé (très brève suspension) : crée l'attente, met l'accent.

Bertrand Périer, avocat et auteur de La parole est un sport de combat, insiste sur cette idée : le silence n'est pas l'absence de parole, c'est de la parole en réserve. Cette image est précieuse à garder en tête.

Source

Bertrand Périer, La parole est un sport de combat, JC Lattès, 2017.

Levier 04 — Les mélodies

Le livre de préparation au CRPE liste explicitement « le ton monocorde » et « la voix qui tombe en fin de phrase » dans les défauts évalués. Ce sont les deux pathologies les plus fréquentes.

Une phrase française a une mélodie naturelle : montée légère sur le verbe, redescente sur la fin. La monotonie écrase cette courbe. Pour la rétablir :

  • Souligner mentalement les 2 à 3 mots-clés de chaque phrase à l'entraînement. Les marquer par une légère accentuation et un microsilence.
  • Lire à voix haute tous les jours pendant 10 minutes, en exagérant volontairement les variations. À l'oral, on en restituera la moitié — et ce sera juste.
  • Éviter les fins de phrase descendantes sur les idées importantes. Garder l'élan jusqu'au point.

Levier 05 — La diction

La diction est ce qui permet à un mot de traverser une salle. Sous stress, la mâchoire se crispe et les consonnes se mangent. Pour contrer :

  • Le stylo dans la bouche : tenir un stylo entre les dents (pas dans les lèvres), lire à voix haute un paragraphe pendant 1 minute. Retirer le stylo, relire le même paragraphe — la diction est immédiatement plus nette. Exercice de Démosthène, transmis depuis 2 400 ans.
  • Les virelangues : « Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? », « Trois petites truites cuites trois petites truites crues ». Cinq minutes par jour pendant deux semaines.
  • Ouvrir la bouche : exagérer volontairement l'ouverture. À l'oral, ce qui semblera exagéré à la candidate paraîtra normal au jury.
À retenir

Les cinq leviers de la voix

  • Souffle · respirer par le ventre (4-4-6).
  • Débit · viser 130 mots/minute, plus lent que le naturel.
  • Silence · arme tactique, avant et après les idées fortes.
  • Mélodie · varier la hauteur, ne pas laisser tomber les fins de phrase.
  • Diction · ouvrir la bouche, articuler au-delà du naturel.
08 — Le corps

Le corps et le regard
la présence physique

Avant les premiers mots, le jury perçoit déjà l'attitude, la posture, le regard. Les premières secondes d'un oral fixent une impression que le contenu peinera à corriger.

L'ancrage

Pieds parallèles, écartés à largeur des hanches. Genoux déverrouillés (jamais bloqués — un genou bloqué peut faire perdre connaissance sur des oraux longs). Bassin neutre. Imaginer un fil tirant le sommet du crâne vers le plafond.

Cet ancrage stabilise mécaniquement le souffle, la voix et le regard. C'est la première chose à régler en arrivant devant la table.

Les mains

Hauteur du nombril, en-dessous des épaules : zone des gestes professionnels. Les mains illustrent le propos, elles ne s'agitent pas. Une à deux gestes par minute suffisent.

À éviter : mains croisées (fermeture), mains dans les poches (désinvolture), mains qui jouent avec un stylo (signe d'angoisse), bras croisés (défense).

Le regard — le balayage tripartite

Un jury comporte typiquement deux ou trois personnes. La règle des 3 secondes (transmise notamment dans les formations Eloquentia) : regarder une personne pendant environ 3 secondes, le temps d'une demi-phrase, puis passer à la suivante.

Pour éviter l'intensité gênante du contact œil-œil, viser légèrement entre les deux yeux ou sur le front haut — l'interlocuteur ne perçoit pas la différence et la candidate respire mieux.

Trois pièges classiques à fuir :

  • Le regard plafond — trahit la récitation mentale ou la fuite.
  • Le regard sol — signal de soumission, neutralise l'autorité.
  • Le « jury favori » — fixer la personne qui hoche la tête. Les autres se sentent ignorés. Balayer.

La règle de Mehrabian, et sa nuance

L'étude la plus citée en communication (Albert Mehrabian, UCLA, 1971) avance que dans un message émotionnel, l'impact se répartit en 7 % de mots, 38 % de ton de voix, 55 % de langage corporel.

Attention au mésusage : Mehrabian lui-même a précisé que cette répartition vaut uniquement en cas de contradiction entre verbal et non-verbal, sur des messages de sentiment. Elle ne dit pas que le contenu compte pour 7 % d'un oral.

Ce qu'il faut retenir : quand le ton ou le corps contredisent les mots, c'est le corps que le jury croit. Une candidate qui dit « je suis convaincue » avec une voix éteinte et des épaules basses ne convainc personne. La cohérence verbal/non-verbal est non négociable.

Source — à manier avec discernement

Albert Mehrabian, Silent Messages, Wadsworth, 1971.

À retenir

Trois règles simples du corps

  • Ancrage · pieds parallèles, genoux souples, bassin neutre.
  • Mains · entre nombril et épaules, gestes parcimonieux, jamais cachées.
  • Regard · 3 secondes par personne, balayer le jury, ne fixer personne.
09 — Structurer un argument

Structurer un argument
la mécanique AREL

À l'intérieur des grandes méthodes en 4 et 5 temps, chaque réponse à une relance du jury peut être tenue par une micro-structure éprouvée. Quatre lettres, quatre temps.

Quand le jury relance — « pouvez-vous préciser ? », « et concrètement, que feriez-vous ? » — on n'a plus le temps de dérouler la grande méthode. Il faut tenir 30 à 60 secondes avec un argument musclé.

AREL est l'acronyme français de la structure utilisée internationalement sous le nom PEEL (Point, Evidence, Explanation, Link). Quatre lettres pour ne jamais s'égarer.

A

Affirmation

— La thèse en une phrase

L'idée principale, posée d'emblée. Pas de préambule. Pas de « je dirais que peut-être ». Une phrase nette.

Exemple

La laïcité protège la liberté de conscience de chaque élève.

R

Raisonnement

— Pourquoi cette affirmation

Le mécanisme logique qui sous-tend l'affirmation. « Parce que », « en effet », « cela tient au fait que ».

Exemple

En effet, en interdisant à l'État de favoriser une conviction sur une autre, elle garantit à chaque élève un espace neutre où penser par lui-même.

E

Exemple

— L'ancrage concret

Une illustration courte. Idéalement issue d'une expérience vécue ou observée, ou d'un texte cadre. Concret, daté, situé.

Exemple

La Charte de la laïcité de 2013, affichée dans toutes les écoles, traduit ce principe en quinze articles concrets.

L

Lien

— Retour à la question

La phrase de bouclage qui rattache l'argument à la question initiale. Elle prouve qu'on n'a pas dérivé. Elle invite aussi le jury à enchaîner.

Exemple

C'est en ce sens que la laïcité, loin d'être une contrainte, est d'abord une protection pour chaque enfant.

À retenir

La règle des trois

Aristote, Cicéron, et toutes les écoles de rhétorique modernes le confirment : les arguments mémorisables vont par trois. Liberté, égalité, fraternité. Veni, vidi, vici. Au-delà de trois, l'attention décroche. Pour chaque grande question, viser trois idées fortes, jamais quatre, jamais deux.

10 — Posture professionnelle

La posture professionnelle
le grand basculement

Le jury évalue avant tout votre capacité à parler comme une future enseignante, et non comme une candidate, une étudiante, ou une parent d'élève. Ce basculement de posture est sans doute le critère implicite le plus discriminant.

Philippe Meirieu parle de « tact pédagogique » pour désigner cette qualité fine qui distingue le professionnel : la capacité à tenir simultanément le cadre, l'écoute, l'exigence et la bienveillance. Ce tact ne s'improvise pas, mais il se prépare : par le vocabulaire, par les formulations, par les références mobilisées.

Le tableau ci-dessous donne quelques bascules concrètes. À relire et à intégrer jusqu'à ce qu'elles deviennent des réflexes verbaux.

Bascules de formulation

Posture personnelle (à éviter)
Posture professionnelle (à viser)
« Moi, je ferais comme ça »
« Le rôle du professeur des écoles est de... »
« Cet enfant a besoin de... »
« Cet élève présente... »
« Je donnerais un cours sur... »
« Je construirais une séquence visant... »
« J'aurais peur que... »
« Le risque professionnel à anticiper est... »
« C'est révoltant que... »
« Cette situation interroge le cadre de... »
« Les parents sont parfois pénibles »
« La coopération avec les familles demande... »
« J'aime les enfants »
« Je suis attachée à l'idée d'accompagner les apprentissages »

Le triangle pédagogique de Jean Houssaye

Un cadre utile à connaître pour parler du métier sans tomber dans la généralité. Houssaye (1988) montre que toute situation pédagogique articule trois pôles : le savoir, l'enseignant, l'élève. Selon le pôle privilégié, on parle de processus différents :

  • Enseigner : axe Savoir – Enseignant (l'élève est en retrait).
  • Former : axe Enseignant – Élève (le savoir est en retrait).
  • Apprendre : axe Savoir – Élève (l'enseignant est en retrait).

Mobiliser ce cadre dans une réponse — « cette situation pose la question de la place du savoir dans la relation pédagogique » — donne immédiatement une légitimité professionnelle.

Source

Jean Houssaye, Le triangle pédagogique, Peter Lang, 1988 · réédité 2014.

Les dix nouvelles compétences de Perrenoud

Pour parler des gestes professionnels concrets, Philippe Perrenoud (Université de Genève) a formulé en 1999 un référentiel de dix compétences clés. Quelques exemples directement utiles à mobiliser face au jury :

  • Organiser et animer des situations d'apprentissage.
  • Gérer la progression des apprentissages.
  • Concevoir et faire évoluer des dispositifs de différenciation.
  • Impliquer les élèves dans leurs apprentissages et leur travail.
  • Travailler en équipe / participer à la gestion de l'école.
  • Informer et impliquer les parents.
  • Affronter les devoirs et les dilemmes éthiques de la profession.

Citer Perrenoud n'est pas obligatoire. Mais penser avec son vocabulaire — différenciation, progression, dispositif, dilemme éthique — change la couleur de la parole.

Source

Philippe Perrenoud, Dix nouvelles compétences pour enseigner, ESF, 1999.

À retenir

Le vocabulaire du métier

Quelques mots à intégrer pour parler en professionnelle : séance, séquence, cycle, compétence, différenciation, situation d'apprentissage, dispositif, posture, gestes professionnels, équipe pédagogique, partenaires éducatifs.

Ces mots ne sont pas du jargon : ils sont la langue partagée du métier. Les utiliser, c'est entrer dans le cercle.

11 — Préparation et jour J

Préparer · jour J · récupérer
le rituel

Trois phases distinctes, à ne pas confondre. Chacune a ses gestes propres. Un oral réussi se joue autant la veille au soir que dans la salle d'épreuve.

Les trois phases de la préparation

Phase 01
Cognitive
Les semaines avant l'épreuve
  • Maîtrise des contenus (programmes, références, valeurs).
  • Construction de fiches synthèses par grand thème.
  • Quizz à froid sur les définitions clés (laïcité, déontologie, inclusion).
  • Lecture du BO de référence et de la Charte de la laïcité.
  • Veille sur l'actualité éducative (EduScol, Café pédagogique).
Phase 02
Orale
Les 2 à 3 semaines avant
  • Enregistrer ses réponses (audio puis vidéo).
  • Réécouter et identifier 3 défauts récurrents à corriger.
  • Chronomètrer systématiquement (3-4 min par réponse).
  • Organiser un jury blanc avec un proche, idéalement un enseignant.
  • Travailler diction et respiration (10 min/jour).
Phase 03
Physique
Les 48h avant et le jour J
  • Sommeil : 7 à 8h les deux nuits qui précèdent.
  • Alimentation légère le matin de l'épreuve.
  • Échauffement vocal 30 min avant (humming, virelangues).
  • Arriver 30 minutes en avance sur place.
  • Cohérence cardiaque juste avant d'entrer (5 min).

Le rituel du jour J — minute par minute

J−1 · 22:00
Coucher tôt
Pas de révisions de dernière minute après 21h. À ce stade, ce qui n'est pas su ne se sait plus en une nuit. Mieux vaut une bonne nuit de sommeil.
J · −2h00
Réveil et petit-déjeuner
Glucides lents (pain, flocons d'avoine), une portion de protéines, hydratation. Pas de café à excès.
J · −1h30
Échauffement vocal et physique
10 minutes de marche, 5 minutes de respiration ventrale, 5 minutes de virelangues. La voix doit être chaude.
J · −0h45
Arrivée sur place
Repérer la salle, les toilettes, l'eau. Connaître les lieux apaise. Pas de discussion intense avec d'autres candidats — chacun nourrit sa propre angoisse.
J · −0h05
Cohérence cardiaque
Respiration 4-4-6 pendant 3 minutes. Visualisation rapide des trois idées fortes de chaque grande question. Sourire intérieurement.
J · 0h00
Entrée dans la salle
Saluer chaque membre du jury du regard. S'asseoir avec ancrage. Première phrase préparée et rodée. Démarrer.
J · +0h55
Sortie
Ne pas ressasser. Prendre une vraie pause, marcher, manger, débriefer brièvement avec un proche, et passer à autre chose. Le verdict ne dépend plus de soi.
À retenir

La règle du « rien après 21h »

La veille de l'épreuve, ne plus réviser après 21h. La mémoire de travail a besoin d'un sommeil de qualité pour consolider — ce qui est appris dans le stress du dernier soir efface souvent ce qui était su. Faire confiance au travail accompli.

12 — Bibliographie

Bibliographie
& sources

Les ouvrages mobilisés dans ce volume. Une lecture transversale d'un ou deux d'entre eux pendant la préparation peut faire une vraie différence — moins par les techniques apprises que par le changement de regard sur l'oral.

Éloquence et art oratoire

Cicéron. De Oratore, 55 av. J.-C. L'origine théorique des cinq canons. Édition Les Belles Lettres recommandée. Lecture longue mais fondatrice.
Aristote. Rhétorique, ~IVe siècle av. J.-C. Les trois leviers de persuasion : ethos, pathos, logos.
Périer, Bertrand. La parole est un sport de combat. JC Lattès, 2017. Le best-seller français sur la prise de parole. Très accessible. Le chapitre sur le silence est particulièrement utile.
De Freitas, Stéphane. Porter sa voix — Stratégies pour convaincre. Le Robert, 2018. Fondateur d'Eloquentia. Parfait pour la dimension corporelle et vocale.
Delhay, Cyril. Faire des présentations percutantes. Eyrolles. Ancien responsable de la prépa Sciences Po, beaucoup d'exercices concrets.
Mehrabian, Albert. Silent Messages. Wadsworth, 1971. L'origine de la fameuse règle 7-38-55. À connaître pour ne pas la mésuser.

Pédagogie et posture professionnelle

Meirieu, Philippe. Faire l'École, faire la classe. ESF. Sur le tact pédagogique et la posture. Aussi Le choix d'éduquer sur les fondements éthiques du métier.
Perrenoud, Philippe. Dix nouvelles compétences pour enseigner. ESF, 1999. Référentiel de référence pour parler des gestes professionnels avec précision.
Houssaye, Jean. Le triangle pédagogique. Peter Lang, 1988. Cadre intellectuel pour analyser toute situation pédagogique.
Reboul, Olivier. Qu'est-ce qu'apprendre ? PUF. Réflexion philosophique courte sur l'acte d'apprentissage.
Robbes, Bruno. L'autorité éducative dans la classe. ESF. Pour comprendre l'autorité statutaire vs autoritarisme vs autorité éducative. Très utile sur les questions de gestion de classe.

Cadres réglementaires

Charte de la laïcité à l'école. Ministère de l'Éducation nationale, 2013. 15 articles, 2 pages. À connaître intégralement.
Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation. Arrêté du 1er juillet 2013, BO n°30 du 25 juillet 2013. 19 compétences professionnelles.
Code de l'éducation. Articles L111-1 (mission de l'école) et L141-5-1 (signes religieux). Consultables sur Légifrance.
Devenir enseignant. devenirenseignant.gouv.fr. Arrêtés du 17 avril 2025 fixant les modalités d'organisation des concours externes bac+3.
Vol. 02 · Éducation physique et sportive V1 · Mai 2026
Vol. 02 · Bloc 1 de l'oral

Éducation physique
& sportive

Le manuel pour les vingt minutes du bloc EPS. Les programmes, les quatre champs d'apprentissage, les APSA, la leçon, la sécurité — et la méthode pour répondre au jury sur n'importe quel sujet.

01 — Architecture

Architecture
du bloc EPS

Le bloc 1 de l'oral d'admission. Vingt minutes au total, en trois temps strictement chronométrés. C'est l'épreuve la plus courte de l'oral, ce qui en fait paradoxalement l'une des plus exigeantes : aucun temps mort possible.

Pour un rappel sur la structure complète des deux blocs (EPS + Entretien) qui composent l'oral d'admission de 55 minutes, on se reportera à l'architecture générale présentée dans Vol. 01. Le présent volume se concentre sur le bloc 1.

Le déroulé en trois temps

10 min
Préparation
La candidate tire un sujet et dispose de dix minutes pour analyser, structurer ses idées et préparer son exposé. Pas de matériel autorisé en dehors du brouillon fourni. C'est un temps court — la méthode d'analyse doit être rodée à l'avance.
8 min max
Exposé
La candidate présente sa réponse au sujet, sans être interrompue. Huit minutes maximum, ce qui correspond à environ 1 000 mots de discours bien rythmé. Au-delà, le jury coupe. La structure doit donc être annoncée d'emblée et tenue.
12 min
Entretien avec le jury
Le jury pose des questions sur l'exposé, mais aussi au-delà : sur d'autres APSA, d'autres cycles, des situations imprévisibles. C'est ici que se gagnent les points décisifs. Le jury cherche la profondeur de la réflexion, la connaissance des programmes, la posture professionnelle.
Cadre légal

Format défini par les arrêtés du 17 avril 2025 (Journal officiel n°0094 du 19 avril 2025), pour les concours externes bac+3 à partir de la session 2026. Le bloc EPS constitue la première partie de la seconde épreuve d'admission.

Ce que le jury évalue

L'épreuve EPS du CRPE n'est pas un examen sportif. La candidate n'a pas à courir, nager, sauter ou démontrer une habileté motrice. Ce qui est évalué, c'est sa capacité à concevoir, justifier et défendre une démarche d'enseignement de l'EPS pour des élèves du premier degré. C'est une épreuve d'enseignement, pas de pratique.

Trois grandes dimensions sont scrutées par le jury :

  • Connaissance des programmes — les quatre champs d'apprentissage, les compétences générales, les attendus de fin de cycle, le cadre du BO du 30 juillet 2020.
  • Compréhension de l'élève — son développement moteur, cognitif, affectif aux différents âges. Une séance pour des CP n'a rien à voir avec une séance pour des CM2.
  • Posture professionnelle — projection dans le métier de professeur des écoles, vocabulaire de l'enseignant, prise en compte de la sécurité, de la diversité, de l'inclusion.
À retenir

L'erreur fondamentale à éviter

Confondre pratique sportive et enseignement de l'EPS. Le jury ne veut pas savoir si la candidate sait nager, danser ou jouer au handball. Il veut savoir si elle sait faire apprendre ces activités à des élèves de 6 à 11 ans. Cette nuance change toute la posture de l'exposé.

02 — Le sujet

Comprendre le sujet
les trois composantes

Les sujets d'EPS au CRPE ne sont jamais des questions abstraites. Ils combinent toujours trois éléments précis qu'il faut savoir identifier en moins d'une minute pour ne pas perdre de temps en préparation.

Tout sujet d'EPS comporte trois composantes distinctes mais complémentaires. Les reconnaître immédiatement permet de cadrer la réponse sans dériver. Une analyse défaillante du sujet est l'origine la plus fréquente des exposés hors-sujet.

Composante 01 — Le thème de la question

Définition
Thème de la question

Domaine de connaissances mobilisé par le sujet. Trois domaines existent dans les programmes : la culture sportive, la culture corporelle et la culture citoyenne. Chaque sujet relève principalement de l'un de ces trois domaines.

Identifier le thème oriente immédiatement le type de réponse attendue :

  • Culture sportive — règles, techniques, performance, références culturelles (records, athlètes, histoire des activités).
  • Culture corporelle — engagement physique, ressentis, motricité, développement de l'enfant, santé, sécurité.
  • Culture citoyenne — règles communes, coopération, arbitrage, valeurs républicaines incarnées dans le sport (égalité, respect, fair-play).

Composante 02 — Le domaine d'APSA support

Définition
APSA — Activité Physique, Sportive ou Artistique

Terme officiel utilisé dans les programmes pour désigner les activités support de l'enseignement de l'EPS. Les APSA sont organisées en grandes familles (athlétiques, aquatiques, gymniques, de pleine nature, artistiques, jeux et sports collectifs, opposition duelle, combat). Chaque APSA est rattachée à un ou plusieurs champs d'apprentissage.

Le sujet précise généralement un domaine d'APSA (par exemple : « activités de coopération et d'opposition », « activités athlétiques », « activités aquatiques »). À partir de ce domaine, la candidate choisit elle-même une APSA précise pour construire son exposé. Elle peut prendre une activité bien connue (handball, course de vitesse, natation) ou plus singulière, du moment qu'elle soit pertinente pour le domaine donné et adaptée à l'école primaire.

Conseil : choisir une APSA qu'on connaît bien plutôt qu'une activité « plus impressionnante » mais mal maîtrisée. Le jury creusera l'exposé en entretien — autant être à l'aise.

Composante 03 — La question

Définition
La question du sujet

Problématique précise sur laquelle l'exposé doit se concentrer. Elle prend la forme d'une consigne ouverte : « précisez le rôle… », « exprimez votre point de vue sur… », « identifiez trois principes techniques… ». La question fixe le périmètre et la nature de la réponse attendue.

La question est l'élément le plus discriminant des trois. Une bonne réponse au mauvais thème est sans valeur. Une candidate qui répond sur la sécurité quand on lui demande la culture citoyenne sera pénalisée, même si la sécurité est bien traitée.

Méthode pratique : souligner les verbes de la question dès la première lecture. « Identifier », « caractériser », « proposer », « définir », « envisager » — chaque verbe appelle un type de réponse différent.

Exemple — sujet d'analyse

« Après avoir précisé le rôle et les fonctions des règles dans un jeu ou sport collectif avec ballon de votre choix, exprimez votre point de vue sur la mise en œuvre de l'auto-arbitrage en EPS. »

Décomposition du sujet ci-dessus :

  • Thème — culture citoyenne (règles, auto-arbitrage = autorégulation collective).
  • Domaine d'APSA — activités de coopération et d'opposition (jeux et sports collectifs avec ballon).
  • Question — deux temps : (1) caractériser le rôle des règles, (2) se positionner sur l'auto-arbitrage.

Le sujet appelle donc un exposé articulé en deux parties cohérentes, ancré dans une APSA précise (handball, basket, ultimate, ballon-château…) que la candidate choisit elle-même.

La méthode pour analyser un sujet en deux minutes

Méthode chronométrée — analyse du sujet

L'analyse du sujet doit prendre au maximum 2 des 10 minutes de préparation. Au-delà, on déborde sur le temps de structuration et l'exposé en pâtit. Cette méthode en cinq gestes permet de tenir cette contrainte.

01Lire

Lire le sujet deux fois

→ Première lecture intuitive, deuxième lecture analytique.

La première lecture donne l'impression générale. La seconde repère les éléments précis. Lire trois fois fait perdre du temps sans rien apporter.

02Souligner

Souligner les mots-clés

→ Identifier les trois composantes physiquement sur le brouillon.

Souligner d'un trait le thème, d'une vague le domaine d'APSA, d'un encadré le ou les verbes de la question. Ce balisage visuel reste sous les yeux pendant toute la préparation.

03Reformuler

Reformuler le sujet avec ses propres mots

→ Vérifier la compréhension avant de chercher des idées.

Une reformulation en une phrase suffit. Si elle ne tient pas en une phrase, le sujet n'est pas encore compris. Ce geste est exactement parallèle au premier temps de la méthode en quatre temps de Vol. 01.

04Choisir l'APSA

Choisir l'APSA de référence

→ Une APSA qu'on connaît, pas une APSA qui impressionne.

Plus on connaît l'APSA, plus on aura de matière pour le développement et l'entretien. Pour un domaine de coopération-opposition, choisir le handball si on l'a pratiqué plutôt que l'ultimate vu deux fois.

05Plan

Tracer un plan en deux ou trois parties

→ La structure de l'exposé, avant les détails.

Un plan en deux ou trois grandes parties, chacune avec deux ou trois sous-points. Pas plus. Les huit minutes de l'exposé n'autorisent pas davantage. Le détail viendra dans les 8 minutes de préparation restantes.

À retenir

Les trois composantes en mémoire permanente

  • Thème · Culture sportive, corporelle ou citoyenne ?
  • Domaine d'APSA · Quelle famille d'activités ? Quelle APSA précise je choisis ?
  • Question · Quels verbes ? Combien de parties ? Que doit produire l'exposé ?
03 — Les programmes

Les programmes EPS
le cadre officiel

Texte fondateur de tout l'enseignement de l'EPS à l'école primaire. Le jury attend que la candidate connaisse au moins la finalité, les cinq compétences générales, les quatre champs d'apprentissage et les cinq domaines du socle commun. Sans ces repères, aucune réponse solide n'est possible.

Texte de référence

Programmes d'EPS pour les cycles 2 et 3 — BO n°31 du 30 juillet 2020, arrêté du 17 juillet 2020. Programmes du cycle 1 (école maternelle) — arrêtés des 02/06/2021 et 22/10/2024. Toujours en vigueur pour la session CRPE 2026.

La finalité de l'EPS

Les programmes définissent une finalité unique pour l'EPS, valable de la maternelle au lycée. Cette phrase est à connaître par cœur — elle peut être citée directement dans un exposé.

Citation officielle — BO 30/07/2020

« L'éducation physique et sportive a pour finalité de former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué, dans le souci du vivre-ensemble. »

Cette finalité contient cinq adjectifs-clés qui irriguent tout le reste : lucide (capacité de compréhension), autonome (capacité d'action propre), physiquement éduqué (motricité construite), socialement éduqué (vie en groupe), vivre-ensemble (lien aux autres). Chaque APSA contribue à plusieurs de ces dimensions.

Les cinq compétences générales de l'EPS

Les programmes définissent cinq compétences que tous les élèves doivent développer en EPS, dans tous les cycles. Ces compétences sont transversales aux APSA — chaque activité travaille plusieurs d'entre elles.

1

Développer sa motricité

— et construire un langage du corps

La compétence proprement physique : courir, sauter, lancer, nager, danser, lutter. Le corps comme moyen d'expression et d'action. Cette compétence est la plus visible mais elle n'est jamais seule.

2

S'approprier seul ou à plusieurs des méthodes et outils pour apprendre

— par la pratique

L'élève apprend à s'auto-évaluer, à s'organiser, à utiliser des repères (chronos, tableaux, capteurs). C'est la dimension métacognitive de l'EPS — apprendre à apprendre.

3

Partager des règles, assumer des rôles et des responsabilités

— pour apprendre à vivre ensemble

Arbitrer, observer, conseiller, organiser. L'élève joue mais aussi tient des fonctions sociales dans le groupe. C'est la principale contribution de l'EPS à la formation citoyenne.

4

Apprendre à entretenir sa santé

— par une activité physique régulière

Compétence de plus en plus centrale face à la sédentarité (37 % des 6-10 ans n'atteignent pas les 60 minutes d'activité quotidienne recommandées par l'OMS). L'EPS apprend à connaître son corps, à doser l'effort, à récupérer.

5

S'approprier une culture physique sportive et artistique

— les connaissances de référence

Histoire des APSA, performances de référence, œuvres artistiques (en danse, en arts du cirque), culture olympique et paralympique. L'EPS comme accès à un patrimoine culturel, pas seulement à une pratique.

Les quatre champs d'apprentissage

L'EPS est structurée autour de quatre champs d'apprentissage à l'école élémentaire (et de quatre domaines d'action équivalents à l'école maternelle). Ces quatre champs doivent obligatoirement être rencontrés à chaque cycle — l'enseignant ne peut pas en omettre. Ils sont détaillés dans la section 04 du présent volume.

Les cinq domaines du socle commun

Définition
Socle commun de connaissances, de compétences et de culture (S4C)

Cadre national fixant ce que tout élève doit maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire (16 ans). Défini par le décret n°2015-372 du 31 mars 2015, BO n°17 du 23 avril 2015. Il est structuré en cinq domaines, et toutes les disciplines scolaires y contribuent — y compris l'EPS.

Les cinq domaines du socle :

  • Domaine 1 — Les langages pour penser et communiquer (l'EPS y contribue par le langage du corps).
  • Domaine 2 — Les méthodes et outils pour apprendre (par les démarches d'auto-évaluation).
  • Domaine 3 — La formation de la personne et du citoyen (par les rôles sociaux et le respect des règles).
  • Domaine 4 — Les systèmes naturels et les systèmes techniques (par l'éducation à la santé).
  • Domaine 5 — Les représentations du monde et l'activité humaine (par la culture sportive et artistique).
Architecture conceptuelle

L'EPS contribue aux 5 domaines du socle via les 5 compétences générales qui se travaillent dans les 4 champs d'apprentissage à l'aide d'APSA diversifiées. C'est ce système emboîté qu'il faut savoir restituer.

À retenir

Les chiffres-clés des programmes EPS

  • 1 finalité · former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué, dans le souci du vivre-ensemble.
  • 5 compétences générales · motricité, méthodes, règles, santé, culture.
  • 4 champs d'apprentissage · à rencontrer à chaque cycle.
  • 5 domaines du socle · auxquels l'EPS contribue.
  • 1 référence à citer · BO n°31 du 30 juillet 2020.
04 — Champs d'apprentissage

Les quatre champs
d'apprentissage

Le squelette de tout l'enseignement de l'EPS. Connaître les quatre champs, leurs intitulés exacts, ce qu'ils visent et les APSA qui les portent — c'est la base sans laquelle aucune réponse au jury n'est crédible.

Les quatre champs d'apprentissage (parfois abrégés en CA1, CA2, CA3, CA4) couvrent l'ensemble des expériences motrices que tous les élèves doivent vivre au cours de la scolarité obligatoire. À chaque cycle (2, 3, 4), les élèves doivent rencontrer les quatre champs — c'est une obligation des programmes, pas une option pédagogique.

Champ d'apprentissage 1 — Produire une performance

CA1

Produire une performance optimale

— mesurable à une échéance donnée

L'élève cherche à produire le meilleur résultat possible dans une activité où la performance est mesurable (en temps, en distance, en hauteur). Le cadre est stable et réglementé : couloirs de course, zones de saut, distance de lancer.

APSA support principales : activités athlétiques (course de vitesse, course de durée, course de relais, course de haies, lancers, sauts), natation de vitesse.

Ce que l'enfant doit vivre : exercer différents rôles (athlète, juge, chronométreur, observateur), chiffrer, mesurer, comparer, repousser ses limites, battre un (son) record.

Champ d'apprentissage 2 — Adapter ses déplacements

CA2

Adapter ses déplacements

— à des environnements variés

L'élève apprend à se déplacer dans un milieu incertain ou changeant, où les repères habituels sont perturbés. La performance n'est pas mesurable au chronomètre — l'enjeu est l'adaptation aux contraintes de l'environnement.

APSA support principales : activités aquatiques (natation, savoir-nager en sécurité), activités de pleine nature (randonnée, course d'orientation, escalade, VTT, voile, canoë-kayak, ski, roller).

Ce que l'enfant doit vivre : connaître et appliquer des principes de sécurité, concevoir et réguler un projet de déplacement, prendre des risques mesurés, anticiper son retour.

Champ d'apprentissage 3 — S'exprimer devant les autres

CA3

S'exprimer devant les autres

— par une prestation artistique et/ou acrobatique

L'élève mobilise son corps comme moyen d'expression et de communication, devant un public. La dimension artistique domine : il s'agit de produire des émotions chez le spectateur, pas de mesurer une performance.

APSA support principales : danses collectives, danse de création, arts du cirque, gymnastique, acrosport.

Ce que l'enfant doit vivre : être tour à tour artiste, chorégraphe, spectateur ; ressentir, (s')exprimer, communiquer, (s')émouvoir. C'est le champ le plus souvent négligé par les enseignants débutants — d'où une attention particulière du jury si la candidate sait l'aborder.

Champ d'apprentissage 4 — Conduire un affrontement

CA4

Conduire et maitriser un affrontement

— collectif ou interindividuel

L'élève apprend à se confronter à un ou plusieurs adversaires, dans un cadre de règles partagées. La situation est duelle (interindividuelle) ou collective. L'enjeu est tactique, relationnel et émotionnel autant que physique.

APSA support principales : jeux et sports collectifs (handball, football, basket, ultimate, jeux traditionnels), opposition duelle (tennis de table, badminton, escrime), activités physiques de combat (jeux de lutte).

Ce que l'enfant doit vivre : assurer les rôles de joueur, arbitre, coach, organisateur ; atteindre et/ou protéger (le corps, la cible, le but) ; jouer avec ou contre, seul ou à plusieurs.

L'école maternelle — quatre domaines d'action équivalents

À l'école maternelle, on parle de domaines d'action et non de champs d'apprentissage. La logique est identique mais l'intitulé est adapté à la primauté de l'activité motrice à cet âge. Les quatre domaines d'action sont :

  • Agir dans l'espace, dans la durée et sur les objets — équivalent du CA1.
  • Adapter ses équilibres et ses déplacements à des environnements ou des contraintes variés — équivalent du CA2.
  • Communiquer avec les autres au travers d'actions à visée expressive ou artistique — équivalent du CA3.
  • Collaborer, coopérer, s'opposer — équivalent du CA4.

La continuité maternelle-élémentaire permet de bâtir des progressions cohérentes sur l'ensemble de la scolarité primaire.

À retenir

Les quatre champs en mots-clés

  • CA1 · Performer — espace stable, mesure, record.
  • CA2 · S'adapter — environnement incertain, sécurité, autonomie.
  • CA3 · S'exprimer — corps-langage, public, émotion.
  • CA4 · S'affronter — règles partagées, tactique, vivre-ensemble.
05 — L'enfant

Le développement
de l'enfant

L'EPS s'adresse à un être en pleine transformation. De 3 à 12 ans, l'enfant vit des bouleversements moteurs, cognitifs et affectifs qu'il faut connaître pour proposer des activités adaptées. C'est l'un des angles d'entretien favoris du jury.

Une bonne séance d'EPS pour des CP n'a pas grand-chose à voir avec une bonne séance pour des CM2. Les capacités de l'enfant évoluent rapidement, et certaines activités qui sont indiquées à 6 ans deviennent contre-productives à 11 ans (et inversement). Connaître les grandes étapes du développement est donc une condition de pertinence pédagogique.

Trois dimensions, en interaction permanente

Le développement de l'enfant n'est pas linéaire ni unidimensionnel. Il combine en permanence trois grandes composantes qui se nourrissent mutuellement.

Dimension 01 — Le développement cognitif

Définition
Développement cognitif

Évolution des capacités de pensée, de raisonnement, de mémorisation et de traitement de l'information. Théorisé notamment par Jean Piaget au XXe siècle en grandes étapes.

Les grandes étapes piagétiennes utiles pour l'EPS au primaire :

  • 0-2 ans · intelligence sensori-motrice. L'enfant apprend par l'action sur les objets.
  • 3-8 ans · pensée opératoire. Les associations s'abstraient progressivement, l'enfant comprend les règles simples.
  • À partir de 7-8 ans · structuration et raisonnement logique. L'enfant peut tenir compte de paramètres multiples, comprendre les repères de l'espace et du temps.

Implications pour l'EPS : à l'école maternelle, on procède par essai-erreur et imitation. Au cycle 2, on commence à expliciter des règles d'action simples. Au cycle 3, on peut faire raisonner l'élève sur ses choix tactiques, ses sensations, ses repères de progrès.

Dimension 02 — Le développement affectif

Définition
Développement affectif

Construction de la sécurité affective, de l'image de soi, de la relation aux autres. L'EPS y contribue de manière intense parce qu'elle met le corps en jeu, ce qui touche directement l'estime de soi et l'acceptation par le groupe.

Deux processus s'entrelacent à l'école primaire :

  • L'autonomisation — l'enfant prend progressivement le contrôle de soi, gère ses émotions, accepte les règles.
  • La socialisation — l'enfant trouve sa place dans un groupe, développe des formes de communication verbale et non-verbale.

L'EPS est l'un des terrains les plus puissants pour ces deux processus, mais aussi l'un des plus risqués : l'échec corporel, l'humiliation devant les autres, la moquerie sont des sources d'angoisse fréquentes. D'où l'importance de la sécurité affective — concept à mobiliser systématiquement dans une réponse au jury sur les enjeux de l'EPS.

Dimension 03 — Le développement moteur

Définition
Développement moteur

Évolution des capacités de mouvement de l'enfant, qui s'organise sous l'effet de deux processus : la croissance et la maturation (composantes biologiques) et l'apprentissage (transformation de réponses adaptées par l'expérience).

Les programmes distinguent quatre grands répertoires d'actions motrices fondamentales que l'enfant doit explorer :

  • Les locomotions — marcher, courir, glisser, rouler, grimper.
  • Les équilibres — statiques puis dynamiques.
  • Les manipulations — saisir, pousser, tirer.
  • Les projections-réceptions — lancer, rattraper.

Ces quatre répertoires sont travaillés à l'école maternelle puis enrichis et combinés à l'élémentaire. La progression typique va de la motricité usuelle (acquisitions de base) vers la motricité intentionnelle (gestes précis, contrôle conscient) au cycle 3, qualifié d'« âge d'or de la motricité ».

Repères par cycle scolaire

Cycle / âge
Caractéristiques motrices et pédagogiques
Cycle 1
3-6 ans (PS, MS, GS)
Acquisition des patrons moteurs de base. Approche par découverte et adaptation. Gestes impulsifs, parfois maladroits, à laisser explorer.
Cycle 2
6-9 ans (CP, CE1, CE2)
D'une motricité usuelle à une motricité intentionnelle. Latéralisation, coordination plus fine, dissociation des actions, automatisation progressive.
Cycle 3
9-11 ans (CM1, CM2)
Âge d'or de la motricité. Vitesse, souplesse, endurance, force progressent. L'élève peut affiner technique et stratégie.

L'hétérogénéité comme constat permanent

La puberté commence entre 8 et 14 ans pour les filles (11 ans en moyenne) et entre 9 et 14 ans pour les garçons (12 ans en moyenne). À l'école élémentaire, on peut donc avoir dans une même classe de CM2 des enfants à six années d'écart de développement biologique. Ajouter à cela les différences de pratique extra-scolaire, les particularités liées au handicap, les contextes familiaux : l'hétérogénéité est la règle, pas l'exception.

C'est pourquoi la différenciation pédagogique en EPS est non négociable. Le jury attend que la candidate sache nommer les leviers de différenciation : varier les distances, les durées, les charges, les rôles, les formes de travail (binôme, équipe, individuel), les consignes (orales, sonores, visuelles).

À retenir

Trois dimensions à toujours mobiliser

Quand le jury pose une question sur l'élève ou l'enfant, structurer la réponse autour de cognitif × affectif × moteur. Ces trois dimensions sont en interaction permanente, et c'est cette interaction que le jury veut voir explicitée.

Vocabulaire à mobiliser : sécurité affective, motricité intentionnelle, hétérogénéité, différenciation, image de soi, estime de soi.

06 — Les APSA

Les APSA
panorama complet

Sept grandes familles d'activités constituent le panel des APSA enseignées à l'école primaire. Pour chacune, le jury attend que la candidate sache identifier les règles, les techniques, les éléments tactiques et scientifiques qui en font une discipline d'enseignement — pas une simple pratique.

Les APSA sont les supports de l'enseignement de l'EPS. On enseigne par les APSA, on n'enseigne pas les APSA pour elles-mêmes. Cette nuance est fondamentale : un cours de natation à l'école n'est pas un cours pour devenir nageur de compétition, c'est un cours pour développer des compétences générales (motricité, sécurité, autonomie) en utilisant la natation comme support.

Pour analyser une APSA dans une perspective d'enseignement, on utilise systématiquement quatre composantes : règles, technique, tactique, scientifique. Cette grille permet de répondre solidement à toute question sur une activité.

La grille d'analyse — quatre composantes

Définition
Les quatre composantes d'analyse d'une APSA

Cadre opératoire pour décrire une APSA d'un point de vue d'enseignement. À utiliser systématiquement quand le jury demande de caractériser une activité.

  • Règles — ce qui définit l'activité en tant que jeu structuré. Espaces, durées, droits et devoirs des joueurs, conditions de validation.
  • Technique — les gestes spécifiques à maîtriser. Coordination, précision, qualité des appuis.
  • Tactique — les choix qu'opère le pratiquant. Stratégie, anticipation, lecture de la situation.
  • Scientifique — les principes physiques, biologiques ou physiologiques qui sous-tendent l'activité. Trajectoires, forces, processus énergétiques.

Famille 01 — Activités athlétiques

Champ d'apprentissage · CA1 (Produire une performance optimale).

Les activités athlétiques regroupent trois grandes familles d'épreuves : les courses (vitesse, durée, relais, haies), les sauts et les lancers. Elles se déroulent dans un espace stable et réglementé. La performance est mesurable en temps ou en distance.

Les défis y sont l'occasion de limites à repousser et de records personnels ou absolus à battre. Les élèves exercent différents rôles : athlète, chronométreur, juge, observateur.

Exemple — courses de vitesse

Cycle 1 : courses de 4 à 5 secondes sur des tracés variés. Cycle 2 : réaction au signal, course de 6 à 7 secondes. Cycle 3 : départ réactif, maintien de la vitesse, franchissement de la ligne sans ralentir. Cycle 4 : courses chronométrées de 60 à 80 m (sprint réactif).

Famille 02 — Activités aquatiques

Champ d'apprentissage · CA2 (Adapter ses déplacements). Une partie spécifique relève aussi du CA1 (natation de vitesse).

Les activités aquatiques se déroulent dans un milieu aux fortes contraintes physiques (froid, eau, encadrement). Les perceptions habituelles du corps sont altérées : passage d'un équilibre vertical à un équilibre horizontal, respiration aquatique volontaire, perte de repères visuels et auditifs.

L'éducation à la sécurité et la responsabilité en sont des composantes essentielles. La charge affective et émotionnelle est forte — la peur de l'eau est un phénomène fréquent qu'il faut traiter avec patience.

Texte de référence

Arrêté du 28 février 2022 relatif à l'attestation du « savoir-nager » en sécurité (ASNS). BO n°9 du 3 mars 2022. Ce texte abroge l'ancien arrêté du 9 juillet 2015 qui définissait l'ASSN.

Définition — savoir essentiel
ASNS — Attestation du Savoir Nager en Sécurité

Test national permettant de valider qu'un élève sait évoluer en sécurité dans un établissement de bains ou un espace surveillé. Elle est validée prioritairement aux CM1, CM2 ou 6e, délivrée par le directeur d'école, certifiée par le professeur des écoles en collaboration avec un professionnel agréé (MNS). Elle est inscrite au livret scolaire unique (LSU).

Le test ASNS comporte un parcours d'environ 50 m sans reprise d'appuis (entrée par chute arrière, immersion sous obstacle, déplacement ventral 20 m, surplace vertical 15 s, demi-tour, déplacement dorsal 20 m, surplace horizontal 15 s, ancrage sécurisé sur élément fixe), complété par des connaissances de sécurité (identifier la personne responsable, connaître les règles d'hygiène).

Famille 03 — Activités de pleine nature

Champ d'apprentissage · CA2 (Adapter ses déplacements).

Les activités de pleine nature se pratiquent dans des milieux caractérisés par leur incertitude et leur méconnaissance par les élèves : forêts, parcs, montagne, rivière. Elles nécessitent un fort traitement de l'information (météo, fatigue, repères géographiques) et l'apprentissage de prises de risques mesurées.

Familles principales : randonnée, course d'orientation, escalade, VTT, voile, canoë-kayak, ski. Toutes ne sont pas mobilisables à l'école élémentaire — certaines exigent un encadrement spécifique (voir section 09).

Famille 04 — Activités artistiques et gymniques

Champ d'apprentissage · CA3 (S'exprimer devant les autres).

Le corps y est à la fois moyen de réalisation, d'expression et d'émotion. Les activités gymniques utilisent des principes de composition (code de pointage) valorisant l'exploit et l'esthétique. Les activités artistiques utilisent des principes de création pour produire une œuvre sensible provoquant des émotions chez le spectateur.

Les élèves y sont tour à tour artiste (qui réalise), chorégraphe (qui compose selon des règles) et spectateur (qui apprécie selon des critères connus de la classe). C'est cette pluralité de rôles qui en fait un terrain pédagogique riche.

Familles principales : danses collectives, danse de création, arts du cirque, gymnastique, acrosport.

Exemple — danse à l'école maternelle

L'enseignant utilise différents inducteurs (verbes d'action, musique, objets, images) pour que les élèves osent se produire, varient leurs actions, jouent sur les contrastes (grand/petit, rapide/lent, fort/doux).

Famille 05 — Jeux et sports collectifs

Champ d'apprentissage · CA4 (Conduire et maîtriser un affrontement).

Il s'agit de coopérer entre partenaires pour atteindre une cible en évitant des adversaires. Les espaces peuvent être dissociés (chaque équipe dans son camp) ou interpénétrés (tous les joueurs dans une même aire). Le statut change selon la possession du ballon : attaquant quand l'équipe a le ballon, défenseur quand elle ne l'a pas.

Familles principales : jeux traditionnels et présportifs (ballon-château, ballon-capitaine, balle au prisonnier), sports collectifs (handball, football, basket-ball, ultimate, rugby, hockey, tchoukball).

L'éducation à la citoyenneté y est particulièrement présente : règles partagées, rôles d'arbitre et de coach, coopération, vivre-ensemble. Le travail sur l'auto-arbitrage est un classique des sujets du concours.

Famille 06 — Activités d'opposition duelle

Champ d'apprentissage · CA4.

Une motricité spécifique (tenue d'engin et accessoires) et un contrôle moteur complexe (contact raquette-balle, pas, appuis, rééquilibrations). Les actions offensives (approche, attaque, fente) alternent avec les actions défensives (s'éloigner, se retirer, parade-riposte).

Familles principales : tennis de table, badminton, escrime adaptée. La prise en compte de l'autre, d'abord partenaire (soutenir un échange) puis adversaire (rompre l'échange), est une progression typique du cycle 3.

Famille 07 — Activités physiques de combat

Champ d'apprentissage · CA4.

À l'école primaire, on pratique des jeux de lutte. Trois règles d'or régissent les contacts corporels : ne pas faire mal, ne pas se faire mal, ne pas laisser se faire mal. Cette formule est à connaître par cœur et à citer si la sécurité est interrogée.

L'utilisation de prises adaptées (interdiction des prises de cou, de mains, de doigts), le travail sur la qualité des appuis (mains, pieds, genoux) et les rôles d'attaquant/défenseur structurent l'enseignement. L'acceptation puis la recherche du contact corporel est un apprentissage majeur, souvent culturellement difficile.

À retenir

Les sept familles et leurs champs

  • Athlétiques — CA1 (performer)
  • Aquatiques — CA2 (s'adapter), avec ASNS au cycle 3
  • Pleine nature — CA2
  • Artistiques et gymniques — CA3 (s'exprimer)
  • Jeux et sports collectifs — CA4 (s'affronter)
  • Opposition duelle — CA4
  • Combat (jeux de lutte) — CA4, avec les trois règles d'or
07 — La leçon

La leçon d'EPS
concevoir et conduire

Une leçon d'EPS ne s'improvise pas. Elle s'inscrit dans une séquence elle-même intégrée à une programmation annuelle. Connaître ces emboîtements et les principes pédagogiques de chaque niveau est indispensable pour répondre à toute question sur la conception d'un enseignement.

Trois échelles temporelles emboîtées

1

La programmation

— l'année scolaire

Plan annuel ou pluriannuel détaillant la répartition des activités sur l'année. Elle doit garantir que les quatre champs d'apprentissage sont rencontrés. Élaborée par l'équipe pédagogique de l'école sur les trois années du cycle, en tenant compte des ressources locales (matériel, installations, partenariats).

2

La séquence

— le module d'apprentissage

Suite de 7 à 12 leçons sur une même APSA, organisées selon des objectifs d'apprentissage progressifs. C'est l'unité de planification de référence. Une année comporte typiquement 5 ou 6 séquences, soit autant de modules d'apprentissage différents.

3

La leçon (ou séance)

— l'unité d'enseignement

Séance d'environ 30 à 45 minutes, qui constitue l'unité concrète de l'emploi du temps de la classe. Elle comporte différentes situations pédagogiques articulées vers un objectif clair, annoncé aux élèves.

Les principes pédagogiques d'une séance

Selon les programmes et les ressources Eduscol, une séance bien conçue suit plusieurs principes systématiques :

  • Installer les règles de sécurité physique et affective dès l'entrée en activité.
  • Faire découvrir les enjeux et modalités d'action propres à l'activité (par une situation simplifiée).
  • Organiser une situation diagnostique en début de séquence pour apprécier les capacités initiales.
  • Proposer des situations d'apprentissage différenciées par niveau, répétées pour permettre l'entraînement.
  • Utiliser des outils de la pratique sportive (chronos, capteurs, vidéo différée) pour objectiver les sensations et les résultats.
  • Évaluer régulièrement les acquisitions, pour réajuster.
  • Revenir à la situation globale en fin de séance pour réinvestir les apprentissages.

L'évaluation en EPS

Définition
L'évaluation en EPS

Démarche permettant à l'enseignant de réguler son action et à l'élève d'apprécier ses progrès. Trois types : diagnostique (en début de séquence), formative (pendant), sommative (en fin de séquence pour valider les compétences).

Les modalités possibles sont nombreuses :

  • Données quantitatives — compter, chronométrer, mesurer (distances parcourues, ballons interceptés, points marqués).
  • Données qualitatives — observer, décrire (postures, attitudes, ressentis verbalisés).
  • Auto-évaluation et co-évaluation — l'élève évalue lui-même ou avec un pair, ce qui développe la lucidité sur sa pratique.

L'évaluation doit avant tout être nécessaire à chaque élève : c'est en appréciant ses réussites et ses difficultés qu'il comprend les apprentissages à réaliser et l'utilité des situations proposées par l'enseignant.

L'engagement moteur et corporel

Une règle non négociable : chaque élève doit avoir un temps d'activité physique d'au moins la moitié de la durée de la leçon. Une leçon de 45 minutes doit donc comporter au minimum 22-23 minutes d'engagement moteur effectif par élève.

Pour atteindre ce ratio, l'enseignant veille à : minimiser les temps de déplacement et d'habillage, organiser les ateliers de manière à ce que tous les élèves soient en activité simultanément, prévoir les explications en amont (en classe avant la séance) plutôt que sur place, donner des consignes courtes.

Avant et après la leçon

L'enseignement de l'EPS ne se déroule pas seulement pendant la leçon. Le travail d'accompagnement en classe est indispensable :

  • Avant la leçon · lire et expliciter les règles, composer les équipes, lister le matériel nécessaire, répartir les tâches d'organisation.
  • Après la leçon · questionner les élèves (était-ce facile ou difficile ? y a-t-il eu des conflits ?), envisager des questions prospectives (que faudra-t-il améliorer la prochaine fois ?). C'est cette continuité qui fait de l'EPS un véritable moment d'apprentissage et pas seulement de mise en activité.
À retenir

L'emboîtement à mémoriser

Programmation (année) → Séquence (7 à 12 leçons sur une APSA) → Leçon (30 à 45 min).

Et une règle d'or : au moins 50 % de la leçon en engagement moteur effectif par élève. Le reste — explications, organisation, déplacements — ne peut excéder 50 %.

08 — Les trois cultures

Les trois cultures
de l'EPS

Toute APSA porte simultanément trois dimensions culturelles. Savoir les nommer et les mobiliser permet de répondre à la quasi-totalité des sujets « thème de la question » : c'est d'ailleurs sur ces trois cultures que les sujets s'organisent.

Les programmes et les ressources de référence distinguent trois domaines culturels que toute APSA porte simultanément, à des degrés variables selon l'activité. Identifier ces trois cultures dans une APSA donnée est un exercice classique du concours.

Culture 01 — La culture sportive

Définition
Culture sportive

Ensemble des règles, techniques, performances et références qui structurent une APSA en tant que sport organisé. Inclut la connaissance des athlètes, des records, des compétitions, des fédérations.

À l'école, la culture sportive permet aux élèves d'accéder à un patrimoine humain partagé. C'est cette dimension qu'on mobilise quand on évoque Usain Bolt sur le 100 m, Léon Marchand en natation, Marie-Amélie Le Fur en para-athlétisme, ou les Jeux de Paris 2024.

Cette culture donne du sens et de la motivation : pour beaucoup d'élèves, savoir qu'un record, une performance, un athlète existent rend la pratique scolaire plus signifiante.

Culture 02 — La culture corporelle

Définition
Culture corporelle

Dimension du rapport au corps que développe l'APSA. Comprend le ressenti, l'expressivité, la connaissance de soi, la gestion de l'effort, l'esthétique du geste.

L'EPS est la seule discipline scolaire qui s'adresse au corps dans ses dimensions motrices, expressives et relationnelles. C'est cette singularité qui en fait un terrain irremplaçable pour la formation. La culture corporelle est centrale en danse, en gymnastique, en arts du cirque, mais elle est présente partout : la course développe une connaissance du souffle, le combat travaille le rapport au contact corporel, la natation transforme l'image de soi.

Culture 03 — La culture citoyenne

Définition
Culture citoyenne

Dimension politique et sociale de l'APSA. Comprend les règles partagées, les rôles assumés (joueur, arbitre, juge, organisateur), les valeurs républicaines incarnées (égalité, respect, fair-play, inclusion), la coopération.

Les sujets sur les règles, l'auto-arbitrage, la mixité, l'inclusion, le respect relèvent quasi tous de la culture citoyenne. Le concours du CRPE accorde une place importante à cette dimension parce qu'elle est au cœur des missions du professeur des écoles : former des citoyens.

Les parcours éducatifs définis par l'institution traversent l'EPS : parcours citoyen, parcours éducatif de santé, parcours éducatif artistique et culturel, parcours Avenir, et label Génération 2030 (qui prolonge l'engagement post-Paris 2024).

L'articulation des trois cultures dans une APSA

Exemple — le handball à l'école

Culture sportive : connaissance de la fédération, des règles officielles, des grands joueurs. Culture corporelle : maîtrise de la passe, du dribble, du tir, perception de son corps en mouvement. Culture citoyenne : respect des règles, rôles d'arbitre et de coach, coopération, gestion du gain et de la perte.

Toute APSA bien enseignée mobilise les trois cultures. Quand le jury demande de caractériser une activité, structurer la réponse selon ces trois dimensions est une stratégie sûre.

À retenir

Reconnaître la culture du sujet

  • Sujet sur les règles, l'arbitrage, le vivre-ensemble, l'inclusion → culture citoyenne.
  • Sujet sur la technique, le ressenti, l'expression, la santé → culture corporelle.
  • Sujet sur les performances, les records, les athlètes, les fédérations → culture sportive.
09 — Sécurité

Sécurité
& cadre réglementaire

L'un des points les plus systématiquement creusés à l'entretien. Le jury veut entendre que la candidate connaît les obligations légales, sait identifier les activités à encadrement renforcé, et a intégré la sécurité comme une condition première de l'enseignement de l'EPS.

L'EPS est l'une des rares disciplines scolaires qui s'enseigne hors de la classe, dans des lieux variés (salle de motricité, gymnase, piscine, plein air), avec un matériel spécifique. Cette singularité génère des risques particuliers que l'institution encadre par un dispositif réglementaire dense. Le maîtriser n'est pas optionnel.

Trois niveaux de sécurité à articuler

L'enseignant doit garantir simultanément trois dimensions de la sécurité :

  • Sécurité physique — éviter les accidents corporels (chutes, chocs, noyades).
  • Sécurité affective — protéger l'estime de soi, prévenir l'humiliation, le rejet, la moquerie.
  • Sécurité émotionnelle — accompagner les peurs (de l'eau, du vide, du contact), proposer une progression par étapes maîtrisables.

Réduire la sécurité à sa seule dimension physique est une erreur classique. Le jury attend que ces trois plans soient nommés.

Activités interdites dans le cadre scolaire du premier degré

Texte de référence

Circulaire n°2017-116 du 6 octobre 2017 — Encadrement des activités physiques et sportives dans le premier degré.

Sont interdites en EPS au premier degré :

  • Baignade en milieu naturel non aménagé
  • Canyoning, rafting, nage en eau vive
  • Alpinisme, randonnée en haute montagne ou sur glacier
  • Escalade sur des voies de plusieurs longueurs, via ferrata
  • Spéléologie classes III et IV
  • Haltérophilie et musculation avec charges
  • Tir avec armes à feu, sports mécaniques et aériens

Citer cette liste n'est pas attendu — mais savoir qu'elle existe et que certaines activités sont interdites est attendu.

Activités à encadrement renforcé

Certaines activités, autorisées, exigent un encadrement spécifique : natation, ski, raquettes à neige, luge, escalade, randonnée en montagne, tir à l'arc, VTT et cyclisme sur route hors de l'école, sports équestres, spéléologie classes I et II, activités nautiques avec embarcation, activités subaquatiques.

Pour ces activités, les taux d'encadrement sont précisés selon le niveau scolaire (maternelle, élémentaire) et la nature de l'activité. La règle générale : plus l'activité est risquée et plus les enfants sont jeunes, plus l'encadrement est renforcé.

Le savoir-nager — un savoir fondamental

L'apprentissage de la natation est un enjeu de santé publique (plus de 400 décès d'enfants par noyade chaque année en France) et de démocratisation (accès aux activités nautiques). L'école est le seul lieu où tous les enfants peuvent y accéder, indépendamment de leur milieu social.

L'ASNS, présentée en section 06, est l'attestation de référence. Elle est validée prioritairement aux CM1, CM2 ou 6e. Sans elle, l'élève ne peut pas accéder aux activités nautiques avec embarcation dans le cadre scolaire.

Le savoir rouler à vélo (SRAV)

Définition
SRAV — Savoir Rouler à Vélo

Dispositif national permettant aux enfants de 6 à 11 ans d'acquérir une autonomie à vélo avant l'entrée au collège. Validation en trois étapes :

  • Savoir pédaler — acquérir un bon équilibre, apprendre à piloter (pédaler, tourner, freiner).
  • Savoir circuler — évoluer dans un milieu sécurisé (rouler en groupe, communiquer avant de changer de direction, découvrir le code de la route).
  • Savoir rouler à vélo — rouler en autonomie en situation réelle.

Le SRAV contribue à l'éducation à la sécurité routière mais aussi à l'autonomie de mobilité, et complète le savoir-nager comme deuxième savoir moteur fondamental à acquérir à l'école.

Les intervenants extérieurs

L'enseignant peut être assisté par des intervenants extérieurs (éducateurs sportifs, parents agréés, professionnels qualifiés). Ces intervenants doivent :

  • Avoir l'accord du directeur d'école et un projet pédagogique validé.
  • Voir leur honorabilité contrôlée (absence d'interdiction d'exercer auprès des mineurs).
  • Être qualifiés (carte professionnelle pour les pros, agrément pour les bénévoles).

Mais l'organisation la plus fréquente reste celle du professeur d'école qui enseigne seul, à toute sa classe, dans l'école ou ses environs immédiats. L'épreuve du CRPE doit donc s'imaginer dans ce cadre standard et non dans une configuration idéale avec experts de tous bords.

À retenir

Les trois textes-cadres à connaître

  • Programmes EPS · BO n°31 du 30/07/2020 — la finalité, les compétences, les champs.
  • ASNS · arrêté du 28/02/2022 — l'attestation savoir-nager en sécurité.
  • Encadrement APS premier degré · circulaire n°2017-116 du 6/10/2017 — les activités interdites et à encadrement renforcé.
10 — Enjeux

L'EPS
enjeux et contributions

L'EPS n'est pas une discipline isolée. Elle s'inscrit dans des enjeux sociétaux contemporains majeurs — sédentarité, santé publique, citoyenneté, inclusion — et contribue à plusieurs parcours éducatifs transversaux. Connaître ces enjeux donne de l'épaisseur à toute réponse.

Enjeu 01 — La lutte contre la sédentarité

L'activité physique a été décrétée grande cause nationale en 2024, à l'occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Le constat est sévère : 37 % des 6-10 ans n'atteignent pas les 180 minutes d'activité physique quotidienne recommandées par l'OMS. 73 % des jeunes passent plus de deux heures par jour devant un écran en posture passive — jusqu'à 3h30 pour la moitié d'entre eux.

L'école, par l'EPS et les 30 minutes d'activité physique quotidienne (30'APQ), est le dernier rempart pour de nombreux enfants. Le dispositif 30'APQ, médiatisé en 2024, vise à créer une habitude de vie active. Il complète l'EPS sans la remplacer — il est le minimum vital, l'EPS reste l'enseignement structuré.

Enjeu 02 — La santé publique

Les bénéfices de l'activité physique régulière sont scientifiquement établis :

  • Capacités cardio-respiratoires — premier indicateur de santé, prévention des affections cardio-vasculaires.
  • Force musculaire, capital osseux, souplesse — prévention des chutes, maintien de l'autonomie sur le long terme.
  • Bien-être psychologique — meilleur sommeil, réduction du stress, lien social.

L'EPS contribue au parcours éducatif de santé via le label « École promotrice de la santé » et la mise en place d'évaluations physiques en début de 6e (depuis 2025) sur l'endurance, la force musculaire et la vitesse.

Enjeu 03 — La formation citoyenne

L'EPS est l'un des terrains les plus efficaces pour faire vivre concrètement les valeurs républicaines. Pas dans le discours mais dans la pratique :

  • Égalité — filles et garçons participent aux mêmes activités, dans les mêmes conditions.
  • Liberté — encadrée par la règle commune que tous se sont approprié.
  • Fraternité — éprouvée concrètement par la coopération et le respect de l'adversaire.
  • Laïcité — neutralité de l'enseignant, refus des dispenses pour motifs religieux non médicalement fondés.

L'EPS contribue ainsi au parcours citoyen et donne sens à la charte de la laïcité de 2013 dans la pratique quotidienne.

Enjeu 04 — L'inclusion et la lutte contre les discriminations

L'EPS est paradoxalement la discipline la plus confrontée à l'hétérogénéité (capacités physiques, corpulences, handicaps, expériences sportives extrascolaires) et celle qui a le plus avancé sur la différenciation pédagogique. Quelques leviers à connaître :

  • Différenciation des formes — orales, sonores, visuelles, démonstration, guidage.
  • Adaptation des situations — distances, matériels, modes de déplacement, composition d'équipes.
  • Ajustement de l'intensité — nombre de répétitions, durée des phases, dimensions du terrain.
  • Parasports — volley-assis, basket-fauteuil, cécifoot, boccia, goalball — accessibles à tous, pas seulement aux élèves en situation de handicap.

L'EPS lutte aussi contre les stéréotypes de genre : certaines pratiques (boxe, rugby) sont historiquement masculinisées, d'autres (danse, gymnastique) féminisées. L'enseignant choisit ses activités et ses formes de travail en étant vigilant à ne pas reproduire ces stéréotypes.

Enjeu 05 — Les parcours éducatifs

L'EPS contribue à plusieurs parcours éducatifs transversaux définis par l'institution :

  • Parcours citoyen — par les rôles, les règles, l'arbitrage.
  • Parcours éducatif de santé — École promotrice de la santé.
  • Parcours éducatif artistique et culturel — École 100 % EAC, par les activités artistiques et la rencontre des œuvres.
  • Éducation à l'environnement et au développement durable — École E3D, par les activités de pleine nature et la réflexion sur les pratiques sportives.
  • Parcours Avenir — orientation professionnelle, par la rencontre des métiers du sport.
  • Label Génération 2030 — héritage des Jeux de Paris 2024, prolongé jusqu'aux Alpes 2030.
  • Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS) — par la relation au corps, aux contacts, à la mixité.
À retenir

Trois statistiques à mémoriser

  • 37 % des 6-10 ans n'atteignent pas les 180 min d'activité physique quotidienne recommandées par l'OMS.
  • 30 minutes d'activité physique quotidienne (30'APQ) — dispositif obligatoire dans toutes les écoles primaires depuis 2024.
  • 400+ décès d'enfants par noyade chaque année en France — d'où l'enjeu majeur du savoir-nager.
11 — Méthodologie

Méthodologie
de l'exposé EPS

Le contenu connu, la méthode pour le présenter au jury en huit minutes. Cette section s'appuie en grande partie sur le socle commun de l'oral présenté dans Vol. 01 — la méthode propre à l'EPS est une adaptation du cas général.

Pour les fondamentaux de l'art oratoire (voix, corps, regard, posture), tout ce qui est valable pour l'entretien de motivation l'est aussi pour le bloc EPS. On se reportera donc aux leviers de la voix, à l'ancrage corporel et au regard, à la posture professionnelle et à la structure AREL présentés dans Vol. 01.

La présente section propose une structure d'exposé spécifique à l'EPS, qui adapte la méthode en quatre temps et la méthode en cinq temps au format particulier du bloc 1.

Structure-type de l'exposé EPS en huit minutes

Cadre de l'exposé EPS

Une structure en quatre temps permet de tenir les 8 minutes sans s'éparpiller. Les durées indiquées sont des cibles — l'élasticité est faible, mais elle existe.

01~1 min

Introduire et annoncer le plan

→ Reformuler le sujet, choisir une APSA, annoncer la structure.

Une introduction nette qui pose les trois composantes du sujet (thème, APSA, question), justifie le choix de l'APSA spécifique (« je choisirai le handball car… »), et annonce le plan en deux ou trois parties. Pas plus d'une minute. Le jury doit savoir où va l'exposé avant le développement.

02~2-3 min

Définir et caractériser l'APSA

→ Mobiliser la grille règles / technique / tactique / scientifique.

Présenter l'APSA choisie de manière structurée : ses règles essentielles, les techniques en jeu, les éléments tactiques, les principes scientifiques sous-jacents. C'est le moment de prouver une connaissance fine. Inutile d'être exhaustif — précis et bien organisé.

Faire systématiquement le lien avec le champ d'apprentissage de l'APSA (« cette activité relève principalement du CA4 »).

03~3-4 min

Répondre à la question du sujet

→ Le cœur de l'exposé. Mobiliser les programmes, le développement de l'enfant, la pédagogie.

C'est ici que la candidate démontre sa compréhension professionnelle. Articuler : ce que disent les programmes, ce que vit l'enfant à cet âge, comment l'enseignant met en œuvre une situation pédagogique pour répondre au problème posé.

Mobiliser les cinq compétences générales, les 5 domaines du socle, les trois cultures, les notions de sécurité (physique, affective, émotionnelle) selon ce que demande le sujet.

04~1 min

Conclure en élargissant

→ Ouvrir, ne pas trancher.

Une conclusion en deux temps : un bilan en une phrase qui résume la position prise, puis une ouverture vers une question plus large (la formation citoyenne, le rapport au corps, la santé publique). Cette ouverture nourrit l'entretien qui suit.

Comme dans la méthode en cinq temps de Vol. 01, ne pas conclure trop fermement. Le jury cherche une candidate qui sait douter et reconnaître la complexité.

Les cinq écueils spécifiques à l'EPS

En complément des sept écueils généraux de Vol. 01, certaines erreurs sont propres au bloc EPS et particulièrement guettées par le jury.

  1. Confondre pratique et enseignement

    Parler de sa pratique sportive personnelle plutôt que de la conception pédagogique. Le jury n'est pas un club sportif.

  2. Ignorer la sécurité

    Présenter une situation pédagogique sans évoquer la sécurité physique, affective et émotionnelle. C'est le défaut le plus systématiquement creusé en entretien.

  3. Choisir une APSA hors liste académique

    Chaque académie publie une liste d'APSA susceptibles d'être tirées au sort. Sortir de cette liste est un risque inutile. Vérifier la liste de Lyon (puisque la candidate y prépare) avant les oraux.

  4. Donner un objectif d'apprentissage trop vague

    « Améliorer ses capacités physiques », « devenir meilleur en sport » ne sont pas des objectifs. Un bon objectif est mesurable, ancré dans une compétence générale et un champ d'apprentissage précis.

  5. Oublier de citer un texte officiel

    Au moins une référence au BO du 30/07/2020 ou à un autre cadre réglementaire est attendue dans l'exposé. Sans cela, l'ancrage institutionnel manque.

Préparer les huit minutes — les trois exercices essentiels

S'entraîner à l'oral EPS demande trois types d'exercice complémentaires :

  • Tirer un sujet au hasard et chronométrer 10+8 minutes — apprendre à tenir les contraintes temporelles. Sans chrono, impossible de calibrer.
  • S'enregistrer (audio puis vidéo) — repérer les défauts de débit, de mélodie, de regard, d'ancrage.
  • Faire un oral blanc devant un proche — idéalement un enseignant qui peut poser des questions d'entretien réalistes.

Ces exercices reprennent la phase orale de la préparation présentée dans Vol. 01.

À retenir

La structure-pivot de l'exposé EPS

Introduire (1 min) → Caractériser l'APSA (2-3 min) → Répondre à la question (3-4 min) → Conclure et élargir (1 min).

Et toujours, en arrière-plan, le corps ancré, la voix portée, le vocabulaire professionnel.

12 — Bibliographie

Bibliographie
& ressources

Les textes officiels et les ressources d'accompagnement à connaître pour le bloc EPS. Tous sont consultables en ligne. Une lecture de la finalité et des compétences générales du BO suffit pour les fondamentaux.

Pour la bibliographie générale sur la pédagogie, le tact pédagogique et les références théoriques (Meirieu, Perrenoud, Houssaye…), on se reportera à la bibliographie de Vol. 01.

Textes officiels — programmes EPS

Programme d'EPS du cycle 2 (cycle des apprentissages fondamentaux). BO n°31 du 30 juillet 2020. Document fondateur. À lire au moins une fois en entier. Disponible sur eduscol.education.fr.
Programme d'EPS du cycle 3 (cycle de consolidation). BO n°31 du 30 juillet 2020. Continuité du cycle 2, en lien avec la 6e.
Programme d'enseignement de l'école maternelle (cycle 1). Arrêtés des 2 juin 2021 et 22 octobre 2024. Définit les quatre domaines d'action moteurs équivalents aux quatre champs d'apprentissage.

Textes officiels — sécurité et apprentissages spécifiques

Arrêté du 28 février 2022 relatif à l'attestation du « savoir-nager » en sécurité. BO n°9 du 3 mars 2022. Définit l'ASNS et abroge l'ancien arrêté du 9 juillet 2015.
Note de service du 28 février 2022 sur la contribution de l'École à l'aisance aquatique. Précise les modalités d'organisation, taux d'encadrement, validation.
Circulaire n°2017-116 du 6 octobre 2017. Encadrement des activités physiques et sportives dans le premier degré. Liste des activités interdites et à encadrement renforcé.
Circulaire du 13 juin 2023. Organisation des sorties scolaires. Cadre des sorties éducatives, taux d'encadrement.
BOEN n°21 du 22 mai 2025. Mise en œuvre du Savoir Rouler à Vélo (SRAV).

Cadres généraux

Socle commun de connaissances, de compétences et de culture (S4C). Décret n°2015-372 du 31 mars 2015, BO n°17 du 23 avril 2015. Cadre national des cinq domaines auxquels l'EPS contribue.
Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation. Arrêté du 1er juillet 2013, BO n°30 du 25 juillet 2013. Les 19 compétences professionnelles à incarner.

Ressources d'accompagnement Eduscol

EPS cycle 2. eduscol.education.fr/169 — Fiches d'accompagnement par champ d'apprentissage : course de vitesse (CA1), roller (CA2), danse (CA3), jeux collectifs et lutte (CA4).
EPS cycle 3. eduscol.education.fr/259 — Ressources sur la construction de séquences, l'évaluation des compétences travaillées, le savoir-nager.
Savoir-nager en sécurité de la maternelle au lycée. eduscol.education.fr/3254 — Grille des observables, infographies, repères de progressivité.

Ouvrages de préparation au CRPE

Reibel, B., Serfaty, J-M. Évaluer en EPS, 50 fiches pour les cycles 3 et 4. Dossier EP&S n°87, Éditions EP&S, 2020. Fiches de situations d'évaluation très utilisées en formation.
Manuels de préparation au CRPE EPS publiés chez Nathan, Hachette Éducation, Vuibert, Dunod. À choisir selon les préférences personnelles — privilégier les éditions postérieures à 2024 pour la conformité avec le format 2026.

Pour la culture sportive

Sites des fédérations françaises (handball, athlétisme, natation…) pour les règles, les performances de référence, l'histoire des disciplines.
Comité national olympique et sportif français (CNOSF) — cnosf.franceolympique.com — culture olympique et paralympique.
BOEN n°33 du 4 septembre 2025. Place de l'activité physique et du sport à l'école — programme Génération 2030, héritage des Jeux de Paris 2024.
Vol. 03 · Motivation & Valeurs République V1 · Mai 2026
Vol. 03 · Bloc 2 de l'oral

Motivation, valeurs
& projection métier

Le manuel pour les trente-cinq minutes du bloc 2. La présentation du parcours, les valeurs de la République et la laïcité, le service public, la transition écologique, l'épanouissement de l'élève — et la méthode pour incarner ces valeurs devant le jury, pas seulement les réciter.

01 — Architecture

Architecture
du bloc 2

Le bloc 2 dure 35 minutes, pour 22 % de la note finale d'admission. C'est le bloc le plus long de l'oral, et celui qui pèse le plus lourd : c'est ici que la candidate démontre sa capacité à devenir collègue, c'est-à-dire à incarner les valeurs et la posture du service public d'éducation.

Pour un rappel sur l'architecture complète des deux blocs (EPS + Entretien) qui composent l'oral d'admission, on se reportera à l'architecture générale présentée dans Vol. 01. Le présent volume se concentre sur le bloc 2 : l'entretien de motivation.

Le déroulé en trois temps

5 min
Présentation du parcours
La candidate présente, sans être interrompue, les éléments de son parcours et des expériences qui l'ont conduite à se présenter au concours. Elle valorise les enseignements suivis, les stages, l'engagement associatif, les périodes de formation à l'étranger ou les travaux de recherche. Cinq minutes maximum — au-delà, le jury coupe.
10 min
Échange sur la motivation
Le jury rebondit sur la présentation et pose des questions sur les motivations personnelles et le parcours. Cet échange est encore amical, exploratoire — il sert à mieux connaître la candidate avant la phase d'évaluation pure.
20 min
Entretien sur deux questionnements
Le jury propose deux questionnements (avec mise(s) en situation), l'un porte obligatoirement sur les valeurs de la République dont la laïcité, l'autre sur la projection dans le métier (service public/déontologie, transition écologique, ou épanouissement de l'élève). C'est le cœur évaluatif du bloc.
Cadre légal

Format défini par les arrêtés du 17 avril 2025 (Journal officiel n°0094 du 19 avril 2025), pour les concours externes bac+3 à partir de la session 2026. Le bloc 2 constitue la seconde partie de la deuxième épreuve d'admission. Notation sur 10 points, avec note 0 éliminatoire pour cette partie.

Ce que le jury évalue — les attendus officiels

D'après les attendus publiés sur devenirenseignant.gouv.fr, le jury évalue la capacité de la candidate à :

  • S'approprier et partager les valeurs de la République, dont la laïcité, et les exigences du service public d'éducation
  • Transmettre et incarner les droits et obligations du fonctionnaire (neutralité, lutte contre les discriminations et stéréotypes, promotion de l'égalité notamment entre filles et garçons)
  • Comprendre les grands enjeux liés à la transition écologique
  • Appréhender l'épanouissement de l'élève dans toutes ses dimensions

L'épreuve teste la posture professionnelle autant que la connaissance. Le jury cherche à savoir si, demain, la candidate sera capable de tenir une classe en faisant vivre concrètement les valeurs républicaines — pas seulement de les réciter.

À retenir

L'erreur fondamentale à éviter

Confondre connaissance et incarnation des valeurs. Le jury n'attend pas que la candidate récite la Charte de la laïcité, qu'elle date la loi de 1905 ou qu'elle énumère les articles du code de l'éducation. Il attend qu'elle raisonne en professionnelle face à une situation concrète, et qu'elle articule cadre légal, posture éducative et action pédagogique.

02 — Présentation

Les quinze premières minutes
présentation et parcours

Avant d'aborder les questionnements, la candidate dispose de 15 minutes pour se présenter et échanger avec le jury sur son parcours. Ce moment est plus stratégique qu'il n'y paraît : c'est la fondation sur laquelle le jury construira son évaluation des 20 minutes suivantes.

La présentation de 5 minutes

Cinq minutes, c'est environ 650 mots de parole bien rythmée. Pas plus. Cette présentation est l'unique moment de l'oral où la candidate parle seule sans interruption. Il faut donc l'avoir préparée, structurée, répétée — sans jamais la réciter par cœur.

Le jury attend trois choses dans cette présentation, qui sont les trois questions implicites auxquelles il faut répondre :

  • Qui suis-je ? — un fil conducteur de parcours, pas un CV chronologique.
  • Pourquoi le métier de professeur des écoles ? — une motivation incarnée, argumentée, sincère.
  • En quoi mon parcours m'y prépare ? — les compétences transférables et la projection.

Structure-type de la présentation

01~30 s

Une accroche personnelle

→ Capter l'attention du jury avec un élément concret.

Une expérience marquante, une rencontre déterminante, un moment fondateur. Pas une généralité (« j'ai toujours aimé les enfants ») mais un détail précis qui ancre la candidature dans une histoire vraie.

02~1 min 30

Le parcours essentiel

→ Mettre en évidence le fil conducteur, pas la chronologie.

Études, expériences professionnelles, engagements. Trois ou quatre étapes maximum, choisies pour leur pertinence par rapport au métier visé. À chaque étape, expliciter ce qu'elle a apporté en termes de compétences ou de prise de conscience.

03~1 min

Le déclic et la décision

→ Articuler ce qui a transformé un intérêt en projet.

Ce qui a fait basculer la candidate du « j'aimerais bien » vers le « je m'inscris au CRPE ». Ce moment est décisif pour la sincérité : il rend le projet crédible.

04~1 min 30

La vision du métier

→ Démontrer la lucidité sur les réalités professionnelles.

Polyvalence disciplinaire, hétérogénéité des élèves, relation aux familles, place dans une équipe pédagogique, mission de service public, valeurs républicaines à transmettre. Le jury veut entendre que la candidate sait dans quoi elle s'engage.

05~30 s

L'ouverture finale

→ Inviter l'échange, ne pas conclure trop fermement.

Une phrase qui ouvre vers le dialogue. Pas un point final mais une virgule — le jury va prendre la parole, autant lui faciliter la transition.

L'échange de 10 minutes

Le jury rebondit sur la présentation. Les questions à anticiper :

  • Approfondissement d'un point — « Vous avez parlé de votre stage en école maternelle, qu'avez-vous appris ? »
  • Questionnement sur la motivation — « Pourquoi maintenant ? Pourquoi ce concours et pas un autre métier en lien avec l'enfance ? »
  • Vision du métier — « Qu'est-ce qui vous semble le plus difficile dans le métier ? »
  • Projection — « Comment vous voyez-vous dans cinq ans ? »

Les écueils spécifiques de la présentation

  1. Réciter un CV

    Énumérer les diplômes et expériences sans articulation. Le jury a déjà la fiche de candidature transmise via Cyclades — il sait ce qu'il y a sur le papier. La présentation doit raconter, pas lister.

  2. Tomber dans le pathos

    Un récit trop chargé émotionnellement (« j'ai toujours rêvé… », « c'est ma vocation depuis l'enfance ») sonne faux et peut paraître manipulateur. La sincérité passe par le concret, pas par l'emphase.

  3. Survaloriser ses expériences

    Présenter trois mois d'animation comme une expertise. Le jury distingue immédiatement ce qui est exact de ce qui est gonflé. Mieux vaut sous-vendre et nuancer que l'inverse.

  4. Ne pas mentionner la République

    Une présentation qui ignore complètement la dimension service public et valeurs républicaines passe à côté du concours. Glisser dès la présentation une phrase qui montre que la candidate sait s'engager dans une mission, pas seulement dans un métier.

  5. Dépasser le temps imparti

    Un passage à 6 ou 7 minutes pénalise mécaniquement. Le jury aura noté le débordement. S'entraîner avec un chrono — toujours.

Pour les fondamentaux d'expression orale (voix, corps, regard, posture), se reporter aux leviers de la voix, à l'ancrage corporel et au regard et à la posture professionnelle présentés dans Vol. 01.

À retenir

Une présentation qui marque

  • Un fil conducteur, pas une chronologie
  • Trois ou quatre étapes précises, jamais plus
  • Une vision lucide du métier et de ses exigences
  • Cinq minutes chronométrées à l'entraînement
03 — Les valeurs

Liberté, Égalité, Fraternité
les trois valeurs

Trois mots gravés au fronton des écoles. Trois valeurs qui structurent toute la République et que l'école a pour mission explicite de transmettre. Bien les comprendre, c'est pouvoir traiter solidement la moitié des sujets du bloc 2.

Le cadre fondateur

La République française repose sur un ensemble de valeurs (Liberté, Égalité, Fraternité) et de principes (laïcité, démocratie, indivisibilité, caractère social). Les premières définissent ce que la République veut être, les seconds définissent comment elle s'organise. La distinction n'est pas anodine : un sujet sur la laïcité n'est pas un sujet sur la liberté, et inversement.

Selon Condorcet (1792), l'instruction publique doit permettre à chacun de « développer sa raison » afin de devenir citoyen libre. L'École républicaine porte donc un projet émancipateur : former un individu autonome, capable de jugement moral et politique, de participation démocratique et de respect du cadre commun.

La liberté

Définition
La liberté

Possibilité pour chacun d'agir, de s'exprimer et de penser selon sa conscience, dans le respect de la loi et du droit d'autrui. La liberté ne signifie pas absence de règles : la liberté individuelle s'exerce dans un cadre collectif qui la garantit et la protège.

La liberté est la première des valeurs républicaines, parce qu'elle constitue la condition de l'autonomie de chaque individu. Elle se construit à la croisée de plusieurs traditions intellectuelles :

  • Rousseau, Du contrat social (1762) — la liberté comme autonomie collective : « obéir à la loi qu'on s'est prescrite ».
  • Montesquieu, De l'esprit des lois (1748) — la séparation des pouvoirs comme garantie des libertés.
  • Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785) — l'autonomie de la raison et la dignité de la personne.
  • Voltaire — la tolérance, la liberté de pensée et de critique.
  • La Révolution française, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 — « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».

La liberté regroupe plusieurs dimensions :

  • Libertés individuelles — liberté d'expression, liberté de conscience, liberté de circulation, protection de la vie privée, liberté de penser, de s'informer, de débattre.
  • Libertés collectives — liberté syndicale, liberté d'association, liberté de réunion, liberté de presse.
À l'école — la liberté en pratique

La liberté d'expression des élèves est encadrée et adaptée à leur âge : ils peuvent exprimer leurs opinions, dans un cadre respectueux et non discriminant. L'éducation à l'esprit critique — notamment dans l'apprentissage des médias et de l'information (EMI) — préserve les élèves de la désinformation. La liberté de conscience est garantie par la laïcité : chaque élève peut croire ou ne pas croire sans subir de pression ni de prosélytisme.

L'enseignant est le garant de la liberté de chacun, tout en veillant à ce qu'elle ne limite jamais celle des autres. Son rôle est de garantir un espace sécurisant où chacun peut s'exprimer, d'assurer une parole neutre et mesurée, de permettre l'expression des élèves tout en recadrant immédiatement les propos discriminatoires. Il exerce une autorité éducative : une liberté bien comprise nécessite un cadre structurant.

L'égalité

Définition
L'égalité

Reconnaître les mêmes droits et les mêmes devoirs à tous les citoyens, indépendamment de leurs origines, de leur sexe, de leurs croyances, de leur orientation sexuelle, de leur situation sociale ou de leurs capacités.

L'égalité est au cœur du projet républicain depuis 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (DDHC, article 1). Au XIXe siècle, la IIIe République consolide l'égalité civile et politique, puis l'égalité d'accès aux savoirs avec les lois Ferry de 1881-1882 (gratuité, obligation scolaire, laïcité de l'enseignement primaire public).

L'égalité est à la fois un principe juridique (mêmes droits et devoirs) et un objectif politique (réduire les inégalités sociales et scolaires). À l'école, elle prend trois formes :

  • L'égalité d'accès à l'éducation, garantie par la gratuité de l'école publique.
  • L'égalité de traitement — les règles s'appliquent de la même manière à tous.
  • L'égalité des chances — adapter les pratiques pour que chacun puisse progresser selon ses besoins.
L'égalité des chances en pratique

Différenciation pédagogique, inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers, dispositifs comme le PPRE (programme personnalisé de réussite éducative), les PAI (projets d'accueil individualisés), l'accompagnement par les AESH. L'école joue aussi un rôle majeur dans la lutte contre les inégalités sociales, notamment via la politique d'éducation prioritaire (REP/REP+), l'ouverture culturelle, l'accès à la lecture, et le travail explicite sur le langage oral, clé de la réussite.

L'égalité n'est pas l'uniformité : elle implique que l'enseignant ajuste ses pratiques pour que chaque élève puisse apprendre dans les meilleures conditions. Cela inclut la lutte contre les stéréotypes de genre (notamment entre filles et garçons), la lutte contre les discriminations (handicap, origine, orientation sexuelle), et la compensation des déterminismes sociaux.

La fraternité

Définition
La fraternité

Souvent moins comprise que les deux autres valeurs, la fraternité est pourtant essentielle pour garantir la cohésion sociale. Elle renvoie à l'entraide, la solidarité, la coopération et la considération de chacun comme membre d'une même communauté humaine.

La fraternité est héritée du christianisme social, de la philosophie humaniste et du socialisme utopique. Elle apparaît officiellement comme valeur républicaine en 1848 (IIe République). Bien qu'abstraite, elle a acquis une dimension juridique marquante : le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 6 juillet 2018, a reconnu un « principe constitutionnel de fraternité » — ce qui en fait désormais une norme juridique opposable, et non plus un simple idéal moral.

La fraternité revêt plusieurs dimensions concrètes : respect mutuel, empathie, entraide, solidarité, refus de la violence et de la stigmatisation, engagement citoyen.

La fraternité à l'école

Promotion d'un climat scolaire apaisé fondé sur le respect et la bienveillance. Développement du travail coopératif (tutorat entre élèves, projets communs, productions collectives). Lutte contre le harcèlement (incompatible avec la fraternité). Mise en place de rituels ou de moments favorisant l'entraide, l'écoute et l'empathie.

La fraternité contribue à apprendre aux élèves que la réussite est collective autant qu'individuelle. C'est elle qui transforme une classe en groupe — et un groupe en communauté éducative.

À retenir

Les trois valeurs en mots-clés

  • Liberté — DDHC 1789, art. 4 : « pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Cadre + autonomie.
  • Égalité — droits et devoirs identiques + égalité des chances. Lois Ferry 1881-1882.
  • Fraternité — principe constitutionnel depuis 6 juillet 2018. Solidarité + cohésion.
04 — La laïcité

La laïcité
cadre, fondements, charte

Le sujet le plus systématiquement traité du bloc 2. Une question sur la laïcité tombe quasiment à chaque session. Elle est aussi celle qui mobilise le plus de textes, le plus de précautions, et le plus de risques de glissements vers les positions militantes ou approximatives. Solidité requise.

Définition

Définition fondamentale
La laïcité

Principe constitutionnel qui garantit la neutralité de l'État et la liberté de conscience de chaque citoyen. Elle refuse toute domination d'une religion sur la société et protège la possibilité de croire ou de ne pas croire.

Les trois fondements de la laïcité

1

La liberté de conscience

— DDHC 1789, art. 10

Chacun a le droit de croire ou de ne pas croire, de changer de religion ou de n'en avoir aucune. Cette liberté inclut la liberté de pratiquer sa religion dans les limites de l'ordre public.

2

La neutralité de l'État

— ni reconnaissance ni rejet

L'État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Aucune religion n'est privilégiée. Les institutions publiques sont neutres. Les agents publics doivent l'être également dans l'exercice de leurs fonctions.

3

La séparation des Églises et de l'État

— Loi du 9 décembre 1905

La religion relève de la sphère privée. La loi de 1905 a établi cette séparation, qui constitue le pilier juridique de la laïcité française. La séparation a été précédée par les lois fondatrices de l'école laïque : loi Ferry du 28 mars 1882 (instruction primaire obligatoire et laïque) et loi Goblet du 30 octobre 1886 (laïcité du personnel enseignant).

Distinctions essentielles à maîtriser

Trois confusions fréquentes entraînent des réponses erronées au jury. Les éviter est décisif.

  1. Laïcité ≠ lutte contre les religions

    La laïcité garantit la liberté religieuse, en tant qu'elle respecte la loi. Elle n'est pas une idéologie anti-religieuse. Présenter la laïcité comme un combat contre la religion est une erreur de compréhension fondamentale qui sera sanctionnée par le jury.

  2. Neutralité ≠ invisibilisation des religions

    Les agents publics doivent être neutres — ils ne portent pas de signes religieux dans l'exercice de leurs fonctions. Mais les élèves peuvent connaître les religions à travers les enseignements laïques (histoire, EMC, arts). Étudier le fait religieux n'est pas faire du prosélytisme : c'est former des citoyens éclairés.

  3. Laïcité ≠ interdiction des signes culturels

    Seuls les signes religieux ostensibles sont interdits aux élèves dans le cadre de l'école publique (loi du 15 mars 2004). Les signes culturels (tresses, vêtements traditionnels non religieux) sont autorisés. La distinction entre le religieux et le culturel doit être claire dans la réponse au jury.

Le cadre juridique — les textes à connaître

Textes fondateurs de la laïcité scolaire

Loi du 28 mars 1882 (loi Ferry) — instruction primaire obligatoire, gratuite et laïque. Suppression de l'enseignement religieux dans les écoles publiques.
Loi du 30 octobre 1886 (loi Goblet) — laïcité du personnel enseignant : enseignement exclusivement confié à un personnel laïque.
Loi du 9 décembre 1905 — séparation des Églises et de l'État. Pilier juridique de la laïcité.
Préambule de la Constitution de 1946, alinéa 13 — « L'organisation de l'enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État. »
Constitution du 4 octobre 1958, article 1er — « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »

Textes spécifiques à l'école contemporaine

Loi du 15 mars 2004, codifiée à l'article L. 141-5-1 du Code de l'éducation — interdiction du port de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse pour les élèves des écoles, collèges et lycées publics.
Charte de la laïcité à l'École, 9 septembre 2013 — adoptée sous le ministère de Vincent Peillon. 15 articles. Affichée de manière visible dans toutes les écoles publiques.
Loi du 26 juillet 2019 dite « pour une école de la confiance », article 10 — protection renforcée de la liberté de conscience des élèves contre les pressions et tentatives d'endoctrinement.

La Charte de la laïcité à l'école — les 15 articles

Texte de référence

Charte adoptée le 9 septembre 2013 à La Ferté-sous-Jouarre par le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon. Elle a été élaborée dans le cadre des travaux de l'Observatoire de la laïcité. Son ouverture solennelle : « La Nation confie à l'École la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République. La République est laïque. L'École est laïque. »

Les 15 articles s'organisent en deux grandes parties :

  • Articles 1 à 5 — La République est laïque. Cadre constitutionnel général : indivisibilité, laïcité de l'État, liberté de conscience, citoyenneté, respect des principes.
  • Articles 6 à 15 — L'École est laïque. Application concrète : les élèves apprennent à forger leur personnalité, l'école est protégée du prosélytisme, les enseignements sont laïques, les personnels sont neutres, les signes religieux ostensibles sont interdits, les élèves contribuent à faire vivre la laïcité.

Trois articles particulièrement utiles à connaître pour le jury :

  • Article 1 — « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »
  • Article 13 — « Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l'École de la République. »
  • Article 14 — Le port de signes ostensibles est interdit aux élèves.

La laïcité côté enseignant — la neutralité

L'enseignant est soumis à un devoir strict de neutralité. Cela signifie concrètement :

  • Aucun signe religieux apparent dans l'exercice des fonctions.
  • Aucune expression d'opinions politiques ou religieuses dans la classe.
  • Pas de prosélytisme, ni positif (promouvoir une religion) ni négatif (la dénigrer).
  • Traitement identique de tous les élèves quelles que soient leurs croyances.

Ce devoir s'étend aussi aux abords immédiats de l'école et pendant toute activité liée à l'enseignement (loi du 26 juillet 2019, article 10).

La laïcité côté élève — quatre points fondamentaux

  • Liberté de conscience — l'élève peut croire ou ne pas croire (loi de 2004 ne l'interdit pas, elle interdit l'affichage ostensible).
  • Pas de prosélytisme — l'élève ne peut pas chercher à convertir d'autres élèves.
  • Pas de refus d'enseignement pour motif religieux — article 13 de la Charte.
  • Pas de signes religieux ostensibles — loi du 15 mars 2004.

Le pourquoi pédagogique de la laïcité

La laïcité, ce n'est pas seulement un cadre juridique — c'est aussi un projet pédagogique. Elle est essentielle à l'école pour quatre raisons :

  • Garantir un climat serein et protecteur — l'école comme lieu où chacun se sent en sécurité, sans pression religieuse.
  • Assurer l'égalité de traitement — tous les élèves bénéficient des mêmes droits, quelles que soient leurs croyances.
  • Permettre l'apprentissage des savoirs — l'enseignement repose sur les connaissances scientifiques, non sur les opinions religieuses.
  • Former l'esprit critique — développer la rationalité, la culture commune et la liberté de pensée.
À retenir

La laïcité en quatre dates et trois principes

  • 1882 (Ferry) → 1886 (Goblet) → 1905 (Séparation) → 2013 (Charte) — la lignée historique.
  • Liberté de conscience + Neutralité de l'État + Séparation Églises-État — les trois piliers.
  • Loi de 2004 — interdiction des signes religieux ostensibles aux élèves.
05 — Les principes

Les principes
constitutionnels

Au-delà des trois valeurs et de la laïcité, la République repose sur trois autres principes constitutionnels qu'il faut savoir nommer et expliciter. Ils sont les piliers de l'organisation institutionnelle qui rend possibles les valeurs.

Texte de référence

Constitution du 4 octobre 1958, article 1er : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

L'indivisibilité de la République

Définition
L'indivisibilité

La loi est la même partout sur le territoire et pour tous. Aucune distinction ne peut être faite selon les origines ou les appartenances communautaires. Une seule République, un seul peuple, une seule loi.

L'école participe à la construction d'une culture commune. Ce principe se traduit concrètement par :

  • L'existence d'un programme national commun à tous les élèves de France.
  • L'application uniforme des règles et des obligations scolaires.
  • La reconnaissance de la langue française comme langue de l'enseignement.

L'indivisibilité explique pourquoi l'école ne peut pas accepter qu'un groupe particulier réclame un traitement différencié pour des raisons culturelles ou religieuses : ce serait briser l'unité du service public.

Le caractère démocratique

Définition
Le caractère démocratique

La République est démocratique parce que le peuple participe à l'exercice du pouvoir, notamment par l'élection de ses représentants, le débat public et le pluralisme des opinions.

L'école prépare les futurs citoyens à cet exercice. Elle le fait par :

  • La participation aux conseils d'élèves ou d'école, où les enfants apprennent à délibérer collectivement.
  • L'apprentissage du débat argumenté, du respect des opinions et des règles du dialogue.
  • La prise de responsabilité par des projets de coopération, des fonctions d'écodélégué, des rôles dans la classe.

L'enseignant aide les élèves à comprendre que la démocratie repose sur trois exigences : le respect de la loi, la liberté d'opinion, le débat éclairé. Une démocratie n'est pas le règne de la majorité brute — c'est le règne de la délibération encadrée par le droit.

Le caractère social

Définition
Le caractère social

La République garantit la solidarité. Elle vise à réduire les inégalités en assurant l'accès à des services publics fondamentaux : santé, protection sociale, et bien sûr éducation.

À l'école, ce principe se traduit par :

  • La gratuité de l'enseignement public.
  • La mise à disposition de dispositifs d'aide : RASED (Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté), accompagnement par les AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap), PPRE (programme personnalisé de réussite éducative).
  • Le rôle de l'école comme lieu protecteur, refuge contre les violences sociales, familiales ou discriminatoires.

Le caractère social donne tout son sens à la mission de service public de l'enseignant. Le professeur des écoles n'est pas un prestataire de services pédagogiques : il est un agent de l'État chargé de garantir à chaque enfant l'accès aux savoirs et à l'émancipation, indépendamment de sa condition de naissance.

À retenir

Article 1 de la Constitution — quatre adjectifs

La République française est indivisible (une seule loi pour tous), laïque (neutralité religieuse), démocratique (participation citoyenne) et sociale (solidarité par les services publics).

Connaître cette phrase et savoir l'expliquer en deux minutes est un minimum syndical pour le bloc 2.

06 — Transmission

Comment l'école
transmet les valeurs

La transmission des valeurs de la République est une mission explicite de l'École. Elle s'effectue par trois canaux complémentaires : les enseignements eux-mêmes, la vie quotidienne de la classe, et les projets éducatifs et citoyens. Comprendre ces trois canaux permet de répondre à toute question sur « comment ferez-vous vivre les valeurs ? ».

Premier canal — par les enseignements

L'EMC (Enseignement moral et civique) est le cadre premier de cette transmission. Il s'organise autour de quatre dimensions :

  • La sensibilité — empathie, gestion des émotions, reconnaissance des autres.
  • La règle et le droit — sens des normes, justice, loi.
  • Le jugement — argumentation, esprit critique, capacité à se positionner.
  • L'engagement — participation, responsabilité, action collective.

Mais l'EMC n'est pas seul. Toutes les disciplines contribuent à la transmission des valeurs :

  • Histoire — République, démocratie, droits de l'homme, formation des citoyens.
  • Géographie — territoire, citoyenneté, vivre-ensemble.
  • Français — débat, argumentation, respect de la parole d'autrui.
  • Arts — ouverture culturelle, sensibilité esthétique, dialogue avec le patrimoine.
  • EPS — respect des règles, coopération, fair-play (voir les trois cultures de l'EPS dans Vol. 02).

Le professeur des écoles, par sa polyvalence, est particulièrement bien placé pour articuler ces enseignements et faire vivre les valeurs de manière transversale.

Deuxième canal — par la vie de classe

L'école transmet autant par ce qu'elle enseigne que par ce qu'elle fait vivre dans son fonctionnement quotidien. Trois leviers :

  • L'élaboration et l'explicitation d'un règlement de classe, idéalement coconstruit avec les élèves. C'est le premier exercice de démocratie scolaire.
  • La gestion des conflits par des démarches éducatives : médiation, dialogue, justice restaurative. Pas de sanction expéditive mais un travail sur le sens.
  • La responsabilisation des élèves par des « métiers de la classe », des projets collectifs, des temps de parole organisés.

La manière dont l'enseignant parle, écoute, sanctionne et organise les relations contribue directement à la transmission. L'exemplarité est ici décisive : un enseignant ne peut pas exiger de respect s'il n'en montre pas, ne peut pas demander de l'écoute s'il interrompt, ne peut pas former à l'argumentation s'il tranche autoritairement.

Troisième canal — par les projets éducatifs et citoyens

Au-delà du quotidien, des projets explicites donnent corps aux valeurs républicaines. Quelques exemples concrets :

  • Journée de la laïcité — 9 décembre, anniversaire de la loi de 1905.
  • Campagnes « Non au harcèlement » — programme pHARe.
  • Rencontres sportives, projets interdisciplinaires, projets artistiques — coopération, ouverture culturelle.
  • Concours citoyens — Concours national de la Résistance et de la Déportation (en cycle 3 vers l'aval), prix littéraires, etc.
  • Jardin pédagogique — coopération, transition écologique, lien avec la nature.
  • Semaine de la presse et des médias — esprit critique, éducation aux médias et à l'information.
  • Participation à la vie de l'école ou de la commune — conseil d'école, élections d'écodélégués.
  • Actions solidaires — collectes, projets intergénérationnels, parrainages.

Les élèves apprennent en agissant, en coopérant, en produisant ensemble : c'est ainsi que la fraternité et la démocratie deviennent réellement tangibles, et non plus abstraites.

Le rôle particulier du PE — la polyvalence comme atout

Le référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat (arrêté du 1er juillet 2013) fait de la polyvalence du professeur des écoles un atout professionnel : il peut articuler les divers enseignements entre eux et profiter de sa polyvalence pour construire les apprentissages fondamentaux.

Concrètement, la polyvalence permet par exemple :

  • De faire d'une séance d'EMC sur la liberté un débat en français qui sert ensuite de support à une production écrite.
  • De faire d'une sortie scolaire à un lieu de mémoire un travail d'histoire, de français et de EMC simultanément.
  • D'utiliser un jeu collectif en EPS pour travailler le respect des règles, donc la dimension citoyenne.
À retenir

Trois canaux à mobiliser dans toute réponse

Enseignements (EMC + autres disciplines) → Vie de classe (règlement, conflits, responsabilités) → Projets éducatifs (journée laïcité, harcèlement, citoyens, écologiques).

Quand le jury demande « comment transmettrez-vous les valeurs ? », articuler ces trois canaux est la structure de réponse la plus solide.

07 — Situations pratiques

Situations pratiques
cas typiques

Le jury aime tester la posture professionnelle à travers des situations concrètes. Voici les cas les plus fréquents, avec une grille de réponse en quatre temps qui permet de traiter n'importe quelle mise en situation sans paniquer.

Méthode — analyser une situation en quatre temps

Pour répondre solidement à une mise en situation, on s'appuie sur la méthode en cinq temps de Vol. 01, adaptée ici en une variante plus courte et plus orientée action.

01Identifier

Identifier les valeurs et principes en jeu

→ Nommer ce qui est en cause sur le plan juridique et éthique.

S'agit-il de laïcité ? D'égalité ? De liberté de conscience ? De service public ? Plusieurs valeurs peuvent être en tension. Le jury attend qu'on les nomme.

02Mobiliser

Mobiliser le cadre légal

→ Citer le ou les textes pertinents.

Charte de la laïcité, loi de 2004, code de l'éducation, programmes. La candidate n'a pas à connaître les articles par cœur, mais doit pouvoir s'y référer (« la loi du 15 mars 2004 prévoit que… »).

03Agir

Décrire l'action concrète

→ Que fait-on, dans l'instant, dans la classe ?

L'attitude immédiate, les paroles à dire, le ton à adopter. On ne reste pas dans l'abstrait : on raconte une scène vraisemblable.

04Articuler

Articuler avec l'équipe et les familles

→ L'enseignant n'est jamais seul.

Direction, équipe enseignante, familles, IEN, équipe académique « Valeurs de la République » si nécessaire. Mentionner les ressources et les escalades possibles montre une posture professionnelle mature.

Cas 1 — Un parent porte un signe religieux lors d'une sortie scolaire

Valeurs en jeu · laïcité, neutralité du service public, distinction agent / usager.

Cadre légal · les parents accompagnateurs ne sont pas soumis à la même obligation de neutralité que les enseignants — ils sont des usagers du service public, pas des agents. Leur rôle est ponctuel et bénévole.

Action · leur présence est en principe possible. L'école peut leur demander de s'abstenir de tout prosélytisme. Une exclusion du parent n'est possible que s'il y a trouble à l'ordre public ou comportement prosélyte avéré.

Articulation · cadrage clair en amont par le directeur de l'école dans la communication aux familles, vigilance pendant la sortie.

Cas 2 — Un élève refuse une activité pour motif religieux (natation, mixité, sortie culturelle)

Valeurs en jeu · indivisibilité de l'École, égalité de traitement, laïcité, intérêt de l'enfant.

Cadre légal · article 13 de la Charte de la laïcité — « Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l'École de la République. » Les activités obligatoires (EPS, piscine, sorties au programme) doivent être suivies.

Action · rappeler la règle calmement, sans tension, à l'élève d'abord. Proposer un dialogue avec la famille. Expliquer le sens de l'activité (pédagogique, citoyen, sécuritaire pour la natation). Ne pas céder sur le principe, mais chercher à comprendre.

Articulation · échange avec le directeur si le refus persiste, courrier officiel à la famille, escalade vers l'IEN si nécessaire.

Cas 3 — Un élève manifeste des propos religieux en classe

Valeurs en jeu · liberté de conscience (à respecter), neutralité de l'enseignement, refus du prosélytisme.

Cadre légal · les convictions peuvent être exprimées, mais pas imposées. Le rôle de l'enseignant est d'éviter le prosélytisme tout en respectant la liberté de conscience.

Action · rappeler que l'école s'appuie sur des savoirs scientifiques et rationnels, sans dévaloriser la croyance personnelle de l'élève. Distinguer ce qui relève de la sphère privée (croyance) de ce qui relève de la classe (savoir partagé).

Articulation · si le comportement persiste ou fait pression sur d'autres élèves, dialogue avec la famille, équipe pédagogique, et possiblement équipe académique « Valeurs de la République ».

Cas 4 — Un collègue exprime ouvertement ses convictions religieuses ou politiques

Valeurs en jeu · neutralité du service public, devoir de réserve, collégialité.

Cadre légal · l'obligation de neutralité s'applique à tous les agents publics dans l'exercice de leurs fonctions.

Action · dialogue privé d'abord, sans confrontation publique. Rappel de l'obligation de neutralité.

Articulation · si la situation persiste ou implique les élèves, remontée à la hiérarchie (directeur, IEN). Ce n'est pas une délation : c'est une protection du service public et des élèves.

Cas 5 — Une école maternelle n'affiche pas la Charte de la laïcité

Valeurs en jeu · obligation institutionnelle, devoir de transmission, accessibilité pour tous publics.

Cadre légal · la circulaire du 6 septembre 2013 prévoit l'affichage obligatoire de la Charte dans toutes les écoles publiques, sans distinction de niveau. L'argument selon lequel les élèves de maternelle seraient « trop jeunes » est invalide : l'affichage s'adresse aussi aux familles, aux personnels, aux intervenants.

Action · rappeler l'obligation au directeur, qui peut faire installer l'affiche disponible auprès des CRDP. Le contenu peut être adapté aux élèves par des supports illustrés (la Charte de la laïcité expliquée aux enfants par Milan Presse et la Ligue de l'enseignement existe en libre accès).

Cas 6 — Un parent refuse une séance d'éducation à la vie affective

Valeurs en jeu · droit à l'éducation, intérêt supérieur de l'enfant, programmes obligatoires.

Cadre légal · l'EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) fait partie des programmes obligatoires depuis la circulaire du 12 septembre 2018, renforcée en 2024-2025. Comme tout enseignement obligatoire, le parent ne peut pas refuser que son enfant y assiste.

Action · dialogue avec la famille pour expliquer les contenus (adaptés à l'âge, conformes aux programmes, encadrés par la circulaire). Le médecin scolaire peut intervenir pour rassurer. Présence d'un médecin / infirmier ne signifie pas un cours médical mais une caution professionnelle.

Articulation · directeur, IEN, équipe pédagogique. La séance reste obligatoire.

À retenir

Trois réflexes face à une situation

  • Garder le calme — la situation décrite est rarement aussi simple qu'elle paraît. Ne pas s'enflammer.
  • Distinguer agent et usager — la neutralité s'impose aux agents (PE, AESH, personnels), pas aux élèves ni aux parents (sauf cas spécifiques).
  • Mentionner l'équipe — le PE ne décide pas seul. Directeur, équipe pédagogique, IEN, équipe académique Valeurs de la République sont des appuis.
08 — Service public

Le service public
& la déontologie

Le professeur des écoles est un fonctionnaire d'État. Cette qualité emporte des droits mais aussi des devoirs précis, codifiés dans le statut général de la fonction publique. Le jury teste régulièrement la connaissance et l'incarnation de cette déontologie professionnelle.

Le statut de fonctionnaire

Le PE est régi par la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires (loi Le Pors), aujourd'hui codifiée dans le Code général de la fonction publique (entré en vigueur le 1er mars 2022). Cette loi définit l'équilibre entre les droits et les devoirs qui caractérisent l'engagement dans le service public.

Les droits du fonctionnaire

  • Liberté d'opinion — y compris politique, syndicale, philosophique ou religieuse, à titre personnel.
  • Droit syndical — adhérer au syndicat de son choix, exercer un mandat.
  • Droit de grève — encadré par les règles de la fonction publique.
  • Droit à la formation — formation initiale (master MEEF) et continue tout au long de la carrière.
  • Droit à la rémunération et à la protection sociale.
  • Droit à la protection fonctionnelle — l'État protège ses agents contre les attaques ou menaces liées à l'exercice de leurs fonctions.

Les devoirs et obligations du fonctionnaire

Les obligations sont symétriques aux droits — c'est la contrepartie de la confiance que l'État et la nation placent dans les agents publics.

1

L'obligation de neutralité

— politique, religieuse, philosophique

L'agent public ne manifeste aucune opinion personnelle dans l'exercice de ses fonctions. La neutralité protège l'égalité de traitement de tous les usagers. Pour le PE : pas de signe religieux apparent, pas de prosélytisme, pas de prise de position politique en classe.

2

L'obligation de réserve

— une expression mesurée

L'agent peut s'exprimer en dehors du service, mais avec mesure et discernement, en évitant tout propos qui pourrait nuire à l'image du service ou à sa propre crédibilité professionnelle. Particulièrement vigilante avec les réseaux sociaux.

3

L'obligation de discrétion professionnelle

— le secret des informations

L'agent ne divulgue pas les informations dont il a connaissance dans l'exercice de ses fonctions : situations familiales, difficultés des élèves, signalements, etc. Cette discrétion protège les usagers et la fluidité du service.

4

L'obligation d'obéissance hiérarchique

— sauf ordre manifestement illégal

L'agent obéit aux instructions de son supérieur, sauf si elles sont manifestement illégales et de nature à compromettre gravement un intérêt public. Cette obligation s'exerce dans le cadre du respect des lois.

5

L'obligation de signalement

— article 40 du Code de procédure pénale

Tout fonctionnaire qui acquiert dans l'exercice de ses fonctions la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en informer sans délai le procureur de la République. À l'école, cela concerne notamment les signalements d'enfants en danger (information préoccupante via la CRIP départementale, signalement direct au procureur en cas de danger grave et imminent).

La lutte contre les discriminations et les stéréotypes

Faire vivre l'égalité républicaine implique une vigilance active contre les discriminations. À l'école, cela se traduit par :

  • L'égalité filles-garçons — éviter les stéréotypes de genre dans les manuels, les consignes, les rôles confiés aux élèves. La Convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif structure cette politique.
  • La lutte contre le racisme et l'antisémitisme — conformément au plan national 2023-2026 et au vademecum éduscol mis à jour en février 2026.
  • La lutte contre les LGBTphobies — vademecum « Prévention de l'homophobie et de la transphobie ».
  • L'inclusion du handicap — école inclusive, rôle des AESH, PPS (projet personnalisé de scolarisation).
  • La prévention du harcèlement — programme pHARe généralisé depuis 2022 dans toutes les écoles.

Le référentiel des compétences professionnelles

Texte de référence

Arrêté du 1er juillet 2013, BO n°30 du 25 juillet 2013 — Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation. Définit 19 compétences au total : 14 communes à tous les enseignants, 5 spécifiques aux professeurs des écoles. Les premières compétences (« Faire partager les valeurs de la République », « Inscrire son action dans le cadre des principes fondamentaux du système éducatif ») sont directement liées au sujet du bloc 2.

Les deux premières compétences communes du référentiel (CC1 et CC2) sont à connaître par cœur :

  • CC1 · Faire partager les valeurs de la République.
  • CC2 · Inscrire son action dans le cadre des principes fondamentaux du système éducatif et dans le cadre réglementaire de l'école.

Les citer dans une réponse est un signe immédiat de sérieux pour le jury — à condition de pouvoir les expliciter ensuite, pas seulement les nommer.

À retenir

Les obligations du fonctionnaire en cinq mots

Neutralité · Réserve · Discrétion · Obéissance · Signalement

Ces cinq obligations forment le socle de la déontologie. Une réponse qui les articule (sans tout citer mécaniquement, mais en mobilisant la ou les pertinentes) montre une compréhension professionnelle solide.

09 — Transition écologique

La transition écologique
à l'école

L'un des trois grands axes officiels de l'entretien sur la projection métier. Le sujet apparaît explicitement dans les attendus (devenirenseignant.gouv.fr) et a fait l'objet d'une politique structurée du ministère depuis 2019. Il faut savoir mobiliser à la fois le cadre, les dispositifs et les pratiques pédagogiques.

Le cadre — l'EDD devenu EDD2030

Définition
EDD — Éducation au développement durable

Démarche transversale visant à former les élèves aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques liés au développement durable. Inscrite dans le Code de l'éducation à l'article L. 312-19 depuis la loi du 8 juillet 2013.

Quelques jalons institutionnels à connaître :

  • Article L. 312-19 du Code de l'éducation — l'EDD fait partie de la formation initiale des élèves, à tous les niveaux.
  • Circulaire du 27 août 2019 — généralisation de l'EDD dans les programmes, création des écodélégués dans tous les collèges et lycées (étendue à de nombreuses écoles primaires).
  • Plan « Action climat-écologie » du ministère, déployé depuis 2020.
  • Label E3D (École en démarche globale de développement durable) — distinction délivrée aux écoles, collèges et lycées qui structurent une démarche cohérente sur plusieurs années.
  • Programme TEDS (Transition écologique pour un développement soutenable) — désormais intégré aux premiers cycles universitaires, mobilisable pour la préparation au CRPE.

Les enjeux à connaître pour le jury

L'éducation à la transition écologique articule trois grandes dimensions :

  • Dimension scientifique — comprendre les phénomènes : réchauffement climatique, biodiversité, ressources, cycles naturels. Mobilise les sciences expérimentales et la technologie.
  • Dimension citoyenne — l'élève comme acteur de la transition : choix de consommation, comportements quotidiens, engagement collectif. Mobilise l'EMC et les parcours éducatifs.
  • Dimension culturelle — rapport au vivant, au territoire, au paysage. Mobilise l'histoire-géographie, les arts, la littérature.

Les pratiques pédagogiques concrètes

Le PE peut mobiliser de nombreux dispositifs concrets, à différents niveaux :

  • Classe dehors — pratique régulière d'enseignement en milieu naturel proche, structurée et reliée aux apprentissages disciplinaires. Elle développe la sensibilité à l'environnement, la motricité, l'observation. Voir la leçon d'EPS dans Vol. 02 pour des liens entre EPS et nature.
  • Jardin pédagogique — projet transversal mobilisant sciences, EMC, arts, mathématiques (mesures), français (carnet de bord).
  • Tri sélectif et compostage — apprentissage par l'action, à hauteur d'enfant.
  • Mobilité douce — Savoir Rouler à Vélo (SRAV, voir Vol. 02 §09), pédibus, sensibilisation aux mobilités alternatives.
  • Lutte contre le gaspillage alimentaire — actions à la cantine, projets de classe, sensibilisation des familles.
  • Sorties scolaires — fermes pédagogiques, parcs naturels, centres d'éducation à l'environnement.
  • Écodélégués — élus de classe ou d'école porteurs de projets environnementaux.

Les écueils à éviter

  1. Le catastrophisme anxiogène

    Marteler aux élèves de cycle 2 ou 3 que « la planète va mourir » est contre-productif et anxiogène. L'éducation à l'environnement passe par l'action positive, pas par la peur. L'enfant doit se sentir capable d'agir, pas écrasé par l'ampleur du problème.

  2. La leçon de morale militante

    L'enseignant n'est pas militant — il est neutre. Il transmet des connaissances scientifiques et des compétences citoyennes, pas une idéologie écologique particulière. La frontière est ténue mais essentielle : on enseigne des faits scientifiques et des démarches d'analyse, pas des opinions politiques.

  3. Le greenwashing pédagogique

    Coller un autocollant « projet écolo » sur trois activités sans cohérence pour cocher la case n'a aucun intérêt. La démarche E3D suppose un projet structuré sur plusieurs années, ancré dans le projet d'école.

  4. Réduire l'écologie au tri des déchets

    Le tri est un point d'entrée, pas l'objectif. L'EDD couvre des dimensions plus larges : biodiversité, climat, ressources, justice climatique, modes de vie. Le PE qui résume la transition écologique au tri sélectif passe à côté de l'enjeu.

Articulation avec les autres dimensions du métier

L'EDD se nourrit et nourrit les autres parcours éducatifs :

  • Parcours citoyen — agir collectivement pour un bien commun.
  • Parcours éducatif de santé — alimentation, activité physique en plein air, qualité de l'air.
  • Parcours éducatif artistique et culturel — paysages, œuvres d'art liées à la nature.

Le PE polyvalent est particulièrement bien placé pour articuler ces parcours, là où un enseignant disciplinaire serait limité à son seul champ.

À retenir

L'EDD en quatre éléments structurants

  • Cadre · article L. 312-19 du Code de l'éducation, circulaire du 27 août 2019, label E3D.
  • 3 dimensions · scientifique, citoyenne, culturelle.
  • Outils · classe dehors, jardin, écodélégués, projets transversaux.
  • Posture · scientifique et bienveillante, ni anxiogène ni militante.
10 — Épanouissement

L'épanouissement
de l'élève

Troisième axe possible de la projection métier. Notion-cadre qui regroupe le bien-être, la santé, le climat scolaire, la prévention du harcèlement et la prise en compte de toutes les dimensions du développement de l'enfant. Sujet souvent traité de façon trop générale — le jury attend du concret.

Quatre dimensions de l'épanouissement

L'épanouissement de l'élève se construit sur quatre dimensions interconnectées qu'il faut savoir nommer et articuler :

1

La dimension cognitive

— les apprentissages

L'élève s'épanouit quand il apprend. La réussite scolaire est une condition première de l'épanouissement. Cela suppose des apprentissages bien structurés, une différenciation pédagogique, une évaluation bienveillante qui valorise les progrès. Pour rappel sur le développement cognitif : voir la section sur le développement de l'enfant dans Vol. 02.

2

La dimension affective et relationnelle

— sécurité, lien, estime de soi

L'élève s'épanouit quand il se sent en sécurité et reconnu. Cela passe par la qualité du lien à l'enseignant, par la place que l'élève trouve dans le groupe, par la prise en compte des émotions. Concept-clé : la sécurité affective — absence de menace pour l'image de soi, l'intégrité corporelle, l'appartenance au groupe.

3

La dimension physique et motrice

— le corps en mouvement

L'élève s'épanouit quand il habite son corps. L'EPS est centrale ici (voir Vol. 02), tout comme les 30 minutes d'activité physique quotidienne (30'APQ), les pauses actives, la qualité de la cour de récréation, l'accès au plein air.

4

La dimension sociale et citoyenne

— sa place dans le groupe

L'élève s'épanouit quand il trouve sa place dans le collectif et y prend des responsabilités. Le règlement coconstruit, les métiers de la classe, les conseils d'élèves contribuent à cette dimension. Voir la section précédente sur la vie de classe.

Le climat scolaire

Définition
Le climat scolaire

Qualité de l'expérience scolaire vécue par les élèves, les personnels et les familles. Il combine plusieurs dimensions : qualité des relations, sentiment de sécurité, justice perçue, sentiment d'appartenance, engagement.

Le climat scolaire est aujourd'hui reconnu comme un facteur essentiel de la réussite et du bien-être à l'école. Il est promu par :

  • Le guide « Agir sur le climat scolaire » publié par le ministère.
  • Les équipes mobiles de sécurité (EMS) dans les territoires sensibles.
  • Les conseillers en climat scolaire au niveau académique.
  • Le Conseil d'évaluation de l'École qui suit l'évolution des indicateurs.

La lutte contre le harcèlement — programme pHARe

Cadre institutionnel

Programme pHARe (« Programme de lutte contre le harcèlement à l'école ») — généralisé à toutes les écoles primaires depuis la rentrée 2022. Inscrit dans la loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire, qui crée le délit de harcèlement scolaire.

Le programme pHARe repose sur huit piliers, dont les plus importants pour le PE :

  • Mesurer le climat scolaire (questionnaires).
  • Former les personnels (10 heures par an).
  • Former 10 ambassadeurs élèves par école.
  • Mobiliser un protocole de prise en charge des situations.
  • Mettre en place un numéro d'écoute (3018, gratuit, anonyme).

Pour le PE, deux gestes professionnels essentiels :

  • Repérer les signaux faibles : isolement, baisse de résultats, troubles psychosomatiques, propos rapportés.
  • Signaler selon le protocole : ne pas régler seul, alerter le directeur qui mobilise l'équipe ressource.

L'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS)

L'EVARS est un enseignement obligatoire à tous les niveaux scolaires depuis la circulaire du 12 septembre 2018, renforcée en 2024-2025. À l'école primaire, elle prend la forme de séances adaptées à l'âge sur :

  • La connaissance de soi et du corps, l'image de soi.
  • Le respect d'autrui, le consentement, le « non », les limites.
  • La prévention des violences (verbales, physiques, sexuelles).
  • L'égalité fille-garçon.

Le PE peut s'appuyer sur le médecin scolaire ou l'infirmier pour certaines séances. L'EVARS contribue directement à l'épanouissement et à la prévention.

L'inclusion — école inclusive

L'épanouissement de chaque élève suppose une école inclusive, où la diversité est accueillie et la différence aménagée. Quelques dispositifs clés :

  • AESH (accompagnant d'élève en situation de handicap) — accompagne les élèves bénéficiant d'une notification MDPH.
  • PPS (projet personnalisé de scolarisation) — pour les élèves en situation de handicap.
  • PAP (plan d'accompagnement personnalisé) — pour les troubles des apprentissages (DYS, TDAH, etc.).
  • PAI (projet d'accueil individualisé) — pour les élèves avec une condition médicale (allergie, asthme, diabète, épilepsie).
  • PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) — pour les élèves en difficulté scolaire ponctuelle.
  • RASED (réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté).
  • ULIS-école (unité localisée pour l'inclusion scolaire) — petits effectifs en inclusion partielle dans les classes ordinaires.

Les parcours éducatifs — l'épanouissement par projet

Quatre parcours éducatifs structurent l'épanouissement transversal :

  • Parcours citoyen — engagement, vie démocratique, valeurs.
  • Parcours éducatif de santé — bien-être physique, mental, social.
  • Parcours éducatif artistique et culturel (PEAC) — rencontres avec les œuvres, pratique artistique, connaissances. Objectif 100 % EAC.
  • Parcours Avenir — découverte des métiers et orientation (commence dès le primaire).
À retenir

L'épanouissement en quatre dimensions et trois leviers institutionnels

  • 4 dimensions · cognitive · affective/relationnelle · physique/motrice · sociale/citoyenne.
  • 3 leviers · climat scolaire (programme pHARe) · EVARS · école inclusive (PPS, PAP, PAI, PPRE).
  • Objectif transversal · faire en sorte que chaque élève trouve sa place, apprenne, et se sente reconnu.
11 — Méthodologie

Méthodologie
de l'exposé bloc 2

Le contenu connu, la méthode pour le mobiliser face au jury. Cette section adapte les méthodes générales du Vol. 01 au format spécifique du bloc 2 — entretien plus dialogué, durée plus longue, mises en situation imprévisibles.

Particularité du bloc 2 — un entretien, pas un exposé

Contrairement au bloc EPS qui inclut un exposé monologué de 8 minutes, le bloc 2 est presque entièrement dialogué. Seules les 5 minutes de présentation initiale sont monologuées — le reste est un échange en va-et-vient avec le jury. Cette particularité change la posture nécessaire :

  • Pas besoin d'un long développement structuré : il faut savoir répondre brièvement et enchaîner.
  • Capacité d'écoute : comprendre la question avant de répondre. Reformuler si besoin.
  • Souplesse : accepter d'être interrompue, de changer de sujet, de revenir sur un point.
  • Posture professionnelle : tenir le cadre même sous une question piège, sans s'énerver ni s'excuser à l'excès.

Pour les fondamentaux d'expression orale

Tout ce qui est valable pour les autres oraux l'est aussi ici. Se reporter à :

Méthode pour répondre à une question sur les valeurs

Méthode VARC — pour le bloc 2

Quand le jury pose une question sur les valeurs ou les principes, structurer la réponse en quatre temps : Valeur identifiée → Article de loi mobilisé → Réponse concrète → Cadre collectif. C'est une variante adaptée de la méthode en quatre temps de Vol. 01.

V~30 s

Identifier la Valeur en jeu

→ Nommer ce qui est testé.

S'agit-il de laïcité ? D'égalité ? De liberté de conscience ? Plusieurs valeurs peuvent être en tension — les nommer toutes pour montrer la complexité comprise.

A~30 s

Mobiliser un Article ou un texte

→ Ancrer la réponse dans le droit.

Charte de la laïcité, loi de 2004, article du Code de l'éducation, programmes officiels. Pas besoin d'être exhaustif : un texte cité avec précision vaut mieux que dix textes flous.

R~1 min

Décrire la Réponse concrète

→ Que ferait-on, dans la classe, à l'instant ?

L'attitude, les paroles, le ton. Une scène vraisemblable. Le jury veut entendre une enseignante en action, pas une juriste en exégèse.

C~30 s

Articuler avec le Cadre collectif

→ L'enseignant n'est jamais seul.

Direction, équipe pédagogique, familles, IEN, équipe académique « Valeurs de la République ». Mentionner ces appuis montre une posture professionnelle mature et évite les réponses de héros isolé.

Les sept écueils spécifiques au bloc 2

  1. La citation creuse

    Lâcher « Article 1 de la Constitution : la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » sans explication ne sert à rien. Une citation doit être articulée au raisonnement, pas plaquée comme un slogan.

  2. La position militante

    Manifester ses propres opinions politiques ou religieuses dans la réponse, même de manière indirecte. La candidate doit incarner la neutralité du fonctionnaire. Une réponse trop personnelle sera sanctionnée.

  3. La confusion des registres

    Mélanger l'avis personnel (« je pense que… »), le cadre institutionnel (« la loi prévoit que… »), et la posture professionnelle (« en tant que PE, je… »). Le jury veut entendre les trois, mais distinctement, pas dans une bouillie indifférenciée.

  4. La rigidité juridique

    Appliquer la loi mécaniquement sans tact ni dialogue. La laïcité n'est pas un couperet : elle est un principe à incarner avec discernement. Une candidate qui refuserait toute discussion avec une famille en se retranchant derrière la loi ferait peur au jury.

  5. L'abstraction systématique

    Rester dans les généralités sans jamais descendre dans le concret. Quand le jury pose un cas pratique, il veut entendre une scène, pas une dissertation.

  6. L'ignorance des appuis institutionnels

    Présenter la candidate comme seule face à toute situation. Toujours mentionner l'équipe, le directeur, l'IEN, les ressources nationales (équipes Valeurs de la République, vademecums éduscol). Le jury veut une future collègue, pas une héroïne solitaire.

  7. La vision angélique de l'école

    Présenter l'école comme un lieu sans tensions, sans difficultés, sans conflits. Le jury veut une candidate lucide qui sait que le métier est exigeant, que les situations sont parfois complexes, et qui a la maturité pour les affronter.

Comment incarner les valeurs — au-delà des connaissances

Pour convaincre le jury, il ne suffit pas de connaître les valeurs : il faut montrer comment on les incarne. Trois pistes concrètes :

  • Exemples vécus — un stage, une expérience associative, une rencontre. Ancrer la valeur dans une scène réelle, pas dans une théorie. Le jury distingue immédiatement l'expérience vécue de la posture intellectuelle.
  • Verbes d'action — « j'écoute », « j'observe », « je rappelle calmement », « je dialogue », « je remonte à la direction ». Ces verbes traduisent une posture professionnelle effective.
  • Le « je » de la posture — pas le « je » personnel de l'opinion, mais le « je » professionnel de la fonction. « En tant que future enseignante, je… » est plus fort que « Je pense que les enseignants devraient… ».
Formulations-types à mobiliser

« L'enseignant n'est pas seulement un transmetteur de savoirs ; il est un représentant de la République chargé de garantir un espace neutre, protecteur et émancipateur. »

« L'École de la République est un lieu d'émancipation. Elle transmet des savoirs, mais elle forme aussi des citoyens capables de vivre ensemble, de penser par eux-mêmes et de respecter la liberté et l'égalité de tous. »

À retenir

La structure VARC pour répondre solidement

Valeur identifiée → Article ou texte mobilisé → Réponse concrète → Cadre collectif.

Et toujours, en arrière-plan, le corps ancré, la voix portée, la posture neutre du fonctionnaire.

12 — Bibliographie

Bibliographie
& ressources

Les textes officiels, les ressources d'accompagnement et les références philosophiques pour le bloc 2. Tous sont consultables en ligne — le ministère a fait un effort considérable de mise à disposition. Une lecture du préambule des programmes d'EMC et du vademecum laïcité suffit pour les fondamentaux.

Pour la bibliographie générale sur la pédagogie, le tact pédagogique et les références théoriques (Meirieu, Perrenoud, Houssaye…), on se reportera à la bibliographie de Vol. 01.

Textes constitutionnels et fondateurs

Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789. Texte fondateur. Référence pour la liberté (art. 4), l'égalité (art. 1), la propriété, la résistance à l'oppression. À avoir lu intégralement (17 articles, 5 minutes de lecture).
Préambule de la Constitution de 1946. Définit les droits sociaux et l'organisation de l'enseignement public, gratuit et laïque (alinéa 13).
Constitution du 4 octobre 1958, article 1er. Définit la République comme « indivisible, laïque, démocratique et sociale ». À connaître par cœur.

Textes fondateurs de l'école laïque

Loi du 28 mars 1882 (loi Ferry). Instruction primaire obligatoire, gratuite et laïque.
Loi du 30 octobre 1886 (loi Goblet). Laïcité du personnel enseignant.
Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.
Loi du 15 mars 2004 encadrant le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Codifiée à l'article L. 141-5-1 du Code de l'éducation.
Loi du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République.
Loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance, article 10 — protection renforcée de la liberté de conscience des élèves.
Décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet 2018 reconnaissant la fraternité comme principe constitutionnel.

Textes spécifiques à l'École

Charte de la laïcité à l'École, 9 septembre 2013, ministère Vincent Peillon. 15 articles. Affichage obligatoire dans toutes les écoles publiques. Disponible avec son commentaire sur eduscol.education.fr.
Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation. Arrêté du 1er juillet 2013, BO n°30 du 25 juillet 2013. 19 compétences. Les CC1 et CC2 directement liées au bloc 2.
Programmes d'enseignement moral et civique (EMC) pour les cycles 2 et 3. BO du 26 juillet 2018, mis à jour. Quatre dimensions : sensibilité, règle/droit, jugement, engagement.
Loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire — création du délit de harcèlement scolaire. Programme pHARe.

Le « Coffret républicain » — ressources éduscol

« La laïcité à l'École », vademecum, mis à jour mars 2024. Référentiel de situations pour les équipes académiques, les écoles et les établissements. Fiches pratiques et analyses juridiques. À lire absolument.
« L'idée républicaine », recueil. 29 notions définies par des spécialistes du Conseil des sages de la laïcité. Anthologie de textes fondamentaux.
« La République à l'École ». Guide pour les professeurs des écoles. Présente la transmission des valeurs de manière transdisciplinaire au cœur du programme d'EMC.
« Agir contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine à l'École », vademecum, version février 2026. Conjointement DILCRAH, Conseil des sages de la laïcité, DGESCO. Plan national 2023-2026.
« Prévention de l'homophobie et de la transphobie dans les collèges et les lycées », guide complétant les vademecums précédents.
« Faire vivre les valeurs de la République », parcours Magistère en autoformation. Volet général de 2h + volet spécifique enseignants de 4h.

Références philosophiques utiles

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762. La liberté comme autonomie collective.
Montesquieu, De l'esprit des lois, 1748. La séparation des pouvoirs comme garantie des libertés.
Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785. Autonomie de la raison, dignité de la personne.
Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763. Liberté de pensée et de critique.
Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Cinq mémoires sur l'instruction publique, 1791-1792. L'instruction publique comme outil d'émancipation.

Pour la transition écologique

Article L. 312-19 du Code de l'éducation — l'EDD comme partie intégrante de la formation des élèves.
Circulaire du 27 août 2019 — généralisation de l'EDD, création des écodélégués.
Programme TEDS (Transition écologique pour un développement soutenable). Référence pour la formation initiale.
Ressources « Agir pour la transition écologique » sur eduscol.education.fr.

Pour l'épanouissement et le climat scolaire

Programme pHARe de lutte contre le harcèlement à l'école. Ressources sur education.gouv.fr.
Guide « Agir sur le climat scolaire », ministère de l'Éducation nationale.
Circulaire EVARS du 12 septembre 2018 et mises à jour 2024-2025.
« 100 % EAC » — parcours d'éducation artistique et culturelle, ressources eduscol.

Sites institutionnels à consulter

education.gouv.fr — politiques publiques, textes, BO.
eduscol.education.fr — ressources pédagogiques, programmes, accompagnement.
devenirenseignant.gouv.fr — informations spécifiques au concours et à l'épreuve.
legifrance.gouv.fr — texte exact des lois, arrêtés, décrets.
reseau-canope.fr — ressources pédagogiques, espace Valeurs de la République.
conseil-constitutionnel.fr — décisions, rôle dans la République.
Vol. 04 · Mathématiques V1 · Mai 2026
Vol. 04 · Première épreuve d'admission

Mathématiques
la leçon

Le manuel pour l'épreuve la plus lourde de l'oral : 1 h de préparation, 20 minutes d'exposé, 40 minutes d'échange, coefficient 5, soit près d'un tiers de la note d'admission. Connaître les notions, les programmes, la didactique — et savoir tout cela incarner devant un jury en une heure de défense argumentée.

01 — Architecture

Architecture
de l'épreuve leçon

La première épreuve d'admission est, mathématiquement, l'épreuve la plus stratégique du concours. Coefficient 5 sur un total d'admission qui fait coefficient 8 (soit ≈ 31 % de la note finale d'admission, contre ≈ 22 % pour le bloc 2 motivation). C'est ici que se joue, en pratique, l'admission.

Pour resituer cette épreuve dans l'architecture complète des deux épreuves orales d'admission, on se reportera à l'architecture générale présentée dans Vol. 01. Le présent volume se concentre sur la première épreuve d'admission : la leçon de mathématiques.

Le déroulé en deux temps

1 h
Préparation isolée
La candidate reçoit un sujet portant sur une notion mathématique du programme, accompagné d'un ou plusieurs documents (extrait de manuel scolaire, production d'élève, situation-problème, énoncé d'exercice, données issues de la vie réelle). Elle dispose d'une heure pour préparer un exposé structuré qui répondra aux questions du sujet et exploitera les documents fournis.
20 min
Exposé devant jury
La candidate présente son exposé sans être interrompue. Le tableau est à disposition — il doit être utilisé pour les notations mathématiques, les schémas, les calculs. L'exposé répond aux questions posées par le sujet, dans l'ordre, en justifiant chaque réponse.
40 min
Échange avec le jury
Phase la plus longue et la plus discriminante. Le jury reprend les points qu'il juge utiles, demande des approfondissements, signale des erreurs éventuelles, et pose des questions connexes sur le champ disciplinaire de la notion. C'est ici que se fait la différence entre une note moyenne et une bonne note.
Cadre légal

Format défini par les arrêtés du 17 avril 2025 (Journal officiel n°0094 du 19 avril 2025), pour les concours externes bac+3 à partir de la session 2026. Première épreuve d'admission. Notation sur 20 points · coefficient 5 · note 0 éliminatoire. Le choix entre français et mathématiques est fait au moment de l'inscription au concours, vers octobre, et n'est plus modifiable ensuite.

Ce que le jury évalue — les trois piliers

D'après les attendus officiels et les vidéos pédagogiques mises en ligne par la DGESCO, le jury évalue trois capacités également importantes :

01Connaître

La maîtrise notionnelle de la mathématique elle-même

→ Savoir faire les exercices, mais surtout savoir expliquer pourquoi.

Définitions exactes, vocabulaire rigoureux, propriétés correctement énoncées, démonstrations possibles. Le jury n'attend pas le niveau d'un agrégé, mais celui d'un titulaire de licence qui maîtrise finement les notions du collège (cycle 4) et de la partie « Nombres et calculs » de seconde générale.

02Enseigner

La capacité à didactiser la notion pour des élèves du primaire

→ Savoir quand, comment et avec quoi introduire la notion.

Connaissance des programmes des trois cycles du primaire, des progressions, des situations d'apprentissage classiques, des erreurs typiques des élèves et des remédiations possibles. Articulation claire entre le savoir savant et le savoir enseigné.

03Argumenter

La posture de raisonnement à l'oral

→ Justifier ses choix, accepter d'être reprise, rebondir sans s'effondrer.

Le jury teste aussi la capacité à structurer un raisonnement à l'oral, à se reprendre face à une erreur signalée, à mobiliser des notions connexes sans paniquer. Une candidate qui dit « je ne suis pas sûre, mais je vais essayer de raisonner » avant de tenter, marque davantage qu'une candidate qui répond aléatoirement avec assurance.

À retenir

L'erreur stratégique à éviter

Sous-estimer cette épreuve parce qu'elle ressemble à un « contrôle de maths ». Ce n'est pas un contrôle de maths : c'est une démonstration de posture professionnelle à travers un objet mathématique. Une candidate brillante en calcul mais incapable de justifier ses démarches ou de faire le lien avec la classe sera notée plus sévèrement qu'une candidate moins virtuose mais qui sait expliquer, raisonner et se projeter dans l'enseignement.

02 — Programme

Le programme officiel
& l'articulation des cycles

Deux programmes encadrent strictement l'épreuve : le programme de mathématiques du cycle 4 (collège) en vigueur à la rentrée 2025, et la partie « Nombres et calculs » du programme de seconde générale et technologique. Les notions doivent pouvoir être abordées avec le recul nécessaire à un enseignement aux cycles 1, 2 et 3 du primaire.

Les deux niveaux exigibles — ce que prévoit l'arrêté

L'arrêté du 17 avril 2025 fixe précisément le périmètre :

  • Programme du cycle 4 (5e, 4e, 3e) en vigueur à la rentrée scolaire 2025 — le « niveau collège complet », tous domaines confondus
  • Partie « Nombres et calculs » du programme de seconde générale et technologique (BOEN spécial n° 1 du 22 janvier 2019) — pour le recul sur la construction des ensembles de nombres
  • Recul nécessaire pour enseigner aux cycles 1, 2, 3 — c'est-à-dire la connaissance des programmes du primaire et des progressions

Concrètement, la candidate doit pouvoir mobiliser, par exemple, le théorème de Thalès si une question connexe le réclame — mais elle doit aussi savoir comment se construit la notion de fraction au CM1, et reconnaître les difficultés typiques d'un CE2 face à la numération.

Les cinq thèmes du programme du cycle 4

Le programme du cycle 4 organise les apprentissages en cinq thèmes — la candidate doit pouvoir nommer chacun et l'illustrer :

01Nombres

Nombres et calculs

Entiers, fractions, décimaux, relatifs. Construction de l'ensemble des rationnels, calcul littéral, identités remarquables, équations et inéquations.

02Mesures

Grandeurs et mesures

Longueurs, aires, volumes, durées, vitesses, masses, contenances. Conversions, calcul de grandeurs composées, formules.

03Géométrie

Espace et géométrie

Figures planes (triangles, quadrilatères, cercle), Pythagore, Thalès, trigonométrie, transformations (translation, rotation, symétries, homothétie), géométrie dans l'espace.

04Données

Organisation et gestion de données, fonctions

Statistiques (moyenne, médiane, étendue, quartiles), proportionnalité, probabilités, notion de fonction, représentations graphiques.

05Algorithmique

Algorithmique et programmation

Algorithmes simples, programmation par blocs (Scratch), variables, boucles, conditions. Au primaire (cycle 3), c'est intégré au domaine « Espace et géométrie » sous le terme pensée informatique.

L'articulation primaire — collège — lycée

Au-delà du programme exigible, la candidate doit pouvoir articuler les cycles entre eux. C'est exactement ce que le jury vérifie quand il pose une question connexe. Quelques articulations canoniques à connaître :

  • Numération décimale · introduite cycle 1 (jusqu'à 10), consolidée cycle 2 (jusqu'à 1 000), étendue cycle 3 aux décimaux et fractions, formalisée cycle 4 dans les ensembles ℕ, ℤ, 𝔻, ℚ, ℝ.
  • Sens des opérations · approche par les problèmes dès le cycle 1, structuration des champs additifs et multiplicatifs cycle 2 (Vergnaud), techniques opératoires posées cycle 2-3, calcul littéral cycle 4.
  • Géométrie · perceptive (cycle 1), instrumentée et perceptive (cycle 2), instrumentée et raisonnée (cycle 3), démontrée (cycle 4).
  • Proportionnalité · introduite cycle 3 (CM1) avec les procédures (linéarité, passage par l'unité, coefficient), formalisée cycle 4 avec les fonctions linéaires.

Cette articulation est l'argument-roi face à une question connexe : montrer qu'une notion ne tombe pas du ciel mais qu'elle se construit progressivement, en s'appuyant sur ce qui précède et préparant ce qui suit.

Documents officiels à consulter

Programmes BO 2025 (cycles 1, 2, 3 et cycle 4) sur eduscol.education.fr. Repères de progressivité publiés par le ministère. Document d'accompagnement « Mathématiques et résolution de problèmes » (DGESCO 2018, mis à jour 2024). Plan Villani-Torossian (2018) — 21 mesures pour l'enseignement des mathématiques, dont la candidate doit citer au moins la philosophie générale.

À retenir

Trois niveaux à maîtriser

  • Le savoir savant — la notion telle qu'elle existe en mathématiques (cycle 4 + seconde GT)
  • Le savoir à enseigner — la notion telle qu'elle est dans les programmes du primaire (cycle 1, 2, 3)
  • Le savoir enseigné — la notion telle qu'elle apparaît dans la classe (situations, supports, manipulations)

Cette triple articulation, théorisée par Yves Chevallard sous le nom de transposition didactique, est la compétence centrale évaluée à cette épreuve. La candidate qui l'incarne marque immédiatement le jury.

03 — Domaines

Panorama
des quatre domaines

Au primaire, le programme s'organise en quatre grands domaines (trois jusqu'au CE2, un quatrième s'ajoutant au cycle 3). Le sujet d'oral peut tomber sur n'importe lequel — aucun n'est statistiquement plus fréquent. Les négliger les uns au profit des autres est un calcul perdant. Survol panoramique avant les zooms qui suivent.

Domaine 1 — Nombres et calculs

Le domaine le plus dense, et celui qui structure le rapport au mathématique. Il couvre :

  • Cycle 1 · construction des premiers nombres (jusqu'à 10), comptine numérique, dénombrement, principes du comptage
  • Cycle 2 · numération décimale jusqu'à 1 000 (CE1) puis 10 000 (CE2), sens des quatre opérations, techniques opératoires (addition et soustraction posées CE1, multiplication CE2), calcul mental quotidien
  • Cycle 3 · grands nombres entiers, fractions simples puis décimales, nombres décimaux, division (sens et technique), proportionnalité (CM1-CM2)

Notions transverses essentielles : relations entre nombres, décompositions, propriétés des opérations (commutativité, associativité, distributivité — sans nécessairement les nommer en cycle 2 mais en s'appuyant dessus).

Domaine 2 — Grandeurs et mesures

Domaine central et souvent sous-estimé. Il porte le grand enjeu didactique de la distinction entre la grandeur (longueur, durée, masse) et sa mesure (un nombre exprimé dans une unité). Une longueur est un attribut d'un objet ; sa mesure est un couple (nombre, unité).

  • Cycle 1 · comparaisons directes (plus long, plus lourd), grandeurs sans unités
  • Cycle 2 · longueurs (m, cm), masses (kg, g), contenances (L, mL), durées, prix. Premières conversions simples
  • Cycle 3 · ajout aires (m², cm², ha) et volumes (m³, dm³, cm³, L). Conversions, calculs de durées avec mélange d'unités, vitesses

Le sujet zéro publié par le ministère portait précisément sur ce domaine — c'est dire qu'il n'est pas marginal.

Domaine 3 — Espace et géométrie

Le domaine où s'apprennent à la fois les concepts (figure, propriété) et le rapport à l'instrument (règle, équerre, compas). Trois géométries successives, toutes nommées dans les programmes :

  • Géométrie perceptive (cycle 1 et début cycle 2) · l'élève reconnaît une figure « à l'œil », par sa forme globale
  • Géométrie instrumentée (fin cycle 2 et cycle 3) · la règle, l'équerre et le compas servent à vérifier et à construire. La figure se définit par ses propriétés (côtés, angles, segments)
  • Géométrie raisonnée / déductive (cycle 3 fin et cycle 4) · les propriétés sont mobilisées pour démontrer, sans recours à la perception ou à l'instrument

Cette progression, théorisée par Marie-Jeanne Perrin-Glorian, est un grand classique des questions de jury.

Domaine 4 — Organisation et gestion de données

Apparu comme domaine autonome au cycle 3 dans les programmes 2025. Couvre :

  • Lecture et construction de tableaux et graphiques (en barres, courbes, circulaires)
  • Étude de la proportionnalité (procédures multiples, situations à reconnaître vs à rejeter)
  • Premières notions de probabilités (vocabulaire du hasard : possible, impossible, certain) — nouveauté programme 2025
  • Premières notions de pensée informatique (algorithmes simples, instructions, boucles)

Domaine en montée — les sujets le mobilisent de plus en plus.

À retenir

Une stratégie de révision équilibrée

Aucun domaine n'est statistiquement plus fréquent que les autres au tirage. Concrètement, cela signifie qu'une candidate qui aurait travaillé à fond Nombres et calculs en pensant que c'est « le plus important » et qui tirerait Grandeurs et mesures ou Espace et géométrie serait en grande difficulté. La règle d'or : aucune impasse. Travailler les quatre domaines à 80 % vaut mieux que travailler un seul à 100 %.

04 — Construction du nombre

La construction du nombre
cycles 1 et 2

Comment un enfant de 4 ans qui « compte jusqu'à 20 » par cœur passe-t-il à un élève de CP qui sait que 7 + 5 = 12 et peut le justifier ? Cette construction est le cœur des apprentissages premiers et l'un des sujets les plus fréquents à l'oral. Elle se fait par étapes nettes, théorisées et bien documentées.

Les cinq principes du comptage (Gelman et Gallistel, 1978)

Pour qu'un enfant compte correctement, cinq principes doivent être acquis. Ils ne s'apprennent pas en bloc mais progressivement, et l'enseignant doit les distinguer pour identifier où un élève bloque :

01Adéquation

Principe d'adéquation unique (correspondance terme à terme)

Un mot-nombre, et un seul, correspond à chaque objet à compter. L'enfant qui dit « un, deux, trois » en pointant deux fois le même objet ou en sautant un objet n'a pas encore acquis ce principe.

02Suite stable

Principe de la suite stable

La suite des mots-nombres est récitée dans le même ordre à chaque comptage : un, deux, trois, quatre… et pas un, trois, deux…. Acquis dès la PS-MS pour les premiers nombres, plus tardivement pour les nombres au-delà de 30 (zone des « nombres irréguliers » en français : onze, douze, treize… puis soixante-dix, quatre-vingts).

03Cardinal

Principe cardinal

Le dernier mot-nombre prononcé désigne la quantité totale d'objets. C'est la bascule majeure : quand un enfant à qui on demande « combien y a-t-il de billes ? » recompte « un, deux, trois, quatre » au lieu de répondre « quatre », il n'a pas (encore) le principe cardinal.

04Abstraction

Principe d'abstraction

On peut compter n'importe quoi : trois pommes, trois idées, trois sons. Le nombre n'est plus attaché à l'objet.

05Non-pertinence de l'ordre

Principe de non-pertinence de l'ordre

Compter les objets dans n'importe quel ordre donne le même résultat. Acquis tardivement, vers 5-6 ans.

Le subitizing — la perception immédiate des petites quantités

Avant le comptage, les enfants (comme les adultes) perçoivent directement les petites quantités jusqu'à 3 ou 4 — sans dénombrer. C'est ce qu'on appelle le subitizing. Cette compétence préverbale est mobilisée dans les jeux de dés, de cartes, de doigts, de constellations. Les programmes 2025 du cycle 1 valorisent fortement ce travail : « reconnaître globalement et exprimer de petites quantités ». C'est la base de la construction du nombre.

Pédagogiquement, cela signifie qu'on ne fait pas dénombrer un enfant de PS face à 3 jetons : il les voit directement. On lui propose plutôt des situations où il doit comparer, ajouter ou retirer dans cette zone.

La numération décimale de position — la grande affaire du CP-CE1

La numération décimale de position est le grand obstacle du cycle 2. Elle repose sur deux idées que les élèves doivent saisir conjointement :

  • Décimale · on fait des paquets de 10. Dix unités font une dizaine, dix dizaines une centaine, dix centaines un millier
  • De position · le chiffre 3 ne signifie pas la même chose dans 3, 30, 300 ou 3 000. Sa position dans le nombre détermine sa valeur

Cette double idée explique pourquoi les difficultés de numération sont structurellement les difficultés du calcul. Un élève qui ne saisit pas la valeur positionnelle du chiffre fera massivement des erreurs en addition posée (« j'écris 12, je pose 1 et je retiens 2 »).

Trois supports canoniques à connaître

Le matériel de Montessori — perles d'or pour les unités, barres de 10 perles pour les dizaines, plaques de 100 pour les centaines, cubes de 1 000. Manipulation physique de la décomposition. Le tableau de numération (centaines · dizaines · unités) — formalisation de la position. Le matériel multi-base (cubes, barres, plaques) — abstraction de la décomposition. Chaque support travaille un aspect ; les meilleurs enseignants en utilisent plusieurs successivement.

Les structures additives et multiplicatives — Gérard Vergnaud

Le sens des opérations ne se réduit pas aux quatre symboles +, −, ×, ÷. Pour Gérard Vergnaud (champs conceptuels, 1990), une opération recouvre toute une famille de problèmes. Distinction fondamentale :

  • Champ conceptuel additif · regroupe addition, soustraction, et toutes les situations qui s'y rattachent — composition d'états (j'ai 3 billes, mon ami me donne 2, combien ?), transformation (j'avais 5 billes, j'en ai perdu 2, combien ?), comparaison (Léa a 7 ans, Tom a 3 ans de moins, quel âge ?), composition de transformations (cycle 3)
  • Champ conceptuel multiplicatif · regroupe multiplication, division, proportionnalité, et toutes les situations afférentes — itération (4 paquets de 3), partition (12 bonbons à partager entre 3), quotition (combien de paquets de 3 dans 12 ?), produit cartésien (3 jupes, 4 hauts, combien de tenues ?)

Conséquence didactique : varier les types de problèmes dans une même séance pour qu'un élève comprenne que « +, c'est plus que mettre ensemble ». Sinon, l'élève associe une opération à un mot-clé du texte, ce qui marche jusqu'au moment où ça échoue spectaculairement.

À retenir

La construction du nombre, en quatre piliers

  • Subitizing · percevoir immédiatement les petites quantités (cycle 1)
  • Cinq principes du comptage · Gelman & Gallistel · acquis progressivement de PS au CP
  • Numération décimale de position · grande affaire du CP-CE1 · deux idées conjointes
  • Champs conceptuels · Vergnaud · une opération = une famille de problèmes, à varier
05 — Fractions, décimaux, proportionnalité

Fractions, décimaux
& proportionnalité

Trois notions cycle 3 que le jury adore questionner — parce qu'elles cristallisent toutes les difficultés de l'enseignement primaire et qu'elles préparent directement les apprentissages du collège. Trois notions qui s'enchaînent dans une logique précise : la fraction, puis le décimal comme cas particulier de fraction, puis la proportionnalité comme structure unifiante.

La fraction — un nouveau type de nombre, pas un tour de magie

L'enseignement des fractions au cycle 3 (CM1) est souvent mal mené parce qu'il commence par la technique (« on additionne les numérateurs en gardant le dénominateur ») au lieu du sens. Pour Guy Brousseau et Roland Charnay, on construit la fraction en passant par quatre sens successifs :

  • Fraction-partage · 3/4 d'un gâteau = on partage le gâteau en 4 parts égales et on en prend 3. C'est le sens premier, intuitif
  • Fraction-mesure · 3/4 = la longueur qu'on obtient en reportant une unité divisée en 4 parts trois fois. Sens central pour le passage aux décimaux
  • Fraction-quotient · 3/4 = le résultat de la division 3 ÷ 4. Apparaît plus tardivement
  • Fraction-rapport · 3/4 = trois pour quatre, 75 %. Sens essentiel pour la proportionnalité

Une bonne séquence d'introduction des fractions ne reste jamais bloquée sur le seul sens partage : elle fait vivre les autres sens, en particulier le sens mesure, qui permet de construire les fractions sur une droite graduée et d'arriver naturellement aux décimaux.

Du fractionnaire au décimal — le pivot du CM1-CM2

Une erreur fréquente des enseignants est de présenter le décimal comme un objet nouveau (une « virgule »). Or, didactiquement, le décimal n'est qu'une écriture commode des fractions décimales (de dénominateur 10, 100, 1 000…) :

  • 3/10 s'écrit aussi 0,3
  • 27/100 s'écrit aussi 0,27
  • 3,14 = 3 + 1/10 + 4/100 = 314/100

Ce détour par les fractions décimales permet aux élèves de comprendre pourquoi 0,3 est plus petit que 0,5, pourquoi 2,5 + 1,7 ne se calcule pas en additionnant chiffre par chiffre comme 25 + 17, pourquoi 0,1 ≠ 0,01. Sans ce détour, les élèves traitent les décimaux comme deux entiers séparés par une virgule (la « conception erronée du décimal-couple »), ce qui produit des erreurs spectaculaires : 2,5 > 2,15 ? Non : 2,15 < 2,5 parce que 15/100 < 50/100.

L'erreur emblématique du décimal-couple

Demander à des élèves de CM2 de ranger 2,5 ; 2,12 ; 2,3 ; 2,07 dans l'ordre croissant. Réponse fréquente : 2,5 ; 2,07 ; 2,12 ; 2,3 (parce que « 5 < 07 » ?). En réalité l'élève ignore la position. La bonne réponse : 2,07 < 2,12 < 2,3 < 2,5. Cette erreur, documentée dans toutes les recherches en didactique (Brousseau notamment), est le marqueur d'une introduction des décimaux qui a sauté l'étape des fractions décimales.

La proportionnalité — quatre procédures à enseigner et faire varier

La proportionnalité est l'objet d'enseignement le plus important du cycle 3 — par ses applications (échelles, vitesses, pourcentages, recettes, plans), par ses prolongements (fonctions linéaires en 4e) et par sa difficulté. Les programmes attendent que les élèves connaissent et choisissent entre quatre procédures :

01Linéarité additive

Propriété additive de la linéarité

Si 3 stylos coûtent 4,50 €, alors 5 stylos = 3 + 2 stylos, donc on cherche le prix de 2 stylos puis on additionne. Procédure intuitive, accessible dès le CM1.

02Linéarité multiplicative

Propriété multiplicative de la linéarité

Si 3 stylos coûtent 4,50 €, alors 6 stylos coûtent 4,50 × 2 = 9 €. Très efficace quand le coefficient se voit (×2, ×3, ×10).

03Passage par l'unité

Passage par l'unité

Si 3 stylos coûtent 4,50 €, alors 1 stylo coûte 1,50 €, donc 5 stylos coûtent 7,50 €. Procédure générale, quasi infaillible mais parfois plus longue.

04Coefficient

Coefficient de proportionnalité

Si 1 stylo = 1,50 €, alors prix = 1,50 × nombre de stylos. Le coefficient (1,50) est le rapport constant. Procédure formelle, fin de cycle 3, qui prépare la fonction linéaire y = ax.

Les programmes 2025 demandent de varier les procédures et de ne pas imposer la « règle de trois » mécanique, qui peut masquer l'incompréhension. Une bonne séance de proportionnalité fait apparaître que selon les nombres, l'une ou l'autre procédure est plus économique.

La fausse proportionnalité — pédagogiquement essentielle

Tout problème exprimé avec deux grandeurs n'est pas proportionnel. Un classique de la formation : « Cinq ouvriers font le travail en dix jours. Combien de jours pour dix ouvriers ? » Réponse fausse fréquente : 20 jours (par règle de trois automatique). Réponse correcte : 5 jours (relation inversement proportionnelle).

Autre exemple : « Un coureur fait 100 m en 12 secondes. Combien fera-t-il en 24 secondes ? » La réponse 200 m suppose une vitesse constante — ce qui est faux pour un sprint. Le ministère insiste : les élèves doivent apprendre à identifier si une situation est proportionnelle avant d'appliquer une procédure. Critère : si on multiplie une grandeur par 2, l'autre doit aussi être multipliée par 2.

À retenir

Trois pivots à ne jamais sauter

  • Fraction · construire les quatre sens (partage · mesure · quotient · rapport), pas seulement le sens partage
  • Décimal · passer par les fractions décimales, pas par « la virgule »
  • Proportionnalité · enseigner les quatre procédures et faire identifier les situations vraies de proportionnalité
06 — Didactique

Didactique
des mathématiques

Cinq concepts didactiques que le jury cherche à entendre dans la bouche d'une candidate qui « pense en professionnelle ». Ils ne sont pas à réciter scolairement — ils sont à mobiliser pour analyser une situation, justifier un choix de séance, expliquer une erreur d'élève. La candidate qui les utilise naturellement à l'oral marque immédiatement la différence.

1 · La théorie des situations didactiques (Guy Brousseau)

Brousseau a montré dans les années 1970-80 que l'apprentissage mathématique ne se réduit pas à une transmission de savoirs : il se construit dans des situations où l'élève est en interaction avec un milieu (problème, matériel, autres élèves). Une bonne situation passe par quatre phases :

  • Phase d'action · l'élève agit sur le milieu (manipule, essaie, observe les conséquences)
  • Phase de formulation · l'élève verbalise sa stratégie, l'expose à un autre élève (qui la met à l'épreuve)
  • Phase de validation · les élèves discutent, justifient, prouvent — c'est l'émergence de la rationalité
  • Phase d'institutionnalisation · l'enseignant nomme le savoir construit, le formalise, le rattache aux concepts officiels

Ces quatre phases ne se déroulent pas forcément dans une seule séance — elles peuvent s'étaler sur plusieurs séances de la séquence. Mais une séquence sans institutionnalisation laisse l'élève dans le bricolage ; une séquence sans action ne construit pas le sens.

2 · La dévolution et le contrat didactique (Brousseau)

Concepts-clés de Brousseau, à connaître absolument :

  • La dévolution · acte par lequel l'enseignant transfère à l'élève la responsabilité de chercher la solution. Sans dévolution, l'élève attend que le maître donne la réponse — il n'apprend pas.
  • Le contrat didactique · ensemble des attentes implicites entre l'enseignant et les élèves. Ex : « le maître pose des questions auxquelles il connaît la réponse » ; « les problèmes ont une solution » ; « il faut utiliser le dernier outil vu en classe ». Quand le contrat n'est pas conscient, il peut produire des effets pervers — l'élève répond « on a fait des additions » sans avoir lu l'énoncé, parce qu'il infère ce qu'attend le maître

Une candidate qui à l'oral dit, par exemple : « avant de leur donner le matériel, je leur dévolue le problème en leur demandant de chercher seuls trois minutes », marque qu'elle pense en professionnelle.

3 · Les variables didactiques

Une variable didactique est un paramètre de la situation que l'enseignant peut faire varier pour modifier la difficulté ou la stratégie attendue. Quelques exemples :

  • Pour un problème additif · la taille des nombres (additions à passages de dizaine ou non), le type de problème (composition, transformation, comparaison), le contexte familier ou non
  • Pour la construction d'un triangle · les longueurs données (compatibles ou non avec l'inégalité triangulaire), la disposition initiale (un côté tracé ou non), les outils autorisés (équerre seule, compas seul, les deux)
  • Pour un calcul mental · l'écriture des nombres (chiffres, mots, doigts), la rapidité demandée, l'autorisation d'écrire ou non

Identifier les variables didactiques d'un exercice, c'est identifier les leviers de différenciation. Un même exercice avec des variables ajustées permet de proposer une version accessible pour un élève en difficulté, et une version plus exigeante pour un élève rapide.

4 · Les obstacles épistémologiques (Bachelard, Brousseau)

Certaines erreurs d'élèves ne sont pas des étourderies : elles s'enracinent dans des obstacles épistémologiques — c'est-à-dire des conceptions antérieures qui font écran au nouveau savoir. Quelques obstacles classiques :

  • « Multiplier, c'est augmenter » — vrai pour les entiers, faux pour les décimaux (0,5 × 4 = 2 < 4). L'obstacle vient de l'expérience initiale avec les entiers
  • « Le quotient est plus petit que le dividende » — vrai en division entière, faux pour la division décimale (10 ÷ 0,5 = 20 > 10)
  • « Plus il y a de chiffres après la virgule, plus le nombre est grand » — l'obstacle du décimal-couple, déjà vu

Reconnaître un obstacle change l'approche didactique : on ne « corrige » pas l'élève en répétant la règle ; on construit une situation qui le confronte à son obstacle et lui fait reconstruire son savoir.

5 · La transposition didactique (Yves Chevallard)

Concept déjà mentionné en section 02. Le savoir savant (mathématique de référence) ne devient pas spontanément le savoir enseigné dans une classe : il subit une transposition en plusieurs étapes. Le ministère, les programmes, les manuels, l'enseignant : chacun transforme le savoir, le simplifie, le réduit. Cette transposition est nécessaire mais elle est aussi un risque — celui de déformer le savoir au point qu'il ne serve plus à apprendre la version savante. Exemple : enseigner la division comme « partage en parts égales » ferme la voie à la division-quotient (combien de fois 5 dans 30 ?), pourtant essentielle.

Une bonne candidate sait dire, en parlant d'un manuel ou d'une fiche : « cette présentation est une transposition didactique qui privilégie le sens partage de la division. Pour ouvrir aussi le sens quotition, il faudrait… ».

À retenir

Cinq concepts didactiques à mobiliser à l'oral

  • Situations didactiques · action / formulation / validation / institutionnalisation (Brousseau)
  • Dévolution & contrat didactique · transférer la responsabilité de chercher (Brousseau)
  • Variables didactiques · les leviers de différenciation
  • Obstacles épistémologiques · l'erreur enracinée dans une conception antérieure (Bachelard)
  • Transposition didactique · du savoir savant au savoir enseigné (Chevallard)

Les utiliser sans les nommer, c'est rester vague ; les nommer sans les comprendre, c'est faire du jargon. La candidate doit pouvoir, pour chacun, donner un exemple concret en moins de 30 secondes.

07 — Démarches d'enseignement

Démarches d'enseignement
& résolution de problèmes

Au-delà des notions, il y a les démarches — la manière de mener une séance, de penser les progressions, de placer la résolution de problèmes au cœur. Le rapport Villani-Torossian (2018) en a fait l'orientation pédagogique majeure des dernières années. Trois démarches structurantes que la candidate doit connaître précisément.

1 · La démarche « manipuler · verbaliser · abstraire »

Inspirée des travaux de Jérôme Bruner et popularisée en France par Rémi Brissiaud et la méthode de Singapour, cette démarche structure les apprentissages en trois temps :

  • Manipuler · l'élève agit avec du matériel concret (jetons, cubes, bandes de papier, jeux). Il fait, observe, refait. Il construit du sens avant les symboles
  • Verbaliser · l'élève dit ce qu'il a fait, le formule, l'explique à un autre élève. Le langage médiatise la pensée. Il dessine, schématise, représente. C'est l'étape iconique
  • Abstraire · l'élève passe à la représentation symbolique : nombres, opérations, équations. Il peut résoudre sans le matériel

Cette progression est essentielle : une notion mathématique introduite directement par les symboles reste fragile. Un élève qui apprend « 3 + 2 = 5 » sans avoir manipulé reproduira mécaniquement, et échouera dès que le contexte changera.

2 · La résolution de problèmes — démarche centrale

Les programmes 2025 placent la résolution de problèmes au cœur de l'enseignement des mathématiques. Le rapport Villani-Torossian recommande au moins deux séances de résolution de problèmes par semaine de la GS au CM2. Le mathématicien George Polya a formalisé en quatre étapes la démarche de résolution, qui reste la référence :

01Comprendre

Comprendre l'énoncé

→ Que cherche-t-on ? Que sait-on ?

Lecture, reformulation, identification des données et de l'inconnue. Schéma, tableau, dessin si utile. C'est la phase la plus négligée — et la plus déterminante.

02Concevoir

Concevoir un plan

→ Quelle stratégie ?

Identifier les opérations utiles, choisir une procédure, anticiper les calculs. Si le problème ressemble à un problème déjà rencontré, mobiliser la même stratégie en l'adaptant.

03Exécuter

Mettre en œuvre le plan

→ Calculer, soigneusement.

Effectuer les opérations, vérifier les unités, écrire les calculs proprement.

04Examiner

Examiner le résultat

→ Le résultat est-il plausible ?

Vérifier l'ordre de grandeur, la cohérence avec le contexte, la réponse à la question posée. Phrase-réponse rédigée : pas un nombre nu mais une phrase complète qui répond au problème (« Le pâtissier a vendu 47 tartes »).

Distinction essentielle à connaître pour le jury :

  • Un problème pour apprendre · l'élève ne sait pas comment faire au départ ; le problème fait apprendre la notion. C'est une situation didactique au sens de Brousseau
  • Un problème pour réinvestir · l'élève maîtrise la notion ; le problème lui permet de la mobiliser dans un nouveau contexte
  • Un problème ouvert · pas de procédure unique, plusieurs voies de solution, encourage la pensée créative et la coopération

Une bonne séquence en alterne les trois types.

3 · La méthode de Singapour — la traduction française

Importée de Singapour à partir de 2010 et plébiscitée par le rapport Villani-Torossian, la « méthode de Singapour » est en réalité une mise en cohérence rigoureuse des démarches précédentes :

  • Démarche concret-pictural-abstrait (CPA) · exactement la séquence manipuler-verbaliser-abstraire
  • Modélisation en barres · représentation systématique des problèmes par des barres proportionnelles, qui rend visibles les relations entre grandeurs
  • Variation et différenciation · une notion est travaillée sous des variations multiples (variables didactiques)
  • Métacognition · l'élève est amené à réfléchir sur ses procédures (« comment as-tu fait ? », « pourquoi ça marche ? »)

La candidate n'a pas besoin de défendre ou de critiquer Singapour à tout prix : elle doit savoir la situer et savoir que c'est une référence mainstream actuelle. Un manuel comme Méthode de Singapour (Librairie des Écoles) est utilisé dans de nombreuses classes ; un manuel comme Cap Maths (Hatier) ou Outils pour les maths (Magnard) propose des démarches comparables sans s'en réclamer.

Le plan Villani-Torossian — 21 mesures à connaître globalement

Rapport remis en 2018 par Cédric Villani (médaille Fields) et Charles Torossian (inspecteur général). Vingt-et-une mesures pour transformer l'enseignement des mathématiques. La candidate doit connaître :

  • L'esprit général · revaloriser les mathématiques, donner toute leur place aux quatre opérations, faire pratiquer la résolution de problèmes deux fois par semaine, accorder une place centrale aux automatismes de calcul
  • Les mesures emblématiques · création des « laboratoires de mathématiques » (équivalent en collège), formation continue des enseignants à la didactique, mise à disposition de ressources de qualité (publication en 2018 de quatre guides oranges de référence — pour le calcul, la résolution de problèmes, la grandeur et la mesure, la géométrie)
  • La place des manipulations et du concret dans l'enseignement primaire

Citer Villani-Torossian dans un exposé sur la résolution de problèmes ou sur les automatismes de calcul est un signal positif fort pour le jury.

À retenir

Trois axes structurant les démarches actuelles

  • Manipuler · verbaliser · abstraire · une notion ne s'apprend pas par les symboles seuls
  • Polya en quatre temps · comprendre · concevoir · exécuter · examiner
  • Villani-Torossian · résolution de problèmes hebdomadaire, automatismes de calcul, place du concret
08 — Erreurs typiques

Erreurs typiques
& remédiations

Le jury teste presque systématiquement la capacité à analyser une production d'élève. Pas pour pointer l'erreur, mais pour comprendre ce que l'élève a fait, identifier l'obstacle, et proposer une remédiation ciblée. Voici les erreurs les plus fréquentes par domaine, avec leur diagnostic didactique.

Numération et calcul — les classiques du cycle 2

Erreur 1 — confusion entre chiffres et nombres. « 23, c'est un 2 et un 3 ». L'élève ne saisit pas que le 2 vaut 20 (deux dizaines). Diagnostic : la valeur positionnelle n'est pas construite. Remédiation : retour au matériel multi-base, décomposition systématique (23 = 20 + 3 = 2 dizaines + 3 unités), entraînement avec un tableau de numération.

Erreur 2 — addition sans gestion de la retenue. 27 + 18 = 315 (l'élève écrit 5 + 10). Diagnostic : pas de compréhension du regroupement par 10. Remédiation : situations concrètes avec billets/pièces ou paquets de 10, verbalisation explicite (« 7 + 8 = 15, soit 1 dizaine et 5 unités, je pose 5 et je retiens 1 dizaine »).

Erreur 3 — soustraction par éliminations indépendantes. 52 − 17 = 45 (l'élève fait 5 − 1 et 7 − 2 = « 7 − 2 » par renversement). Diagnostic : l'élève contourne la difficulté du « impossible » 2 − 7. Remédiation : enseigner explicitement les techniques (cassage d'une dizaine, complémentaire, ou méthode par addition à trous), avec matériel.

Fractions et décimaux — l'obstacle du nombre

Erreur 4 — comparer 2,5 et 2,15. L'élève dit que 2,15 > 2,5 (« 15 > 5 »). Obstacle du décimal-couple. Remédiation : retour aux fractions décimales (2,5 = 250/100 ; 2,15 = 215/100), placement sur droite graduée, lecture vocale exacte (« deux unités et cinq dixièmes » vs « deux unités et quinze centièmes »).

Erreur 5 — multiplier deux décimaux par addition de chiffres. 2,5 × 1,5 = 3,75 (l'élève fait 25 × 15 = 375 puis place une virgule au hasard). Cause : technique apprise sans sens. Remédiation : ordre de grandeur d'abord (2,5 × 1,5 ≈ 2,5 × 1,5, donc autour de 3,75 — entre 2,5 et 5), puis justification de la position de la virgule par les fractions décimales.

Erreur 6 — additionner les fractions « numérateur sur numérateur, dénominateur sur dénominateur ». 1/2 + 1/3 = 2/5. Erreur emblématique. Remédiation : revenir au sens (1/2 d'un gâteau + 1/3 d'un gâteau, ce n'est pas 2/5), passage par la mise au même dénominateur via le sens-mesure (sur une droite graduée, repérer 1/2 et 1/3, puis les ajouter en les transformant en 3/6 et 2/6).

Proportionnalité — la fausse proportionnalité

Erreur 7 — appliquer la proportionnalité à une situation qui n'en relève pas. Cinq ouvriers en dix jours, dix ouvriers en vingt jours (faux : 5 jours, par proportionnalité inverse). Diagnostic : l'élève applique la règle de trois sans vérifier l'hypothèse. Remédiation : enseigner explicitement le test de proportionnalité (« si je double les uns, doublé-je les autres ? »), proposer des exercices où certains sont proportionnels et d'autres non, demander aux élèves de classer.

Erreur 8 — règle de trois plaquée sur un graphique. L'élève sait calculer mais ne sait pas lire. Remédiation : multiplier les passages tableau ↔ graphique ↔ formule, faire identifier le caractère proportionnel par la droite passant par l'origine.

Mesures et conversions — un domaine ingrat

Erreur 9 — confondre périmètre et aire. « Le périmètre du rectangle 5 × 3 est 15 cm² ». Diagnostic : confusion grandeur (longueur vs aire) et confusion d'unités. Remédiation : manipulation, comptage de carreaux pour l'aire, périmètre à l'aide d'une ficelle, distinction explicite des grandeurs.

Erreur 10 — conversions tabulaires mécaniques. 3 m = 0,003 km (faux : 0,003 km). L'élève déplace des virgules sans comprendre. Remédiation : tableau de conversion justifié par les sous-multiples (1 km = 1 000 m donc 3 m = 3/1 000 km = 0,003 km), allers-retours grandeur ↔ mesure.

Géométrie — voir vs raisonner

Erreur 11 — un carré n'est pas un rectangle. Erreur enracinée parce qu'on présente carré et rectangle comme des « familles séparées » en cycle 2. Remédiation : travailler explicitement les inclusions (carré ⊂ losange ⊂ parallélogramme ; carré ⊂ rectangle ⊂ parallélogramme), construire des diagrammes d'inclusion en CM2.

Erreur 12 — propriétés perçues prises pour démontrées. L'élève dit qu'un quadrilatère est un parallélogramme « parce que ça se voit ». Étape attendue : passage de la géométrie perceptive à la géométrie instrumentée puis raisonnée. Remédiation : exercices où l'apparence trompe (par exemple un quadrilatère qui semble être un losange mais ne l'est pas), exigence de la justification par mesure ou propriété.

À retenir

La méthode pour analyser une erreur d'élève à l'oral

  • Décrire l'erreur précisément (ne pas dire « il s'est trompé » mais « il a fait ceci au lieu de cela »)
  • Diagnostiquer l'origine — est-ce un obstacle épistémologique ? une procédure mémorisée sans sens ? un manque de prérequis ?
  • Proposer une remédiation ciblée — pas une simple répétition de la règle, mais une situation qui fait travailler l'obstacle identifié

Cette méthode en trois temps est la grille à appliquer face à un document de production d'élève fourni par le jury.

09 — Méthodologie de l'exposé

Méthodologie
de l'exposé

Une heure de préparation pour 20 minutes d'exposé : c'est plus qu'il n'en faut si on a un protocole de travail efficace. Voici comment exploiter chaque minute, depuis la lecture du sujet jusqu'à l'arrivée devant le jury, avec un canevas d'exposé qui marche.

Les 60 minutes de préparation — découpage suggéré

5 min
Lecture & analyse du sujet
Lire l'intégralité du sujet et des documents deux fois. Surligner la notion centrale, repérer le cycle visé (cycle 2 ? cycle 3 ?), identifier les questions posées. Rédiger en haut d'une feuille la formulation de la notion à l'étude.
10 min
Brainstorming notionnel
Sur une feuille brouillon, écrire tout ce qu'on sait sur la notion : définition mathématique, place dans les programmes (cycles 1, 2, 3), prérequis, prolongements, difficultés typiques, situations d'apprentissage classiques. Lister sans filtrer. Cette phase de prise de stock est cruciale.
15 min
Réponses aux questions
Traiter les questions du sujet dans l'ordre, en justifiant chaque réponse. Si une question est mathématique pure (calcul, démonstration), faire au brouillon, sans précipitation, avec phrases de justification. Si une question est didactique (analyser une production, proposer une séance), structurer avec les concepts didactiques (variables, obstacles, dévolution).
15 min
Plan d'exposé & tableau
Structurer l'exposé : introduction (2 min : situer la notion, annoncer le plan), développement question par question (15 min), conclusion (3 min : synthèse, ouverture). Préparer les schémas et calculs au tableau — quoi écrire, où, dans quel ordre. Ne pas tout écrire au tableau pendant l'exposé mais préparer mentalement les schémas-clés.
10 min
Anticipation & relecture
Anticiper les questions connexes du jury : « sur cette notion, qu'est-ce qu'ils peuvent me demander en plus ? ». Lister 4 ou 5 axes (lien avec d'autres notions, prolongements en collège, situations didactiques alternatives). Relire ses notes, vérifier qu'on ne s'est pas trompée, respirer.
5 min
Mise en condition
Eau, posture, respiration. Relire le plan une dernière fois. Se rappeler : le jury ne cherche pas à piéger, il cherche à voir si je peux devenir collègue.

Le canevas d'exposé qui marche

Voici une structure-type adaptable à presque tous les sujets, en 20 minutes :

01Introduction

Situer et annoncer · 2 minutes

Énoncer la notion centrale en utilisant le vocabulaire mathématique exact. Préciser le cycle. Annoncer brièvement le plan : « je traiterai successivement les trois questions du sujet, en m'appuyant sur les documents fournis ; en conclusion, je proposerai une séquence-type. »

02Développement

Traiter chaque question · 15 minutes

Pour chaque question du sujet : reformuler la question, exposer la réponse mathématique avec justification, faire le lien avec les documents fournis (les exploiter explicitement, ne pas les ignorer), poser la résonance didactique (en classe, ce qu'on attendrait, ce qu'on ferait varier). Aller au tableau pour les notations, les schémas, les calculs.

03Conclusion

Synthétiser et ouvrir · 3 minutes

Récapituler en 30 secondes les points-clés. Proposer une ouverture didactique : prolongements possibles, articulation avec d'autres notions, situations à conduire en classe. Cette ouverture est précieuse — elle nourrit l'échange à venir.

L'échange avec le jury — les 40 minutes décisives

Après l'exposé, le jury reprend, demande, approfondit. Quelques principes à appliquer :

  • Écouter la question entière avant de répondre. Reformuler si on n'est pas sûre : « si je comprends bien, vous me demandez si… ». Cette reformulation gagne du temps de réflexion sans paraître hésitante
  • Aller au tableau pour toute question impliquant un calcul, un schéma, une démonstration. Le jury attend qu'on l'utilise
  • Si on ne sait pas, le dire · « je ne suis pas certaine de la réponse, je vais raisonner avec vous… » est mieux qu'une réponse fausse confiante. Le jury peut accompagner
  • Si on s'est trompée et qu'on s'en rend compte, se reprendre · « je viens de réaliser une erreur dans ce que j'ai dit, en fait… ». La capacité à se corriger est un signe de maturité professionnelle
  • Ne pas tout deviner · si la question semble bizarre, demander une précision. « Voulez-vous une approche didactique ou mathématique ? »
Le piège fréquent — l'exposé fleuve

Une erreur classique : faire un exposé de 30 minutes au lieu de 20, en se disant que « plus on en dit, mieux c'est ». Le jury ne coupe pas mais sanctionne. La règle : 20 minutes pile, ni plus ni moins. Mieux vaut un exposé concis qui laisse 40 minutes d'échange (où l'on peut briller) qu'un exposé bavard qui ennuie le jury et écourte l'échange. La candidate doit s'entraîner au minutage.

À retenir

Cinq commandements de l'exposé

  • 1. Tu utiliseras le tableau (notations, schémas, calculs)
  • 2. Tu exploiteras les documents fournis (les ignorer est éliminatoire)
  • 3. Tu respecteras les 20 minutes d'exposé (pas de fleuve)
  • 4. Tu mobiliseras les concepts didactiques en les nommant
  • 5. Tu accepteras d'être reprise sans t'effondrer
10 — Annales

Sujets zéro
commentés

Le ministère a mis en ligne deux exemples de sujets pour la première épreuve orale (mathématiques), accompagnés de vidéos pédagogiques et d'attendus. Ces sujets « zéro » sont, à ce jour, la meilleure boussole disponible pour comprendre ce que le jury attend. Voici leur structure-type et un cas commenté.

Structure typique d'un sujet

D'après les sujets zéro disponibles sur devenirenseignant.gouv.fr, un sujet d'oral mathématiques contient trois éléments :

  • Un titre · une notion mathématique précisée (par exemple « Grandeurs et mesures », ou « Périmètre et aire », ou « Construction du nombre au cycle 2 »)
  • Un ou plusieurs documents · extraits de manuel, énoncés d'exercice, productions d'élève, situations-problème. En général 2 à 4 documents, variés
  • Une série de questions · 3 à 5 questions, mêlant des questions purement mathématiques (résolution d'un exercice, démonstration), des questions didactiques (analyse d'un document, proposition de séance), et des questions de programme (situer la notion dans les cycles)

Exemple commenté — sujet zéro n°2 « Grandeurs et mesures »

Sujet officiellement publié et présenté en vidéo par la DGESCO. La notion à étudier est les grandeurs et mesures, et notamment la relation aire-périmètre. Trois documents typiquement fournis : (1) un exercice mathématique sur le calcul d'une aire (carré inscrit dans un cercle, par exemple), (2) un extrait de manuel cycle 3 introduisant la notion, (3) une production d'élève montrant une erreur classique.

Question 1 (mathématique) — Calculer l'aire de la zone hachurée

Réponse-type · soustraire l'aire du carré à l'aire du cercle (ou inverse selon la disposition). Aire du cercle = π × r², aire du carré = c². Soigner le vocabulaire (aire, et non surface), justifier les formules, donner une valeur exacte (sous forme π × r² − c²) puis arrondir si demandé.

Question 2 (didactique) — Analyser la production d'élève

Approche-type · décrire ce que l'élève a fait précisément, identifier l'erreur (par exemple confusion périmètre-aire, ou conversion ratée), diagnostiquer l'origine didactique (obstacle, contrat didactique, manque de prérequis), proposer une remédiation. « L'élève a additionné les côtés au lieu de calculer l'aire. Diagnostic : confusion périmètre-aire, classique en CM. Remédiation : revenir à la situation de pavage (combien de carrés-unités tiennent dans la figure) avant les formules. »

Question 3 (programme) — Situer la notion dans les cycles

Réponse-type · cycle 2 (CE1-CE2) : comparaisons d'aires sans mesure (avec pavages), notion de périmètre comme « ficelle qui fait le tour ». Cycle 3 (CM1-CM2-6e) : aires de figures usuelles avec formules, conversions (cm², m², ha, km²), distinction aire-périmètre travaillée explicitement. Cycle 4 : généralisation, calcul littéral, théorème de Pythagore pour l'aire de figures complexes.

Erreurs fréquentes à l'épreuve — d'après les retours du ministère

D'après les vidéos de présentation et les retours d'inspecteurs généraux qui ont préparé l'épreuve, les erreurs fréquentes des candidats sont :

  • Vocabulaire mathématique imprécis · confondre aire et surface, côté et arête, cercle et disque. Le jury sanctionne
  • Justifications absentes · donner une formule sans la justifier, énoncer un résultat sans démontrer. Or l'attendu est un raisonnement explicité
  • Documents ignorés · faire l'exposé comme si les documents n'existaient pas. Erreur grave : ils sont là pour être exploités
  • Posture défensive · refuser de reconnaître une erreur quand le jury la signale. Mieux vaut accepter, se reprendre, et continuer
  • Absence de lien avec la classe · faire un exposé purement mathématique, sans rapport au métier d'enseignant. Or l'épreuve est une projection métier

Sujets-types à anticiper — palette indicative

Sans liste exhaustive ni officielle, voici une palette de sujets cohérents avec le programme et les retours d'expérience d'autres concours similaires :

  • Nombres et calculs · construction du nombre au cycle 1 · numération décimale au cycle 2 · introduction des fractions au cycle 3 · sens et techniques de la division
  • Grandeurs et mesures · périmètre et aire · les unités de mesure · vitesses et durées · contenances et volumes
  • Espace et géométrie · les transformations · construction de figures · solides et patrons · symétrie axiale
  • Données et proportionnalité · les quatre procédures de proportionnalité · pourcentages et échelles · lecture de graphiques · premières probabilités au cycle 3
  • Transverse · résolution de problèmes · calcul mental · pensée informatique · liens entre domaines
À retenir

L'esprit du sujet zéro

Le ministère et les inspecteurs généraux ont été clairs dans leurs vidéos : « le jury ne cherche pas à piéger, il cherche à voir si la candidate sait penser en enseignante ». Cela signifie qu'un calcul faux n'est pas éliminatoire si la candidate le détecte et le corrige. Une notion mal maîtrisée n'est pas éliminatoire si la candidate sait raisonner avec le jury pour la reconstruire. L'éliminatoire, c'est la posture absente, le silence, la fuite.

11 — Bibliographie

Bibliographie
& ressources

Tout ne peut pas être lu d'ici l'oral. Voici les ressources réellement utiles, classées par priorité — celles à connaître absolument, celles à parcourir si le temps le permet, celles à garder pour la suite. Chaque ouvrage a une raison d'être dans la liste.

Ressources prioritaires — à maîtriser

Programmes officiels (BO 2025) · cycles 1, 2, 3 et cycle 4. Disponibles gratuitement sur eduscol.education.fr. Lecture intégrale obligatoire — pas pour mémoriser tout, mais pour pouvoir s'y référer naturellement à l'oral.

Sujets zéro et attendus du ministère · sur devenirenseignant.gouv.fr, deux sujets zéro maths + vidéos pédagogiques + note d'attendus. À regarder en entier au moins deux fois. C'est la photographie la plus précise de ce que veut le jury.

Rapport Villani-Torossian · 21 mesures pour l'enseignement des mathématiques, 2018. La synthèse des 4-5 pages introductives suffit à connaître l'esprit. Le rapport intégral n'est pas exigible.

Guides de référence DGESCO (« guides oranges ») · quatre guides publiés en 2018 et mis à jour : « Pour enseigner le calcul », « Pour enseigner les nombres, le calcul et la résolution de problèmes », « Pour enseigner les grandeurs, les mesures et la proportionnalité », « Pour enseigner la géométrie ». Téléchargeables sur Eduscol.

Auteurs incontournables — à identifier en quelques mots

Ne pas chercher à lire tous ces auteurs (impossible en quelques mois), mais à savoir les citer avec une phrase juste sur leur apport :

  • Guy Brousseau · théorie des situations didactiques (action, formulation, validation, institutionnalisation), dévolution, contrat didactique, obstacles épistémologiques
  • Gérard Vergnaud · théorie des champs conceptuels (additif, multiplicatif), schèmes, théorèmes-en-acte
  • Yves Chevallard · transposition didactique (savoir savant → savoir à enseigner → savoir enseigné)
  • Roland Charnay · didactique de la résolution de problèmes ; co-auteur de Cap Maths
  • Rémi Brissiaud · construction du nombre au cycle 1, méthode J'apprends les maths
  • Marie-Jeanne Perrin-Glorian · trois géométries (perceptive · instrumentée · raisonnée)
  • Jérôme Bruner · démarche concrète-iconique-symbolique (dans le sillage de Piaget)
  • George Polya · démarche en quatre temps de résolution de problèmes
  • Cédric Villani & Charles Torossian · plan pour l'enseignement des mathématiques (2018)

Une candidate qui mentionne au moins trois de ces auteurs au fil de son exposé et de l'échange marque sa connaissance du champ.

Ouvrages et manuels recommandés

Si le temps disponible est limité, prioriser :

  • Cap Maths (Hatier) · le manuel le plus utilisé en France ; lecture du guide pédagogique du CM1 ou CM2 = aperçu solide des progressions et des situations
  • ERMEL (Hatier) · ouvrages de référence en didactique pour chaque niveau du primaire ; volumes denses mais lumineux
  • Méthode de Singapour (Librairie des Écoles) · pour comprendre la démarche concret-pictural-abstrait en pratique
  • Comment les enfants apprennent les mathématiques (S. Baruk, Retz) · ouvrage généraliste accessible, traversées de cas concrets
  • L'enseignement des mathématiques à l'école primaire (R. Charnay, Hatier) · ouvrage de synthèse pédagogique idéal pour le concours

Sites et plateformes

Eduscol.education.fr · le site officiel des programmes et ressources DGESCO. Onglet « mathématiques cycles 1, 2, 3 ». Indispensable.

IFE — Institut Français de l'Éducation (ENS Lyon) · publications de recherche en didactique, cahiers Mathématiques en débat.

IREM · Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques. Chaque académie a son IREM ; ressources et brochures de qualité.

MathsEnVie · projet collaboratif autour de la résolution de problèmes ancrés dans le quotidien. Référencé par le ministère.

Primaths.fr · plateforme de calcul mental et automatismes recommandée dans le plan Villani-Torossian.

Cnesco · le Conseil national d'évaluation du système scolaire publie des conférences de consensus dont plusieurs sur les mathématiques (numération, résolution de problèmes).

Programme de révision conseillé sur 3 mois

Avec une heure quotidienne, voici un découpage qui couvre l'essentiel :

  • Mois 1 · lecture intégrale des programmes des trois cycles + cycle 4. Visionnage des vidéos de présentation du ministère. Une notion mathématique par jour à révéiller du collège (théorème de Pythagore, Thalès, identités remarquables, etc.)
  • Mois 2 · approfondissement par domaine : une semaine nombres et calculs, une semaine grandeurs et mesures, une semaine espace et géométrie, une semaine données et proportionnalité. Pour chaque domaine : quelques notions-phares + concepts didactiques associés
  • Mois 3 · entraînement à l'exposé sur des sujets-types. Chronométrage strict des 20 minutes. Au moins 3 oraux blancs avec retour. Relecture des erreurs typiques, des concepts didactiques, du vocabulaire mathématique précis
À retenir

La règle d'or des révisions

Mieux vaut connaître très bien quelques ressources-clés (programmes BO, sujets zéro, un manuel, un guide DGESCO) que survoler dix ouvrages didactiques. Le jury repère immédiatement la candidate qui récite des concepts sans les comprendre. À l'inverse, une candidate qui mobilise avec justesse Brousseau, Vergnaud et un exemple de séance vue dans un manuel marque davantage qu'une candidate qui cite vingt auteurs sans connecter au concret.

— Fin du Vol. 04 —

Vol. 05 · Fiches de révision V1 · Mai 2026
Vol. 05 · Le concentré

Fiches
de révision

Le précipité des quatre volumes en fiches courtes : ce qu'il faut savoir, dans l'ordre, sans détails superflus. Chaque fiche renvoie au chapitre source par un clic — et le bouton « ↩ Retour » de la barre flottante ramène ici en un clic.

01 — Méthodologie

Méthodologie
& éloquence

Onze fiches visuelles pour flasher le cerveau : couleurs vives, schémas mnémoniques, acronymes en gros, schémas SVG. À balayer du regard pour réactiver les acquis. Cliquer sur le lien d'une fiche ouvre le chapitre détaillé — le bouton ↩ Retour ramène ici.

F-01Vol. 01 · §01

Architecture des 2 épreuves

×5
Leçon
FR ou maths
1 h prépa + 1 h oral
×3
Entretien
EPS 20 ′
+ Motivation 35 ′
⚠ Note 0 = éliminée
▸ En bref

L'admission tient sur 2 épreuves orales qui pèsent inégalement : la leçon disciplinaire compte presque le double de l'entretien. Ne pas négliger l'entretien pour autant : il a 2 sous-parties (EPS + Motivation) avec leurs propres exigences.

▸ À retenir
  • Leçon · coef 5 · 1 h prépa puis 1 h oral (FR ou maths au choix)
  • Entretien · coef 3 · 35 min total (EPS 20 min + Motivation 15 min)
  • Note < 5 sur 20 = note éliminatoire sur l'épreuve
  • Total admission ~31 % du concours · admissibilité (écrits) ~69 %
  • Ratio 5/8 de la note d'admission vient de la leçon
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F-02Vol. 01 · §02

L'échange avec le jury

20 min · 4-5 questions · ≈ 4 min/question

Programmes Didactique Séance Valeurs Parcours

reformuler avant de répondre

▸ En bref

Après l'exposé, le jury teste la candidate avec 4 à 5 questions piochées dans 5 grands registres. Reformuler chaque question est un réflexe-clé : ça gagne du temps et ça vérifie qu'on a compris.

Reformulation  →  Réponse cadrée  →  Lien à l'expérience
▸ À retenir
  • 20 min au total · ≈ 4-5 questions · ≈ 4 min/réponse
  • 5 registres : programmes, didactique, séance, valeurs, parcours
  • Toujours reformuler avant de répondre : « Si je vous comprends bien, vous me demandez… »
  • Si on ne sait pas : dire ce qu'on sait autour, pas inventer
Piège : répondre du tac au tac sans reformuler. On part dans le hors-sujet et on perd 4 minutes.
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F-03Vol. 01 · §03

Méthode 4 temps

Question générale · ~1 min

1
Situer
2
Définir
3
Organiser
4
Justifier
▸ En bref

Méthode pour répondre à une question générale du jury (genre « qu'est-ce que la laïcité ? » ou « à quoi sert l'évaluation ? ») en 1 minute. On ne plonge pas tête baissée : on situe, on définit, on organise, on justifie.

▸ À retenir
  • Situer · « cette notion s'inscrit dans… » (replacer dans son contexte)
  • Définir · donner une définition courte et précise (1 phrase)
  • Organiser · annoncer 2-3 axes (« j'aborderai sous trois angles… »)
  • Justifier · pourquoi c'est important pour l'école / les élèves
  • Tempo : ~15 sec par étape = 1 min total
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F-04Vol. 01 · §04

Méthode 5 temps

Mise en situation · ~2-3 min

1
Reformuler
2
Identifier
3
Cadrer
4
Agir
5
Articuler
▸ En bref

Variante plus longue (2 à 3 min) pour une mise en situation concrète : « un parent vous dit X, que faites-vous ? ». On ne se précipite pas sur l'action : d'abord on reformule, on identifie l'enjeu, on cadre légalement.

▸ À retenir
  • Reformuler · récapituler la situation pour vérifier qu'on a compris
  • Identifier · quel principe ou valeur est en jeu ? (laïcité, sécurité, neutralité…)
  • Cadrer · sur quel texte officiel s'appuyer (loi, BO, charte)
  • Agir · ce que je fais concrètement (étape par étape)
  • Articuler · ouvrir vers la dimension éducative (ce que ça apprend à l'élève)
Méthode 4 temps pour les questions générales · Méthode 5 temps pour les cas pratiques. Ne pas mélanger.
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F-05Vol. 01 · §05

7 écueils à éviter

  • Lire ses notes
  • Réciter par cœur
  • Parler trop vite ou trop bas
  • Ignorer le jury
  • Bavarder dans le vide
  • Improviser sur l'inconnu
  • Refuser de se reprendre
▸ En bref

Les 7 péchés capitaux de l'oral CRPE. Ce sont les comportements qui font perdre le plus de points indépendamment du contenu. La candidate peut maîtriser parfaitement son sujet et tomber à cause de l'un seul de ces écueils.

▸ Antidotes
  • Lire ses notes → ne garder que des mots-clés, regard sur le jury
  • Réciter → respirer, varier le débit, accepter l'imperfection
  • Trop vite/bas → ralentir consciemment (3 mots/sec), projeter
  • Ignorer le jury → balayer du regard les 3 personnes en alternance
  • Bavarder → si je n'ai rien à dire, je m'arrête au lieu de meubler
  • Improviser sur l'inconnu → assumer « je ne sais pas, en revanche… »
  • Ne pas se reprendre → corriger une erreur en direct est valorisé
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F-06Vol. 01 · §06

5 canons de Cicéron

Inventiotrouver
Dispositioorganiser
Elocutiomettre en mots
Memoriaretenir
Actiodélivrer
▸ En bref

Cicéron (De Oratore, 55 av. J.-C.) découpe l'art oratoire en 5 étapes successives, du brouillon mental à la livraison face au jury. C'est la checklist universelle pour préparer n'importe quel oral, jusqu'aujourd'hui encore.

InventioDispositioElocutioMemoriaActio
fond     plan     style     mémoire     oral
▸ À retenir
  • Inventio · trouver les idées, exemples, arguments
  • Dispositio · les organiser en plan (intro, développement, conclusion)
  • Elocutio · les formuler avec précision (mots, figures, tournures)
  • Memoria · les retenir suffisamment pour ne pas dépendre de notes
  • Actio · les délivrer (voix, corps, regard) le jour J
  • Sur les 60 min de prépa : 40 min pour Inventio + Dispositio, 20 min pour le reste
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F-07Vol. 01 · §07

La voix · 5 leviers

  • Respiration · ventrale
  • Débit · ~3 mots/sec
  • Silence · le pouvoir du blanc
  • Mélodies · montées, chutes
  • Diction · articulation
▸ En bref

Le jury entend la voix avant le contenu. Une voix mal posée déclasse même un excellent fond. 5 leviers actionnables pour poser sa voix sans coaching pro : respirer du ventre, ralentir, oser le silence, varier la mélodie, articuler.

▸ À retenir
  • Respiration ventrale · main sur le ventre, le ventre se gonfle (pas la poitrine). C'est la base.
  • Débit · viser ~3 mots/sec (≈180 mots/min). On a tendance à accélérer sous stress.
  • Silence · marquer un blanc avant un mot fort attire l'attention (effet « suspense »)
  • Mélodies · monter en fin de question, descendre en fin d'affirmation
  • Diction · articuler exagérément à l'entraînement (stylo entre les dents) pour parler net en vrai
Test maison : s'enregistrer 1 min sur le téléphone et se réécouter. C'est désagréable mais imparable pour repérer ses tics.
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F-08Vol. 01 · §08

Corps et regard

Ancrage
Pieds plantés
Poids 50/50
Mains
Ouvertes
Parlantes
Regard
Balayage
gauche · centre · droite
Sourire
Naturel
pas figé
▸ En bref

Le jury décode le langage non-verbal en quelques secondes : si le corps trahit le stress, le contenu est mal reçu. 4 réglages mécaniques à appliquer : ancrer, libérer les mains, balayer du regard, sourire.

▸ À retenir
  • Ancrage · pieds écartés largeur des hanches, poids 50/50, pas de balancement
  • Mains · ouvertes (paumes visibles = honnêteté), accompagnent les idées · jamais dans les poches
  • Regard · balayer les 3 jurés (gauche → centre → droite), 3-5 sec chacun
  • Sourire · doux et naturel, pas commercial · à l'arrivée et au départ surtout
  • Si on perd ses moyens : revenir à la respiration et aux pieds plantés
Tics à traquer : tripoter ses cheveux, se gratter, se balancer, croiser les bras. Repérables seulement en se filmant.
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F-09Vol. 01 · §09

AREL · structurer un argument

A R E L
  • Affirmation · la thèse
  • Raison · pourquoi
  • Exemple · illustrer
  • Lien · retour à la question
▸ En bref

Acronyme pour structurer chaque argument du discours en 4 mouvements brefs. Évite l'écueil n°1 du débutant : dire une thèse sans la justifier, ou la justifier sans exemple. AREL force à boucler la boucle.

Affirmation → Raison → Exemple → Lien
je dis quoi je dis pourquoi je le montre je reviens
▸ Exemple AREL en action
  • A : « La laïcité protège l'élève. »
  • R : « Parce qu'elle garantit que l'école n'impose aucune croyance. »
  • E : « Par exemple en EMC, on étudie les religions sans en pratiquer aucune. »
  • L : « C'est ce qui permet à chaque élève de se construire librement. »
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F-10Vol. 01 · §10

Triangle de Houssaye

+ Perrenoud · 10 nouvelles compétences

▸ En bref

Jean Houssaye (Le triangle pédagogique, 1988) modélise toute situation d'enseignement par un triangle entre 3 sommets : savoir, maître, élève. Chaque côté = une relation, et selon le côté privilégié, la posture du maître change radicalement.

Maître ↔ Savoir = enseigner (le cours magistral)
Maître ↔ Élève = former (le coaching, l'accompagnement)
Élève ↔ Savoir = apprendre (la situation-problème, la découverte)
▸ À retenir
  • Houssaye dit : « tout privilège donné à 2 sommets fait du 3e le mort »
  • Privilégier maître+savoir → l'élève chahute (le mort)
  • Privilégier maître+élève → le savoir disparaît (l'animation sympa)
  • Privilégier élève+savoir → le maître s'efface (mais doit cadrer)
  • Bonne pédagogie = savoir basculer entre les 3 selon le moment
  • Complément Perrenoud (1999) · Dix nouvelles compétences pour enseigner · ESF
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F-11Vol. 01 · §11

Préparer · jour J · récupérer

Avant
Connaître
simuler
polir
Matin J
Sommeil
repas
ponctualité
Sur place
Eau
respiration
pas de relecture
Après
Repas
débrief
repos
▸ En bref

L'oral n'est pas qu'un moment de 60 minutes : il commence plusieurs semaines avant et continue après. Hygiène mentale et physique sur les 4 phases pour que le contenu intellectuel soit servi par un corps et un esprit dispos.

▸ À retenir
  • Avant · simuler en conditions réelles · enregistrer · réviser à blanc
  • Matin J · réveil 2 h avant · petit-déjeuner protéiné · arriver 30 min en avance
  • Sur place · bouteille d'eau · respiration carrée 4-4-4-4 · ne pas relire ses notes 5 min avant
  • Après · ne pas analyser à chaud · repas, marche, sommeil · le débrief vient le lendemain
  • L'oral est un marathon, pas un sprint. Préserver son énergie sur les 2 épreuves.
Erreur fréquente : réviser jusqu'à 23 h la veille. Au-delà de 21 h, on désapprend. Faire confiance au travail accompli et dormir.
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02 — EPS

Éducation physique
& sportive

Dix-sept fiches pour le bloc 1 de l'entretien. APSA, programmes, sécurité, cultures, enjeux : l'essentiel pour réagir à une question tirée au sort en 20 minutes.

F-12Vol. 02 · §01

Architecture du bloc EPS

1
Tirage
2
Réponse
3
Échange

20 min · 1 question parmi 2 · partagé avec bloc 2 (coef 3)

▸ En bref

Première partie de l'entretien d'admission. La candidate tire 2 sujets EPS, en choisit 1, prépare 30 min puis présente 10 min suivies d'un échange. C'est la moitié du bloc 2 (l'autre moitié = motivation).

▸ À retenir
  • Tirage : 2 sujets EPS au choix · choisir vite (60 sec max)
  • Préparation : 30 min sur un cycle, une séance ou une situation
  • Oral : exposé 10 min + échange 10 min = 20 min total
  • Bloc 2 entier (EPS + motivation) = coef 3 · note < 5/20 éliminatoire
  • Pas de leçon à construire : on présente une analyse de situation EPS
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F-13Vol. 02 · §02

Comprendre le sujet · 3 composantes

Thème
la question posée
APSA
activité support
Domaine
3 cultures

analyser en 2 minutes

▸ En bref

Tout sujet EPS se décompose en 3 composantes à identifier en 2 minutes avant de plonger. Confondre les 3 = traiter à côté. Le thème dit la question, l'APSA dit avec quoi, le domaine dit pourquoi.

Thème = la question pédagogique (apprendre quoi ?)
APSA = l'activité support (avec quoi on apprend ?)
Domaine = la finalité (sportive ? corporelle ? citoyenne ?)
▸ À retenir
  • APSA = Activité Physique Sportive et Artistique · acronyme officiel
  • Thème typique : « coopération en CE1 par jeux collectifs » · « sécurité en cycle 3 par escalade »
  • Toujours citer le cycle (1, 2 ou 3) et le champ d'apprentissage (CA 1 à 4)
  • Erreur classique : parler de l'APSA sans relier à un objectif d'apprentissage
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F-14Vol. 02 · §03

Programmes EPS · cadre officiel

  • Finalité · former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué
  • 5 compétences générales
  • 4 champs d'apprentissage
  • 5 domaines du socle commun
▸ En bref

L'EPS n'est pas juste du sport : c'est une discipline scolaire à part entière, encadrée par les programmes officiels. Sa finalité républicaine : former le citoyen physiquement éduqué. Tout y est codifié : 5 compétences, 4 champs, 5 domaines du socle.

▸ À retenir
  • Texte de référence : BO du 26 juillet 2018 (programmes consolidés cycles 2 et 3)
  • 3 h hebdomadaires obligatoires en cycles 2 et 3 (108 h annuelles)
  • 5 compétences générales : développer sa motricité · s'approprier méthodes · partager des règles · apprendre à entretenir sa santé · s'approprier une culture physique sportive et artistique
  • 4 champs (CA 1 à 4) : produire / adapter / s'exprimer / affronter (voir F-15)
  • 5 domaines du socle : langages · méthodes · personne et citoyen · systèmes naturels et techniques · représentations
Piège du jury : « l'EPS, c'est pour défouler les enfants ? ». NON. C'est une discipline d'enseignement avec ses savoirs propres.
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F-15Vol. 02 · §04

CA 1 · Produire une performance

Performance optimale, mesurable, à échéance donnée

Athlétisme Natation

Cycles 2 & 3 · auto-amélioration · projet d'apprentissage

▸ En bref

Premier des 4 champs d'apprentissage. Logique : se mesurer à soi-même ou à un standard, avec une performance chiffrée. L'élève apprend à se fixer un objectif, planifier l'effort, mesurer son progrès dans la durée.

▸ À retenir
  • Mot-clé : performance mesurable (temps, distance, hauteur, nombre)
  • APSA principales : athlétisme (course, sauts, lancers) · natation vitesse
  • Compétences : s'engager dans l'effort · se préparer · évaluer son résultat
  • Démarche : enregistrer un contrat individuel de progrès (record perso → cible)
  • Cycles concernés : 2 et 3 principalement (la performance chiffrée est inadaptée au cycle 1)
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F-15bVol. 02 · §04

CA 2 · Adapter ses déplacements

À des environnements variés ou incertains

Orientation Vélo Natation Ski

Lecture du milieu · prise d'info · décision rapide

▸ En bref

Deuxième champ. Logique : évoluer dans un environnement qui change ou qu'on découvre. L'élève apprend à lire le milieu, prendre des infos, décider, gérer le risque. Pas de performance chiffrée : l'enjeu est la justesse de la décision.

▸ À retenir
  • Mot-clé : adaptation à un milieu variable ou inconnu
  • APSA : orientation · vélo (SRAV) · natation en milieu naturel · ski · escalade
  • Compétences : repérer les indices · choisir un itinéraire · gérer son équilibre, sa peur
  • Démarche typique : course d'orientation, parcours en autonomie
  • Travail croisé avec maths (codage spatial, plans) et sciences (énergie, environnement)
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F-15cVol. 02 · §04

CA 3 · S'exprimer devant les autres

Communiquer une intention, une émotion par le mouvement

Danse Cirque Gym artistique

Cycles 1, 2 & 3 · regard du public · risque émotionnel

▸ En bref

Troisième champ. Logique : communiquer une intention par le mouvement, devant un public. C'est le seul champ où l'enjeu est artistique et émotionnel. Le risque pour l'élève n'est pas physique mais social : oser se montrer.

▸ À retenir
  • Mot-clé : communiquer un message (émotion, narration, esthétique)
  • APSA : danse (création, expression) · cirque · gymnastique artistique & rythmique
  • Compétences : composer · interpréter · regarder l'autre sans juger
  • Concerne les 3 cycles, dès la maternelle (rondes, jeux dansés)
  • Construit l'estime de soi, lutte contre la peur du jugement
Posture enseignante : instaurer un climat de bienveillance absolue. Pas de moqueries possibles. C'est la condition pour que l'élève ose.
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F-15dVol. 02 · §04

CA 4 · Conduire un affrontement

Individuel ou collectif

Jeux collectifs Jeux d'opposition

Stratégie · respect des règles · gain & défaite

▸ En bref

Quatrième champ. Logique : opposer pour gagner, individuellement ou en équipe. L'élève apprend à élaborer une stratégie, respecter des règles, accepter la défaite. Pilier de l'éducation à la citoyenneté par le sport.

▸ À retenir
  • Mot-clé : affrontement codifié par des règles · individuel ou collectif
  • APSA : jeux collectifs (handball, basket adapté, ultimate) · jeux d'opposition (lutte, judo)
  • Compétences : élaborer une stratégie · coopérer · respecter l'adversaire · accepter la décision
  • L'arbitrage par les élèves est central : rotation des rôles (joueur / arbitre / observateur)
  • Construit la citoyenneté sportive : gérer ses émotions dans la victoire et la défaite
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F-16Vol. 02 · §05

Développement de l'enfant

Cognitif
comprendre, anticiper
Affectif
émotions, confiance
Moteur
geste, coordination

3 dimensions en interaction permanente

▸ En bref

L'EPS travaille l'enfant dans son entier : pas seulement le corps. Cognitif (comprendre la consigne), affectif (gérer la peur, la frustration), moteur (le geste). Les 3 sont indissociables dans toute situation EPS.

▸ À retenir
  • Cognitif : comprendre, anticiper, mémoriser, planifier (avant et pendant l'action)
  • Affectif : oser, gérer émotions, confiance en soi, rapport à l'échec
  • Moteur : coordination, équilibre, dissociation, latéralisation, schéma corporel
  • Référence théorique : Wallon, Piaget, Le Boulch (psychomotricité)
  • Repères de cycle : cycle 1 = découverte du corps · cycle 2 = coordinations · cycle 3 = stratégies
À l'oral : ne jamais présenter une situation EPS « motrice » seule. Toujours dire ce qu'elle développe sur les 3 dimensions.
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F-17Vol. 02 · §06

Activités athlétiques

  • Course · vitesse, durée, haies, relais
  • Sauts · longueur, hauteur
  • Lancers · poids, distance

CA 1 principal · échauffement & distances de sécurité

▸ En bref

Activités chiffrées par excellence (CA 1) : courir vite, sauter loin, lancer fort. L'élève se mesure à lui-même (record perso) avant de se comparer aux autres. Permet d'éduquer à l'effort soutenu.

▸ À retenir
  • Course : vitesse (sprint), durée (endurance), haies, relais
  • Sauts : longueur (élan + impulsion), hauteur (cycle 3 surtout)
  • Lancers : poids, vortex, distance (jamais en direction d'autrui)
  • Sécurité : zones balisées · ordre de passage strict · jamais derrière un lanceur
  • Évaluation : chronomètre / mètre ruban · l'élève mesure et note lui-même
  • Travail croisé : maths (mesures), sciences (effort, fréquence cardiaque)
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F-17bVol. 02 · §06

Activités aquatiques

  • Natation · 4 nages
  • Parcours en eau peu profonde
⚠ Encadrement renforcé · Savoir-nager obligatoire
▸ En bref

Activité à sécurité maximale. Le savoir-nager est obligatoire en fin de scolarité primaire. À l'oral, c'est un sujet sensible où le jury teste votre connaissance du cadre légal et votre rigueur sur l'encadrement.

▸ À retenir
  • ASSN (Attestation Scolaire du Savoir-Nager) à valider en fin de cycle 3 (6e)
  • Test du savoir-nager : parcours de 50 m + immersion + sustentation 5 sec
  • Encadrement renforcé : 1 PE + 1 MNS qualifié · taux d'encadrement strict
  • Cycle 1 : familiarisation au milieu (pas de natation à proprement parler)
  • Cycle 2 : se déplacer dans l'eau · cycle 3 : nager 4 nages
  • Texte de référence : circulaire du 28 février 2017 (enseignement de la natation)
Cas typique du jury : dispense pour motif religieux. Réponse : aucune dispense possible, c'est l'article 13 de la Charte de la laïcité (voir Vol. 03).
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F-17cVol. 02 · §06

Activités de pleine nature

  • Orientation
  • Vélo · SRAV (Savoir Rouler à Vélo)
  • Ski · neige, fond
  • Escalade · cycle 3 uniquement

Encadrement renforcé pour la plupart

▸ En bref

Activités du champ 2 : l'élève évolue dans un milieu qu'il ne maîtrise pas entièrement. Pédagogiquement très riches (autonomie, décision, environnement) mais lourdes en logistique et sécurité.

▸ À retenir
  • Orientation : course d'orientation dans la cour, parc, forêt (cycles 2-3)
  • SRAV (Savoir Rouler à Vélo) : dispositif obligatoire fin cycle 3 · 3 blocs progressifs
  • Ski : classes de neige · alpin ou fond · encadrement spécialisé
  • Escalade : cycle 3 uniquement · structures artificielles · matériel certifié
  • Encadrement renforcé pour vélo, ski, équitation, escalade · taux variable selon âge et activité
  • Toujours : autorisation parentale · liste des élèves · trousse de premiers secours
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F-17dVol. 02 · §06

Activités artistiques et gymniques

  • Danse · création, expression
  • Gymnastique · artistique, rythmique
  • Cirque · jonglage, équilibre, acrobatie

CA 3 principal · espace scénique · regard du spectateur

▸ En bref

Activités du champ 3 : l'élève crée et présente. Lien fort avec l'éducation artistique (musique, arts plastiques) et l'éducation à la citoyenneté (regard bienveillant sur l'autre).

▸ À retenir
  • Danse : création (composer une chorégraphie) · expression (incarner un personnage)
  • Gymnastique artistique : roulades, équilibres, sauts · matériel sécurisé
  • Gymnastique rythmique : cerceau, ruban, ballon (engins manipulables)
  • Cirque : jonglage, équilibres, mini-acrobaties (jamais d'acrobaties à risque)
  • Évaluation par observation : grille critériée (espace, énergie, intention, regard)
  • Cycle 1 idéal : rondes et jeux dansés (tradition orale, langage du corps)
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F-18Vol. 02 · §07

La leçon en EPS

3 échelles temporelles emboîtées

Séquence
Séance
Situation

engagement moteur au cœur

▸ En bref

L'EPS s'organise en poupées russes. La séquence (~6 séances) contient des séances (~45 min) qui contiennent des situations d'apprentissage. Le jury attend qu'on situe précisément la situation dans la séquence.

Séquence (cycle de 6-12 séances) ⊃ Séance (45-60 min) ⊃ Situation (10-15 min)
objectif global déroulé du jour tâche précise
▸ À retenir
  • Engagement moteur : viser 50 % minimum de temps actif sur la séance
  • Phases d'une séance type : échauffement · situation de référence · situations d'apprentissage · retour au calme
  • Toujours : annoncer l'objectif aux élèves au début (« aujourd'hui on va apprendre à… »)
  • Toujours : institutionnaliser à la fin (« on a appris que… »)
  • L'observation & régulation se font pendant les situations, pas après
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F-19Vol. 02 · §08

Les 3 cultures de l'EPS

Sportive
compétition
performance
Corporelle
santé
conscience
Citoyenne
règles
vivre-ensemble
▸ En bref

L'EPS articule 3 cultures qui coexistent dans toute leçon. Choisir laquelle dominer définit le sens pédagogique de la séance. Une séance qui ne traite qu'une seule dimension est appauvrie.

▸ À retenir
  • Sportive : rapport à la performance, au record, à la compétition
  • Corporelle : santé, conscience du corps, ressenti, bien-être
  • Citoyenne : règles communes, arbitrage, respect adversaire, vivre-ensemble
  • Au cycle 1 : dominante corporelle (découverte) et citoyenne (premières règles)
  • Au cycle 3 : les 3 sont équilibrées, avec un éveil à la dimension sportive
À éviter à l'oral : « l'EPS, c'est faire du sport ». NON : c'est 3 cultures, dont la sportive n'est qu'une.
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F-20Vol. 02 · §09

Sécurité · 3 niveaux

  • INTERDITES · escalade libre, plongée, MMA…
  • ENCADREMENT RENFORCÉ · vélo, ski, natation, équitation
  • SAVOIR-NAGER obligatoire + SRAV (vélo)
▸ En bref

Sujet ultra-sensible au jury. La sécurité en EPS se classe en 3 niveaux : ce qui est interdit, ce qui demande un encadrement renforcé, ce qui est obligatoire à valider. À mémoriser strictement.

▸ À retenir
  • INTERDITES en primaire : tir, sports de combat sans contrôle, plongée, escalade libre, MMA, boxe, hockey sur glace, rugby de contact, trampoline
  • ENCADREMENT RENFORCÉ : natation, vélo, ski, équitation, escalade, voile · 2e adulte qualifié obligatoire
  • OBLIGATOIRES à valider : savoir-nager (ASSN) + savoir rouler à vélo (SRAV)
  • Texte : circulaire du 6 octobre 2017 (sécurité en EPS)
  • Toujours : certificat médical de non contre-indication · autorisation parentale sortie
  • Réflexe : anticiper les risques liés au matériel, au lieu, aux élèves, à l'enseignant
Question type jury : « Un élève se blesse en EPS, que faites-vous ? ». Réponse : protéger, alerter, secourir (PAS) + remplir le registre des incidents.
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F-21Vol. 02 · §10

5 enjeux de l'EPS

  1. Sédentarité · lutte active
  2. Santé publique · longévité
  3. Citoyenneté · règles, respect
  4. Inclusion · contre discriminations
  5. Parcours éducatifs
▸ En bref

L'EPS répond à 5 enjeux de société majeurs. À l'oral, savoir relier sa séance à au moins un de ces enjeux impressionne le jury — c'est ce qui distingue une séance « sportive » d'une séance qui fait sens dans l'école républicaine.

▸ À retenir
  • Sédentarité : les enfants bougent moins de 1 h/jour, l'EPS lutte directement
  • Santé publique : éducation à la nutrition, sommeil, gestion du stress
  • Citoyenneté : règles partagées, arbitrage par les pairs, respect adversaire
  • Inclusion : lutte contre stéréotypes filles/garçons, intégration handicap (EPS adaptée)
  • Parcours éducatifs : santé, citoyen, artistique, avenir — l'EPS y contribue
  • Donnée à mobiliser : 1 enfant sur 5 en surpoids selon Santé publique France
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F-22Vol. 02 · §11

Méthodologie de l'exposé

Toujours articuler ces 3 niveaux

Programme APSA Situation

+ lien aux valeurs + 5 écueils spécifiques

▸ En bref

Méthode pour structurer les 10 minutes d'exposé EPS. Toujours articuler 3 niveaux : le programme officiel, l'APSA support, la situation concrète. Sans cette articulation, l'exposé reste flou.

Programme (le quoi) → APSA (le avec quoi) → Situation (le comment)
cadre officiel activité support tâche de l'élève
▸ À retenir
  • Plan type : contexte (cycle, CA) · objectif · déroulé séance · évaluation · ouverture valeurs
  • Toujours justifier le choix de l'APSA : pourquoi celle-ci et pas une autre ?
  • Toujours citer un texte officiel : BO, programmes, circulaire
  • Conclure par un lien aux valeurs (citoyenneté, inclusion, santé)
  • Tempo : 2 min contexte · 5 min séance · 2 min évaluation · 1 min ouverture
5 écueils EPS : oublier la sécurité · confondre programme et APSA · pas d'objectif d'apprentissage · pas d'évaluation · pas de différenciation.
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03 — Valeurs

Motivation
& Valeurs République

Vingt fiches pour le bloc 2 de l'entretien. Présentation de soi, valeurs républicaines, laïcité, service public, transition écologique, épanouissement de l'élève — la matière à incarner, pas à réciter.

F-23Vol. 03 · §01

Architecture du bloc 2 (35 min)

5'
Présentation
10'
Échange
20'
Entretien

2 questionnements · l'un obligatoirement sur les valeurs

▸ En bref

Deuxième moitié de l'entretien d'admission, après l'EPS. Structure imposée : 5 min de présentation personnelle, 10 min d'échange sur le parcours, puis 20 min sur 2 mises en situation dont au moins une sur les valeurs de la République.

▸ À retenir
  • Présentation : 5 min chrono, le jury coupe au-delà
  • Échange : 10 min sur le parcours, la motivation, les expériences
  • Entretien : 20 min sur 2 mises en situation (cas concrets) · au moins 1 sur les valeurs républicaines
  • L'autre cas peut porter sur : école inclusive, gestion de classe, partenariats, etc.
  • Critère d'évaluation officiel : « l'aptitude à se projeter dans le métier d'enseignant »
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F-24Vol. 03 · §02

La présentation 5 min

  1. Parcours rapide
  2. Expériences fondatrices
  3. Pourquoi le métier
  4. Valeurs incarnées (pas récitées)

Le jury coupe au-delà de 5 min

▸ En bref

5 minutes pour donner envie au jury. Pas un CV récité, mais une histoire cohérente : d'où je viens, ce qui m'a marquée, pourquoi ce métier maintenant. Les valeurs incarnées doivent transparaître dans des moments précis, pas être déclarées abstraitement.

▸ À retenir
  • Tempo : ~1 min/partie sur 4 parties = 4 min, garder 1 min de marge
  • Parcours : études + expériences pro liées à l'éducation/social
  • Expériences fondatrices : 1 ou 2 moments précis qui ont donné envie
  • Pourquoi le métier : ne pas dire « j'aime les enfants » (cliché). Préférer « transmettre, faire grandir »
  • Valeurs incarnées : une anecdote vaut mieux qu'une déclaration
Piège classique : dépasser 5 min. Le jury coupe brutalement, ce qui casse la dynamique. S'entraîner chronomètre en main.
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F-25Vol. 03 · §03

Liberté · Égalité · Fraternité

Liberté
Égalité
Fraternité

Devise officielle 1880 · à enseigner et incarner

▸ En bref

La devise officielle de la République depuis 1880. Ces 3 mots ne sont pas qu'un slogan : chaque action pédagogique du PE doit pouvoir se justifier par au moins une de ces valeurs. Le jury attend de la candidate qu'elle mobilise la devise concrètement, pas en abstrait.

▸ À retenir
  • Liberté : de conscience, d'opinion, d'expression · à l'école, on apprend à exercer ces libertés dans le respect des autres
  • Égalité : filles/garçons, origines, religions, handicap · l'école compense les inégalités
  • Fraternité : solidarité, entraide, vivre-ensemble · la dimension la moins enseignée, à valoriser à l'oral
  • Ajout possible : « Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité » est une formule contemporaine de l'Éducation nationale
  • Texte officiel : article 2 de la Constitution de 1958
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F-26Vol. 03 · §04

Laïcité · définition

«

La laïcité garantit la liberté de conscience par la séparation des religions et de l'État, et l'égalité des élèves devant le savoir.

Définition à savoir par cœur

  1. Séparation Église / État
  2. Neutralité de l'État
  3. Liberté de conscience
▸ En bref

L'État ne prend parti pour aucune religion (séparation), n'en favorise aucune (neutralité), et chacun croit ou pas comme il veut (liberté). Pas l'absence de religion : l'indépendance entre l'école et les religions.

▸ À retenir
  • Loi fondatrice : 9 décembre 1905 (séparation Église / État)
  • Constitution : article 1 — « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale »
  • À l'école : neutralité absolue du personnel · liberté de conscience de l'élève
Piège : laïcité ≠ athéisme ≠ rejet du religieux. C'est la neutralité qui protège toutes les croyances.
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F-26bVol. 03 · §04

Laïcité · lois clés

1882
Ferry
(école)
1905
Séparation
(loi)
2004
Signes
religieux
2013
Charte
laïcité
▸ En bref

Quatre dates pour raconter la laïcité scolaire : les fondations républicaines (Ferry, 1905), puis les réajustements face aux questions contemporaines (signes religieux 2004, Charte 2013). À l'oral, savoir les replacer dans le temps montre la maîtrise du sujet.

▸ À retenir
  • 1881-1882 : lois Ferry · gratuité, obligation, laïcité de l'enseignement
  • 1886 : loi Goblet · personnel laïque obligatoire (souvent oublié)
  • 1905 : loi de Séparation · l'État ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte
  • 1958 : la laïcité entre dans la Constitution (article 1)
  • 15 mars 2004 : interdiction des signes religieux ostensibles dans les écoles publiques
  • 9 sept 2013 : Charte de la laïcité à l'École (15 articles, affichage obligatoire)
  • 2019 : loi École de la confiance (article 1 : les enseignants doivent l'exemplarité)
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F-26cVol. 03 · §04

Laïcité · distinctions

  • Agent (neutralité totale) ≠ Usager (liberté)
  • Espace publicEspace privé
  • Croyance (privée) ≠ Manifestation (publique)
  • Laïcitélaïcisme (anti-religion)
▸ En bref

Le jury teste les confusions classiques. La laïcité s'applique différemment selon qu'on est agent du service public (neutralité absolue), élève (interdiction des signes ostensibles), ou parent usager (libre, sauf prosélytisme). Maîtriser ces distinctions = ne plus se faire piéger.

▸ À retenir
  • Agent (PE, ATSEM, AESH) : neutralité totale · pas de signe religieux, pas de prosélytisme
  • Usager-élève : liberté de conscience mais pas de signe religieux ostensible (loi 2004)
  • Usager-parent : liberté en tant que parent, y compris dans l'école
  • Parent accompagnateur : zone grise · jurisprudence Conseil d'État 2013 · pas d'exclusion automatique
  • Espace public (rue, transports) : liberté · service public (école, mairie) : neutralité
  • Croyance (privée, libre) ≠ manifestation (publique, encadrée)
  • Laïcité = neutralité bienveillante · laïcisme = militantisme anti-religion (à éviter)
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F-26dVol. 03 · §04

Charte de la laïcité (2013)

15 articles · affichage obligatoire

  • 3 publics · élèves, familles, personnels
  • Art. 9 · l'école protège des prosélytismes
  • Art. 13 · pas de prosélytisme dans les enseignements
  • Art. 14 · signes religieux interdits aux élèves
▸ En bref

Document signé par Vincent Peillon le 9 septembre 2013. 15 articles qui formalisent ce qu'est la laïcité à l'école. Affichage obligatoire dans les écoles, partout en France. À l'oral, citer l'article exact d'un cas précis = différencier la candidate sérieuse.

▸ Articles à connaître par cœur
  • Art. 9 : l'école protège les élèves contre tout prosélytisme
  • Art. 12 : les enseignements sont laïques · neutralité du contenu
  • Art. 13 : pas de prosélytisme, pas de remise en cause du contenu pour motifs religieux
  • Art. 14 : les signes religieux ostensibles sont interdits aux élèves
  • Art. 15 : les élèves contribuent à faire vivre la laïcité
▸ À retenir
  • 3 publics adressés : élèves, familles, personnels
  • Affichage obligatoire : circulaire du 6 septembre 2013
  • Disponible en version illustrée pour cycle 1-2 (réseau CANOPÉ)
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F-27Vol. 03 · §05

3 principes constitutionnels

Indivisible
une seule loi pour tous
Démocratique
souveraineté du peuple
Sociale
égalité réelle, services publics
▸ En bref

L'article 1 de la Constitution de 1958 décrit la République française comme « indivisible, laïque, démocratique et sociale ». La laïcité est traitée à part (F-26). Les 3 autres adjectifs structurent la philosophie politique de l'école : une école pour tous, par le peuple, réparatrice.

▸ À retenir
  • Indivisible : une seule loi pour tous · pas de communautarisme · l'école est universaliste
  • Démocratique : souveraineté du peuple · à l'école = élections de délégués, débat, EMC
  • Sociale : égalité réelle · l'État compense les inégalités via le service public
  • Texte : article 1 Constitution 1958 · à citer textuellement
  • Application école : REP/REP+, AESH, Pondichéry, école inclusive = « sociale » en action
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F-28Vol. 03 · §06

Comment l'école transmet

3 canaux · le PE polyvalent les active tous

  • Enseignements · programmes, EMC, histoire
  • Vie de classe · règles, élections de délégués, débats
  • Projets éducatifs · sorties, partenariats, événements
▸ En bref

Les valeurs ne se transmettent pas seulement par les leçons d'EMC. Elles se transmettent par 3 canaux complémentaires : ce qu'on enseigne (programmes), comment on vit ensemble (vie de classe), ce qu'on fait dehors (projets). Le PE polyvalent active les 3.

▸ À retenir
  • Enseignements : EMC (1 h/semaine en cycles 2-3) · histoire · français · sciences (esprit critique)
  • Vie de classe : règles co-construites · délégués · conseils d'élèves · débats philos
  • Projets éducatifs : sorties · semaines thématiques (laïcité 9 décembre) · partenariats associations
  • Texte : EMC programmes 2018 · 4 dimensions = sensibilité, droit/règle, jugement, engagement
  • Le PE est polyvalent : il peut articuler les 3 canaux dans un même projet
À éviter à l'oral : « on enseigne les valeurs en EMC ». Trop réducteur. Toujours mentionner les 3 canaux.
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F-29Vol. 03 · §07

Cas typiques · la méthode 4 temps

1
Identifier
2
Mobiliser
3
Agir
4
Articuler

→ identifier valeurs · mobiliser cadre · décrire action · mentionner équipe

▸ En bref

Méthode universelle pour traiter n'importe quel cas pratique du jury. Elle évite l'écueil n°1 (foncer sur l'action) et structure la réponse pour ne rien oublier. Marche pour les 6 cas types détaillés ci-dessous (F-29a à F-29f).

1. Identifier : quelles valeurs sont en jeu ?
2. Mobiliser : quel(s) texte(s) officiel(s) s'applique(nt) ?
3. Agir : que fais-je concrètement, étape par étape ?
4. Articuler : avec qui dans l'équipe (PE jamais seul) ?
▸ À retenir
  • Tempo : ~30-45 sec par étape sur les 2-3 min de réponse
  • Toujours mobiliser un texte précis (Charte, loi, BO, circulaire)
  • Toujours mentionner l'équipe : directeur, IEN, médecin scolaire, équipe Valeurs République
  • Toujours : posture professionnelle, pas militante
  • Réponse graduée : dialogue d'abord, escalade hiérarchique si nécessaire
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F-29aVol. 03 · §07

Cas · parent accompagnateur

Parent porte un signe religieux lors d'une sortie

  • Valeurs · laïcité · neutralité service public
  • Cadre · usager ≠ agent · présence autorisée
  • Action · pas d'exclusion · demander d'éviter le prosélytisme
  • Équipe · cadrage en amont par le directeur
▸ En bref

Cas très fréquent au jury. Le piège : croire que le parent doit retirer son signe religieux. Faux : le parent n'est pas agent du service public. La jurisprudence (Conseil d'État 2013, circulaire 2012) autorise la présence sauf trouble manifeste (prosélytisme, refus d'autorité).

▸ Réponse pas-à-pas
  • 1. Valeurs : laïcité ≠ exclusion · neutralité du service public seulement
  • 2. Cadre : circulaire Chatel 2012 · jurisprudence CE 2013 · Charte art. 14 ne s'applique pas aux parents
  • 3. Action : accepter la sortie · rappeler le devoir de neutralité dans les échanges avec les élèves · pas de prosélytisme
  • 4. Équipe : cadrage en amont par le directeur (charte de la sortie, signature)
Erreur classique : refuser le parent au motif du voile. Discriminatoire et juridiquement infondé. La règle : présence autorisée, neutralité de comportement attendue.
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F-29bVol. 03 · §07

Cas · élève refuse une activité

Natation, mixité, sortie culturelle…

  • Valeurs · indivisibilité école · égalité
  • Cadre · art. 13 Charte · activités obligatoires
  • Action · rappel calme · dialogue famille · sens expliqué
  • Équipe · directeur · IEN si refus persistant
▸ En bref

Cas très typique : famille demande dispense de natation, mixité, sortie au musée pour motifs religieux. Aucune dispense n'est recevable : tous les enseignements sont obligatoires (Charte art. 13). Posture : ferme sur le principe, bienveillante dans le dialogue.

▸ Réponse pas-à-pas
  • 1. Valeurs : indivisibilité de l'école · égalité d'accès aux savoirs · mixité = principe républicain
  • 2. Cadre : Charte art. 13 (pas de remise en cause pour motif religieux) · BO programmes · Code de l'éducation art. L141-5-1
  • 3. Action : rappel calme du caractère obligatoire · dialogue avec la famille · expliquer le sens pédagogique · adapter si possible (maillot couvrant en natation OK)
  • 4. Équipe : rendez-vous avec directeur · médecin scolaire si dimension santé · IEN si refus persistant
Posture-clé : « ferme sur le principe, bienveillante dans la forme ». Ne jamais céder sur l'obligation, mais toujours expliquer.
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F-29cVol. 03 · §07

Cas · élève prosélyte

Élève manifeste des propos religieux en classe

  • Valeurs · liberté de conscience · refus prosélytisme
  • Cadre · convictions exprimées ≠ imposées
  • Action · rappeler le savoir scientifique · sphère privée vs classe
  • Équipe · si pression · famille · équipe Valeurs République
▸ En bref

Élève qui conteste un savoir scientifique (théorie de l'évolution, Big Bang) au nom d'une croyance, ou tente de convertir ses camarades. Le PE protège les autres élèves, rappelle les sphères privée vs scolaire, sans humilier l'élève qui exprime sa croyance.

▸ Réponse pas-à-pas
  • 1. Valeurs : liberté de conscience (l'élève peut croire) · refus du prosélytisme (l'élève ne peut pas convertir) · esprit scientifique
  • 2. Cadre : Charte art. 9 (école protège du prosélytisme) · art. 13 (savoir scientifique non négociable)
  • 3. Action : distinguer en classe « ce que la science a établi » vs « ce qu'on peut croire » · entretien individuel après · pas de stigmatisation
  • 4. Équipe : famille convoquée si récidive · équipe Valeurs de la République de l'académie en appui
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F-29dVol. 03 · §07

Cas · collègue exprime ses convictions

Religieuses ou politiques en service

  • Valeurs · neutralité agent · devoir de réserve
  • Cadre · neutralité s'applique en service
  • Action · dialogue privé · pas de confrontation publique
  • Équipe · si persiste · remontée hiérarchique (directeur, IEN)
▸ En bref

Cas délicat : collègue qui exprime des opinions politiques ou religieuses devant les élèves, ou en salle des maîtres. Le devoir de neutralité et le devoir de réserve s'appliquent à tous les agents, sans exception. Démarche graduée : dialogue d'abord, hiérarchie ensuite si nécessaire.

▸ Réponse pas-à-pas
  • 1. Valeurs : neutralité du service public · devoir de réserve · solidarité d'équipe
  • 2. Cadre : statut général de la fonction publique · obligation de neutralité en service
  • 3. Action : dialogue privé d'abord (« est-ce que tu sais que… »), pas de confrontation publique · proposer la Charte affichée comme support
  • 4. Équipe : si récidive ou refus, remontée au directeur · puis IEN si nécessaire · ne pas rester seul
Piège : ne pas dénoncer immédiatement (attitude délatrice mal vue) · mais ne pas se taire non plus (la neutralité du service est non-négociable). Le bon réflexe = dialogue gradué.
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F-29eVol. 03 · §07

Cas · charte non affichée

École maternelle où on dit les élèves "trop jeunes"

  • Valeurs · obligation institutionnelle · transmission
  • Cadre · circulaire 6 sept 2013 · affichage obligatoire partout
  • Action · rappel au directeur · CRDP fournit l'affiche
  • Équipe · supports adaptés (Milan Presse) pour expliquer
▸ En bref

L'affichage de la Charte est obligatoire, y compris en maternelle. L'argument « les enfants sont trop petits » ne tient pas : existent des versions illustrées et adaptées. La candidate qui repère ce manquement doit savoir le signaler avec tact et proposer des solutions.

▸ Réponse pas-à-pas
  • 1. Valeurs : obligation institutionnelle · transmission précoce des valeurs républicaines
  • 2. Cadre : circulaire 6 septembre 2013 · affichage obligatoire partout, y compris cycle 1
  • 3. Action : rappel courtois au directeur · suggérer la version illustrée (réseau CANOPÉ) · l'introduire en classe via débats philos, albums
  • 4. Équipe : solliciter le référent laïcité de la circonscription · supports Milan Presse pour expliquer aux petits
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F-29fVol. 03 · §07

Cas · parent refuse EVARS

Éducation à la vie affective, relationnelle, sexuelle

  • Valeurs · droit à l'éducation · intérêt enfant
  • Cadre · circulaire 12 sept 2018 · obligatoire
  • Action · dialogue famille · médecin scolaire en appui
  • Équipe · directeur · IEN · séance reste obligatoire
▸ En bref

EVARS = Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle. 3 séances/an obligatoires à tous les niveaux scolaires. Cas sensible où des familles peuvent refuser au nom de leurs convictions. La séance reste obligatoire : c'est la loi.

▸ Réponse pas-à-pas
  • 1. Valeurs : droit à l'éducation · intérêt supérieur de l'enfant · égalité filles/garçons
  • 2. Cadre : code de l'éducation art. L312-16 · 3 séances/an obligatoires à tous les niveaux · circulaire EVARS de 2018
  • 3. Action : dialogue avec la famille · expliquer le contenu adapté à l'âge · proposer la rencontre du médecin scolaire · rappeler le caractère obligatoire
  • 4. Équipe : directeur informé · médecin/infirmier scolaire en appui · IEN si refus · séance maintenue
À savoir : EVARS au cycle 1-2 = corps, émotions, respect mutuel · au cycle 3 = ajout de la puberté. Pas de contenu sexualisé inadapté à l'âge.
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F-30Vol. 03 · §08

Service public · 4 obligations

  1. Neutralité politique & religieuse
  2. Discrétion professionnelle
  3. Obéissance hiérarchique
  4. Désobéissance si ordre manifestement illégal

+ lutte anti-discriminations · référentiel des compétences

▸ En bref

Le PE est fonctionnaire : 4 obligations strictes, qui s'appliquent en service. Elles formalisent ce que « être agent du service public » signifie. À l'oral, savoir nommer ces 4 obligations différencie une candidate sérieuse d'une candidate vague.

▸ À retenir
  • Neutralité : politique, religieuse, philosophique · pas d'opinion personnelle en classe
  • Discrétion professionnelle : ne pas divulguer infos sur élèves, familles, collègues
  • Obéissance hiérarchique : appliquer les directives du directeur, IEN, recteur
  • Désobéissance : si ordre manifestement illégal ET compromettant l'intérêt public
  • Texte : loi du 13 juillet 1983 (statut général de la fonction publique) · article 25
  • + devoir de réserve : même hors service, modération dans les expressions publiques
  • + obligation de signalement : art. 40 CPP si crime/délit · art. 434-3 si violences mineur
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F-31Vol. 03 · §09

Transition écologique

Cadre · EDD2030 · label E3D

Pédagogie
programmes, EDD
Vie école
tri, éco-gestes
Projets
jardins, sorties
▸ En bref

Sujet de plus en plus central au CRPE : l'école doit former des citoyens éco-responsables. La transition écologique passe par 3 leviers dans l'école : ce qu'on enseigne, comment on vit, ce qu'on projette. Le label E3D couronne les écoles qui activent les 3.

▸ À retenir
  • EDD : Éducation au Développement Durable · obligatoire dans les programmes
  • EDD2030 : feuille de route ministérielle adoptée en 2019
  • Label E3D : « École en Démarche de Développement Durable » · 3 niveaux (engagement, approfondissement, déploiement)
  • 17 ODD : Objectifs de Développement Durable de l'ONU (à mobiliser à l'oral)
  • Activités concrètes : tri, jardin pédagogique, compostage, éco-délégués, semaine du climat
  • Cycle 1 : découverte du vivant · cycle 2 : respecter les êtres vivants · cycle 3 : comprendre les enjeux
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F-32Vol. 03 · §10

Épanouissement de l'élève

Cognitif
apprendre,
comprendre
Social
vivre avec
les autres
Affectif
émotions,
confiance
Physique
santé,
motricité

Climat scolaire · pHARe (anti-harcèlement) · EVARS · inclusion

▸ En bref

L'école ne forme pas que des esprits : elle accompagne l'enfant entier. 4 dimensions en interaction permanente. Une école qui ne soigne qu'une dimension (cognitive) au détriment des autres prépare des élèves en difficulté. Le PE veille à l'équilibre.

▸ À retenir
  • Cognitif : apprendre, comprendre, mémoriser, raisonner
  • Social : vivre avec les autres, coopérer, gérer les conflits
  • Affectif : confiance en soi, gérer émotions, estime de soi
  • Physique : santé, motricité, hygiène, sommeil
  • pHARe : programme anti-harcèlement national depuis 2021 · 5 piliers · obligatoire
  • EVARS : voir F-29f · 3 séances/an obligatoires
  • École inclusive : AESH, PPS, PAP, PAI · loi 2005 + loi 2013 + loi 2019
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F-33Vol. 03 · §11

Méthodologie du bloc 2

  • Réciter au lieu d'incarner
  • Confondre laïcité et anti-religion
  • Oublier l'équipe (PE n'est jamais seul)
  • Trop juridique, pas assez pédagogique

→ raisonner en professionnelle, pas en candidate

▸ En bref

Synthèse stratégique. Sur ce bloc, le jury n'attend pas une réciteuse de lois mais une future enseignante qui sait raisonner, incarner, se positionner. Les 4 écueils ci-dessous font perdre le plus de points.

▸ Antidotes aux 4 écueils
  • Réciter au lieu d'incarner → donner des exemples concrets vécus, pas des concepts désincarnés
  • Confondre laïcité et anti-religion → bien dire que la laïcité protège toutes les convictions
  • Oublier l'équipetoujours mentionner au moins un autre adulte (directeur, IEN, médecin, AESH)
  • Trop juridique, pas assez pédagogique → après le cadre légal, dire « et concrètement avec mes élèves… »
▸ Posture-clé
  • Parler au futur professionnel, pas au conditionnel (« je ferai » plutôt que « je ferais »)
  • Mobiliser « dans ma classe » et pas « l'enseignant doit »
  • Accepter qu'on ne sait pas tout : « je solliciterais l'équipe / un référent »
  • Articuler texte officiel + sens pédagogique + posture professionnelle
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04 — Mathématiques

Mathématiques
la leçon

Quatorze fiches pour l'épreuve la plus lourde de l'oral (coef 5 = 31 % de la note d'admission). Programmes, didactique, démarches, erreurs typiques : la matière mathématique et sa transposition pour l'école primaire.

F-34Vol. 04 · §01

Architecture · épreuve leçon

1 h
Préparation
20'
Exposé
40'
Échange
⚠ Coef 5 · ≈ 31 % de l'admission · Note 0 = éliminée
▸ En bref

L'épreuve la plus lourde du concours : 1 h de prépa puis 1 h d'oral. Une leçon de maths ou français au choix de la candidate. À ne surtout pas rater : c'est 5/8 de la note d'admission.

▸ À retenir
  • 1 h de préparation seul·e en salle · documents fournis
  • 20 min d'exposé : la candidate présente sa leçon
  • 40 min d'échange : questions du jury (didactique, programmes, contenus)
  • Coef 5 · note < 5/20 = éliminatoire sur l'épreuve
  • Sujet typique : une notion mathématique à enseigner sur un cycle/niveau précis
  • Évalué : la maîtrise du contenu + la posture didactique + l'expression orale
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F-35Vol. 04 · §02

Programme officiel

  • Cycle 4 · programme collège (rentrée 2025)
  • « Nombres et calculs » · partie de 2de GT
  • + recul sur les cycles 1, 2, 3 du primaire

transposition didactique (Chevallard) au cœur

▸ En bref

Le concours bac+3 cible le début du collège : programme de cycle 4 (5e-3e) et la partie « Nombres et calculs » de seconde générale. Mais on doit aussi maîtriser ce qui précède : les cycles 1 à 3 du primaire, pour comprendre comment l'élève en est arrivé là.

▸ À retenir
  • Programme de référence : cycle 4 collège (rentrée 2025)
  • Plus : la partie « Nombres et calculs » du programme de seconde GT
  • Recul nécessaire sur cycles 1, 2 et 3 du primaire : l'élève ne tombe pas du ciel
  • Texte : BO 30 juillet 2020 (cycle 4 ajusté) · BO seconde 2019
  • Mots-clés transversaux : chercher · modéliser · représenter · calculer · raisonner · communiquer
Piège du jury : « à quel niveau enseigne-t-on cette notion ? ». Toujours pouvoir citer le cycle et justifier le moment de l'introduction.
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F-36Vol. 04 · §03

4 domaines mathématiques

Nombres
et calculs
Grandeurs
et mesures
Espace
et géométrie
Données
organisation, gestion

Aucun domaine n'est statistiquement plus fréquent · aucune impasse

▸ En bref

Le programme de maths se découpe en 4 domaines (cycles 2-3, idem au cycle 4). Pas de hiérarchie : aucun n'est « plus important » qu'un autre, et le sujet zéro peut tomber sur n'importe lequel. Aucune impasse possible.

▸ À retenir
  • Nombres et calculs : numération, opérations, fractions, décimaux, proportionnalité
  • Grandeurs et mesures : longueur, masse, durée, contenance, aire, volume, angles
  • Espace et géométrie : figures planes, solides, symétries, transformations, repérage
  • Données, organisation, gestion : tableaux, graphiques, lecture de données
  • Domaines transversaux (les 6 compétences mathématiques) activés dans tous : chercher, modéliser, représenter, calculer, raisonner, communiquer
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F-37Vol. 04 · §04

Construction du nombre · cycles 1-2

5 principes de Gelman & Gallistel

  1. Adéquation · 1 mot ↔ 1 objet
  2. Suite stable · même ordre
  3. Cardinal · le dernier mot = la quantité
  4. Abstraction · compter n'importe quoi
  5. Ordre indifférent

+ subitizing · numération de position · Vergnaud (champs additif/multiplicatif)

▸ En bref

Comment l'enfant construit le nombre en cycles 1-2. Compter n'est pas réciter une comptine : c'est respecter 5 principes (Gelman & Gallistel, 1978). Pour le jury, c'est la base : si la candidate confond « réciter » et « dénombrer », elle ne maîtrise pas le sujet.

▸ À retenir
  • Les 5 principes Gelman & Gallistel (1978) sont à connaître par cœur · ce sont les conditions du dénombrement
  • Subitizing : reconnaître instantanément de petites quantités (1 à 4) sans compter · base au cycle 1
  • Numération de position : la valeur du chiffre dépend de sa place (centaines, dizaines, unités) · obstacle majeur en cycle 2
  • Vergnaud · champ conceptuel additif (problèmes additifs/soustractifs) et multiplicatif
  • Brissiaud : la collection-témoin (doigts, points), critique de la comptine récitée
  • Matériel pédagogique : cubes emboîtables, boulier, réglettes Cuisenaire, tableau de numération
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F-38Vol. 04 · §05

Fractions · décimaux · proportionnalité

Fraction
4 sens : partage, mesure, quotient, rapport
Décimal
via fractions décimales · jamais la virgule
Proportion.
4 procédures · vérifier proportionnalité
▸ En bref

Les 3 « monstres » de l'arithmétique au primaire : fractions (CM1), décimaux (CM2), proportionnalité (cycle 3). Les obstacles ne sont pas calculatoires : ils sont conceptuels. Brousseau et Brissiaud ont théorisé pourquoi.

▸ À retenir
  • Fraction a 4 sens : partage (3/4 de gâteau) · mesure (3/4 de litre) · quotient (3 ÷ 4) · rapport (échelle 1/100)
  • Introduire les fractions par le partage équitable (Brissiaud) : jamais par la division
  • Décimal : passer d'abord par les fractions décimales (3/10, 7/100), puis l'écriture à virgule · jamais introduire la virgule comme séparateur
  • Décimal-couple (erreur classique) : penser que 2,15 > 2,5 parce que 15 > 5
  • Proportionnalité · 4 procédures : passage par l'unité · linéarité (× 2 → × 2) · tableau · règle de 3
  • Avant de calculer : vérifier qu'il y a proportionnalité (test « si × 2 alors × 2 »)
Piège du jury : « qu'est-ce qu'un décimal ? ». Réponse : un nombre qui peut s'écrire comme une fraction décimale (numérateur entier, dénominateur puissance de 10). PAS « un nombre à virgule ».
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F-39Vol. 04 · §06

5 concepts didactiques

BrousseauTSD · 4 phases
BrousseauDévolution · contrat
BrousseauVariables didactiques
BachelardObstacles épistémo.
ChevallardTransposition didact.
▸ En bref

5 noms à mobiliser pour parler comme une didacticienne : comment on enseigne les maths, quels obstacles rencontre l'élève, pourquoi tout n'est pas enseignable tel quel.

▸ À retenir
  • TSD (Brousseau, 1986) : 4 phases · action → formulation → validation → institutionnalisation
  • Dévolution : l'enseignant donne le problème à l'élève (qui s'approprie le défi)
  • Contrat didactique : les attentes implicites entre prof et élève · sa rupture déclenche l'apprentissage
  • Variables didactiques : ce qu'on change dans l'énoncé pour faire évoluer la stratégie de l'élève
  • Obstacle épistémologique (Bachelard, 1938) : une connaissance ancienne qui empêche d'apprendre la nouvelle
  • Transposition didactique (Chevallard, 1985) : savoir savant → savoir à enseigner → savoir enseigné
  • + Effet Topaze : l'enseignant souffle la réponse · Effet Jourdain : l'enseignant valorise une réponse banale comme savante
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F-40Vol. 04 · §07

Démarches d'enseignement

Démarche de Polya · résoudre un problème

1
Comprendre
2
Concevoir
3
Exécuter
4
Examiner
Manipuler Verbaliser Abstraire

+ Singapour (CPA) · Villani-Torossian (21 mesures)

▸ En bref

Les démarches à mobiliser pour faire entrer l'élève dans le savoir mathématique. Le jury attend une articulation : démarche de résolution de problème (Polya), démarche concrète-iconique-symbolique (Bruner / Singapour), et le contexte des recommandations Villani-Torossian (2018).

▸ À retenir
  • Polya (How to solve it, 1945) : 4 étapes · comprendre · concevoir un plan · exécuter · examiner la solution
  • Démarche CPA (Bruner) ou méthode Singapour : concret (manipuler) → imagé (dessiner) → abstrait (symboliser)
  • Manipuler / verbaliser / abstraire : triptyque incontournable, surtout en cycles 1-2
  • Rapport Villani-Torossian (2018) · 21 mesures · plan maths au primaire · constellations
  • Démarche d'investigation : poser un problème · émettre des hypothèses · expérimenter · institutionnaliser
  • Toujours : passer du concret à l'abstrait, jamais l'inverse
Piège du jury : « par où commenceriez-vous une nouvelle notion ? ». Réponse : par une situation-problème concrète, pas par une définition.
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F-41Vol. 04 · §08

Erreurs · numération & calcul

  • 23 = 2 et 3 · valeur de position non construite
  • 27 + 18 = 315 · pas de retenue
  • 52 − 17 = 45 · soustraction par renversement

Remédiation : matériel multi-base · tableau de numération

▸ En bref

Les erreurs des élèves sont des fenêtres sur leur raisonnement. Le jury demande souvent : « que vous dit cette erreur ? comment y remédier ? ». Voir l'erreur comme une information, jamais comme une faute.

▸ Diagnostic des erreurs typiques
  • « 23 = 2 et 3 » : la valeur de position n'est pas construite. L'élève voit 2 chiffres juxtaposés, pas 2 dizaines + 3 unités
  • « 27 + 18 = 315 » : la retenue est ignorée. L'élève additionne unités et dizaines indépendamment sans transfert
  • « 52 − 17 = 45 » : soustraction par renversement · l'élève fait « 7 − 2 = 5 » localement
  • Tous ces obstacles renvoient à la numération de position
▸ Remédiation
  • Matériel multi-base : cubes (1), barres (10), plaques (100) · manipulation physique de la position
  • Tableau de numération : c · d · u · revenir au sens des colonnes
  • Décomposition canonique : « 23 c'est 20 + 3 » · oraliser systématiquement
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F-41bVol. 04 · §08

Erreurs · fractions & décimaux

  • 2,5 < 2,15 · décimal-couple
  • 1/2 + 1/3 = 2/5 · somme num + dénom
  • 2,5 × 1,5 = 3,75 · technique sans sens

Remédiation : passer par les fractions décimales · droite graduée

▸ En bref

Erreurs conceptuelles, pas calculatoires. L'élève qui dit « 2,15 > 2,5 » ne se trompe pas : il applique la règle des entiers (15 > 5) à un objet qu'il ne comprend pas. C'est l'obstacle didactique classique du décimal-couple.

▸ Diagnostic
  • « 2,15 > 2,5 » : décimal-couple · l'élève traite la partie décimale comme un nombre entier
  • « 1/2 + 1/3 = 2/5 » : somme num+num, dénom+dénom · pas de représentation du « tout »
  • « 2,5 × 1,5 = 3,75 » : technique sans contrôle de sens · 2,5 × 1,5 ≈ 3,75 OK ici, mais « 0,5 × 0,5 = 0,25 » surprend l'élève (la multiplication « agrandit »)
  • Référence : Brousseau sur les obstacles didactiques (l'apprentissage suppose la rupture avec l'ancien savoir)
▸ Remédiation
  • Fractions décimales : 2,5 = 2 + 5/10 · 2,15 = 2 + 15/100 · ramener au même dénominateur
  • Droite graduée : placer 2,5 et 2,15 sur la droite · l'évidence visuelle
  • Multiplication par moins de 1 : faire manipuler avec des bandes (1/2 de 1/2 = 1/4)
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F-41cVol. 04 · §08

Erreurs · proportionnalité

  • 5 ouvriers/10j → 10/20 · pas du tout proportionnel
  • Règle de 3 plaquée mécaniquement
  • Coureur 100m/12s → 200m/24s · vitesse non constante

Test obligatoire : si × 2 ≠ × 2 → ce n'est pas proportionnel

▸ En bref

L'erreur capitale : appliquer la règle de 3 à des situations qui ne sont pas proportionnelles. La proportionnalité doit toujours être vérifiée avant d'être utilisée. Le réflexe à enseigner : « si je double, est-ce que ça double ? ».

▸ Diagnostic
  • « 5 ouvriers en 10 jours, 10 ouvriers en 20 jours » : situation inversement proportionnelle (10 ouvriers iraient plus vite, pas l'inverse)
  • Règle de 3 plaquée : technique sans représentation · l'élève applique le tableau sans comprendre
  • « Coureur 100 m en 12 s, donc 200 m en 24 s » : la vitesse n'est pas constante sur 200 m (fatigue)
▸ Remédiation
  • Test de proportionnalité obligatoire : « si je double une grandeur, l'autre double-t-elle aussi ? »
  • Privilégier les 4 procédures (passage par l'unité, linéarité, tableau, règle de 3) plutôt que la seule règle de 3
  • Travailler sur des contre-exemples : âge / poids, taille / pointure, nombre d'ouvriers / durée d'un travail
  • Référence : Vergnaud · champ conceptuel multiplicatif
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F-41dVol. 04 · §08

Erreurs · grandeurs & mesures

  • Périmètre = aire · grandeurs confondues
  • 3 m = 0,003 km · virgules sans sens
  • cm² ≠ cm · unités confondues

Remédiation : pavages pour aire · ficelle pour périmètre · grandeur ↔ mesure

▸ En bref

Confusion fondatrice : grandeur (la propriété, ex. la longueur) vs mesure (le nombre exprimé dans une unité, ex. 3 cm). Le jury teste systématiquement : « quelle est la différence entre grandeur et mesure ? ».

▸ Diagnostic
  • Périmètre = aire : 2 grandeurs indépendantes · une figure plus grande peut avoir le même périmètre
  • « 3 m = 0,003 km » : virgule placée mécaniquement sans sens · 1 km = 1000 m donc 3 m = 3/1000 km = 0,003 km (ici juste, mais souvent placé à l'envers)
  • cm² ≠ cm : l'élève confond unité de longueur et unité d'aire
▸ Remédiation
  • Pavages (carrés-unité) pour construire le sens de l'aire
  • Ficelle pour construire le sens du périmètre · contour à mesurer
  • Toujours distinguer : « cette table est longue [grandeur] » / « elle mesure 1,2 m [mesure] »
  • Tableau de conversion : km hm dam m dm cm mm · une colonne par puissance de 10
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F-41eVol. 04 · §08

Erreurs · espace & géométrie

  • Carré ≠ rectangle · inclusions non comprises
  • « Ça se voit » · perceptive vs raisonnée
  • Mesure approchée = preuve · faux

Remédiation : 3 géométries (Perrin-Glorian) · diagrammes d'inclusion

▸ En bref

La géométrie traverse 3 paradigmes au cours de la scolarité (Perrin-Glorian) : perceptive (cycle 1-2, « ça se voit »), instrumentée (cycle 3, mesures et instruments), déductive (collège, raisonnement). L'erreur de l'élève signale souvent un blocage entre 2 paradigmes.

▸ Diagnostic
  • « Carré ≠ rectangle » : les inclusions ne sont pas comprises · pourtant un carré est un rectangle particulier
  • « Ça se voit » : l'élève reste en géométrie perceptive alors qu'on lui demande de raisonner
  • « J'ai mesuré, c'est presque pareil donc c'est égal » : la mesure approchée prise pour preuve · confusion mesure / propriété
▸ Remédiation
  • Travailler les 3 paradigmes Perrin-Glorian : passer progressivement du « voir » au « mesurer » au « raisonner »
  • Diagrammes d'inclusion : classer les quadrilatères dans des ensembles emboîtés
  • Programmes de construction : décrire pour faire construire (oblige à formuler les propriétés)
  • Éviter les figures « prototypes » : varier les orientations, tailles, pour casser les représentations rigides
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F-42Vol. 04 · §09

Méthodologie · 60 min de prépa

5'
Lecture
du sujet
10'
Brain-
storming
30'
Réponses
+ plan
15'
Anticipation
relecture

5 commandements : tableau · documents · 20 min · concepts · accepter reprises

▸ En bref

Comment survivre aux 60 minutes de préparation. Pas une heure linéaire : 4 phases avec des objectifs distincts. Le piège classique : passer 50 min sur la résolution mathématique et oublier la dimension pédagogique.

▸ Plan détaillé des 60 min
  • 5 min · Lecture : lire 2 fois le sujet · entourer les mots-clés · identifier le niveau
  • 10 min · Brainstorming : noter tout ce que la notion évoque (concepts, écueils, démarches, programmes)
  • 30 min · Réponses + plan : structurer la réponse aux questions · choisir 2-3 axes pour l'exposé · préparer le tableau
  • 15 min · Anticipation + relecture : imaginer les questions du jury · répéter mentalement · vérifier les chiffres et les noms
▸ Les 5 commandements
  • Utiliser le tableau : dessiner, structurer · jamais juste parler face au jury
  • Citer les documents : les exploiter explicitement, pas les ignorer
  • Tenir 20 min : ni 12, ni 25 · s'entraîner au chrono
  • Mobiliser des concepts didactiques : Brousseau, Vergnaud, Chevallard…
  • Accepter de se reprendre : « pardon, je voulais dire… » est valorisé, pas pénalisé
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F-43Vol. 04 · §10

Sujets zéro · structure

Titre
notion à étudier
Documents
2-4 supports
Questions
3-5 (math + didact.)

→ penser en enseignante, pas en mathématicienne · sujet zéro publié = Grandeurs & mesures

▸ En bref

Tous les sujets de l'épreuve auront la même structure : un titre (la notion à étudier), 2 à 4 documents (extraits programmes, productions élèves, manuels), et 3 à 5 questions mathématiques et didactiques. La candidate doit penser en enseignante.

▸ À retenir
  • Titre : une notion mathématique précise, située sur un cycle/niveau
  • Documents (2-4) : extraits BO, productions d'élèves (justes ou erronées), manuels, fiches
  • Questions (3-5) : certaines mathématiques pures, d'autres didactiques (analyser une erreur, proposer une remédiation, situer dans la progression)
  • Sujet zéro publié : Grandeurs & mesures (à connaître par cœur, c'est l'archétype officiel)
  • Pas « de quoi parle le doc ? » mais « que dois-je en faire pour répondre ? »
  • Toujours répondre aux questions, pas faire un cours global
Posture-clé : « Je suis enseignante, pas mathématicienne. Je dois enseigner à des élèves de tel niveau, pas démontrer à un public d'experts. »
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⚒ Outils

Boîte
à outils

Deux outils pour accompagner la révision : un bloc-notes auto-sauvegardé sur l'ordinateur, et un générateur de bruits ambiants (ville, nature, vagues) pour la concentration. Les deux fonctionnent hors-ligne et n'envoient rien sur Internet.

Bloc-notes

Mémos personnels, citations à retenir, exemples à mobiliser. Sauvegarde automatique sur cet ordinateur.

Prêt
0 mots · 0 caractères

Bruits de focus

Trois scènes ambiantes générées en direct (ville, nature, vagues) — couches superposées et événements aléatoires. Volume réglable.

Arrêté
Quiz · Boîte à outils

Quiz · choisis ton mode

Deux modes complémentaires pour tester sa mémoire et s'entraîner à l'oral. Le QCM consolide les faits, le Jury entraîne la verbalisation. Salves aléatoires, filtres par volume, statuts mémorisés entre les sessions.

Mode QCM

Flash révision — questions à choix multiples

Pour réviser les faits durs : lois, dates, articles, distinctions. Une question, 4 propositions, 1 bonne. Correction et explication immédiates.

questions disponibles
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taux de réussite

Mode Jury

Oral CRPE — questions ouvertes type jury

Pour s'entraîner à verbaliser comme à l'oral. Question ouverte, on réfléchit (à voix haute idéalement), on révèle la réponse, on s'auto-évalue.

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